Le retour apaisant de SUUNS

Suuns. Photo : Nicolas Padovani

Au début du mois, la formation SUUNS lançait leur plus récent album, « The Witness », un cinquième album en carrière. Pour l’occasion, ceux-ci étaient de passage à l’impérial le 22 septembre dernier.

Avant de découvrir le nouveau matériel de SUUNS, on nous avait réservé une première partie assurée par Lesser Evil. La formation montréalaise est formée des musiciens Christophe Lamarche-Ledoux (Organ Mood, Chocolat) et Ariane M. Leur proposition est fort intéressante et déborde d’explosions synthétiques complétées par la guitare électrique d’Ariane ou le saxophone de Christophe. Les deux multi-instrumentistes s’amusent avec les textures, les sons et les effets sonores trouvant toujours le moyen de nous surprendre. Sur scène, les notes graves sont lourdes et pesantes. Il en résulte une ambiance angoissante d’où émerge une envie de lutte et d’espoir. Si musicalement le duo est captivant, il aurait toutefois été intéressant que les musiciens communiquent davantage avec l’assistance. De toute leur prestation, ceux-ci ne se sont aucunement adressés au public, ni pour se présenter ni pour les remercier. Dans tous les cas, leur musique riche et recherchée nous a bien préparés (peut-être même trop bien) pour la prestation de la tête d’affiche qui allait suivre.

Bien tamisé dans le noir, la formation SUUNS a poursuivi cette soirée synthétique aux touches d’électro avec les pièces de leur nouvel album. On va se le dire, Ben Shemie, Joe Yarmush et Liam O’Neill sont des petits génies dans leur genre. Ils savent ce qu’ils font et ils le font parfaitement. Je m’étais préparé pour ce lancement en écoutant l’album. On trouve quelque chose d’apaisant dans leurs loops sonores, une bulle qui nous accompagne dans les tâches quotidiennes et qui, pour les TDA/H comme moi, favorise notre concentration. Toutefois, je n’ai pas su pleinement apprécier « The Witness » assise attentivement sur une chaise. En salle, cette surdose de minimalisme manquait de moments magiques pour attirer mon attention, pour me garder en haleine, pour me faire vivre les pièces qu’on me présentait.

La faute n’est toutefois pas sur l’interprétation des musiciens. SUUNS joue merveilleusement avec les ambiances, toutefois, toutes les instrumentations restent au même niveau sans qu’aucun instrument ne prenne les devants. Ceci dit, ce choix est totalement volontaire. « C’était une décision consciente de faire que l’album sonne comme une seule chanson. Nous voulions nous calmer un peu, même durant le processus de mixage » cite-t-on Yarmush sur la page de Secret City Records. Comme je le disais, il y a dans cette initiative un calme qui soulage définitivement les esprits. En version spectacle, la prestation se révèle des plus solides et presque sans failles, mais j’aurais aimé qu’elle soit mémorable.

La foule rassemblée témoignait quant à elle régulièrement son appréciation. Il est indéniable que les musiciens sont talentueux et que leur travail est empreint d’un grand professionnalisme. « The Witness » marque clairement un tournant pour SUUNS et reste une œuvre à découvrir. Pour moi, l’album restera toutefois un baume lénifiant aux journées stressantes, une oeuvre que j’affectionne et que je continuerai d’écouter tranquillement à la maison.

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