FME 2021 : Les coups de coeur de l’équipe

Photo : Christian Leduc (FME)

Julien Sagot

Photo : Christian Leduc (FME)

Connaissez-vous Julien Sagot? Sans doute plus que vous ne le pensez. Du temps où il était percussionniste au sein de la mythique formation Karkwa, Sagot signait déjà quelques compositions du groupe. On entend aussi sa voix incomparable, à la fois suave, rauque et grave, sur leur pièce Pili-pili. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis ce titre, ce qui nous amène à samedi soir au FME, où Sagot présentait déjà son quatrième album solo (Sagot) qui rivalise d’après moi avec les meilleurs albums québécois des dernières années. Rien de moins! 

Entouré de ses cinq excellents musiciens – auxquels il donnait beaucoup de place – Sagot a pris le micro pour se lancer d’emblée sur Sexe au zeppelin, la sensuelle première pièce de son album qui, au final, semble tourner entièrement autour du désir. Sa voix murmurait sa poésie presque à la manière d’un slam, tandis qu’une délicieuse ligne de basse nous enveloppait. Dès Cendre et descendre, jouée à la suite, on pouvait remarquer que les chansons prenaient sur scène une tournure plus percutante, dévoilant ainsi l’aspect plus sombre de l’univers de Sagot. Pour les littéraires, on pourrait dire que Thanatos ne cédait pas sa place à Eros, et ce malgré le fait que ce quatrième album soit en apparence moins expérimental que les trois premiers. 

Les thématiques abordées flirtaient d’ailleurs avec la mort (dans la mythologie grecque, Thanatos est la personnification de la mort. De rien), autant dans Morte alitée que dans Serre son parfum, sans toutefois que ne s’estompe l’atmosphère chargée de désir qu’invoquait la musique. Un mélange troublant qui relevait du sublime, et qui pouvait facilement passer inaperçu si l’on laissait simplement porter par les mélodies du clavier et du saxophone.

Le groupe a doucement enfilé les pièces du nouvel album les unes après les autres, pour finalement se déchaîner sur quelques anciens titres de l’auteur-compositeur-interprète. C’est sur Bleu Jane, tiré de l’album du même nom, que l’ambiance a atteint son paroxysme, avant que le groupe nous laisse sur Maux de Mars.

Par Marie-Ève Fortier

Laura Niquay

Photo : Christian Leduc (FME)

C’est sous un beau soleil que Laura Niquay a présenté, avec son band de feu, les pièces composant Waska Matisiwin, un album indie-folk entièrement chanté en Atikamekw, langue maternelle de l’artiste originaire de la communauté de Wemotaci (près de La Tuque). Sur scène, les chansons prenaient une tournure plus rock, ce qui donnait encore plus de vigueur à la voix éraillée et assurée de Niquay. Si nous ne pouvions pas d’emblée comprendre le sens de ses paroles (NDLR: ceci dit, plusieurs cours d’initiation à la langue Atikamekw sont maintenant disponibles un peu partout! Bon à savoir), les mises en contexte de la chanteuse nous permettaient de vibrer avec elle au même diapason, que ce soit en pensant à la Mère-Terre, en attendant avec elle derrière la porte de chez son père au jour de l’an ou encore en se remémorant les graves conséquences des pensionnats sur la vie de sa mère. Avec un humour et une sensibilité rassembleurs autant qu’avec sa musique lumineuse, Laura Niquay a su rapprocher les gens et nous faire voir un peu mieux sa réalité, celles de ses proches et, au travers, celles de sa nation.

Par Marie-Ève Fortier

Lido Pimienta

Photo : Christian Leduc (FME)

Impossible de ne pas être impressionné par Lido Pimienta! Qu’on aime ou non ce que nous propose musicalement la torontoise d’origine colombienne, sa prestation sur scène est tellement complète qu’on ne peut pas rester de marbre. Pour l’occasion, Lido est montée sur la scène du Poisson Volant habillé d’une robe à carreaux et coiffée de lulus qui lui donnait un air de poupée colombienne. Malgré ce qu’on pourrait y croire, son propos n’a rien d’enfantin et se veut même revendicateur et féministe par moment. Si celle-ci s’exprime presque exclusivement en espagnol, elle a toutefois pris le temps de nous expliquer en anglais le sujet de certaines de ses pièces et d’inciter les femmes à faire ce dont elles ont envie. Définitivement, Lido Pimienta est l’un de mes plus gros crushs artistiques de cette édition!

Par Noémie Rocque

Marie-Pierre Arthur acoustique (10 ans du Canal Auditif)

Photo : Christian Leduc (FME)

Une formule acoustique du spectacle de Marie-Pierre Artheur en duo avec Joe Grass, c’est le cadeau que nous a offert Le Canal Auditif pour souligner leurs 10 ans d’existence! Dans l’ambiance chaleureuse du Cabaret de la dernière chance, on a pu entendre des versions plus dénudées et intimes de pièces qui figurent sur Des feux pour voir, mais aussi plusieurs classiques de l’autrice-compositrice-interprète tels que Comme avant ou encore Emmène-moi, où le public s’est prêté au jeu des vocalises. En plus d’être de talentueux musiciens, Arthur et Grass offraient une présence sur scène authentique; une complicité contagieuse les animait et nous donnait l’impression d’être avec eux dans leur studio. 

De l’événement, on retient aussi les discours touchants des «deux gars» derrière le Canal, soit Louis-Philippe Labrèche et Stéphane Deslauriers. « Dans la vie, on n’est rien sans les autres », expliquait Stéphane en soulignant que « les artistes rendent nos vies meilleures » et qu’il est important de reconnaître leur travail. LP, pour sa part, a posé un regard sur le chemin parcouru (et ses quelques embûches), pour ensuite prendre le temps de remercier toutes les personnes ayant contribué, à travers le Canal ou non, à la bouillonnante culture locale. On leur souhaite encore 10 autres belles années d’existence… au moins!

Par Marie-Ève Fortier

Mayfly

Photo : Christian Leduc (FME)

Présenté dans le cadre d’un show caché, Mayfly en était à son deuxième spectacle (le premier étant au brunch de la Barberie lors du Petit OFF) depuis la formation du projet et le lancement de leur premier EP ESSENCE sortie le 17 juin dernier. Si du rodage reste à faire, on sent rapidement l’identité qui transcende de la formation. Jouant beaucoup avec les harmonies et les tierces, les deux chanteuses aux voix bien distinctes s’unissent parfaitement. En ce quatrième et dernier jour de festival, la douceur de Mayfly repartait les festivités exactement dans le dosage dont on avait besoin. Les deux femmes, accompagnées de Julien au clavier et à la guitare, ont profité de la tribune pour présenter de nouvelles pièces qui devraient figurer sur un album à venir. Pour ma part, j’ai hâte de voir l’évolution de ces talents bruts au travers du temps et de l’expérience. Mayfly, vous êtes maintenant dans ma mire!

Par Noémie Rocque

Pour la suite, tourne la page!

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