Le Festif, jour 5 : Nakurmiik

Mon Doux Saigneur – Photo : Jacques Boivin

Moi qui étais venu chercher un peu de douceur au Festif cette année, cette dernière journée m’a particulièrement gâté. Ça a commencé à l’aube, avec une prestation des plus relax de Mon Doux Saigneur, ça s’est poursuivi sous une fine pluie à l’heure du dîner avec Elisapie et ça s’est terminé sous une belle éclaircie avec le groove feutré de Men I Trust.

Mon Doux Saigneur

Mon Doux Saigneur – Photo : Jacques Boivin

Après les chansons apaisantes de Stéphane Lafleur en 2018 et celles mélancoliques de Philippe B en 2019 (et y’avait aussi beaucoup de doux de prévu en 2020 selon la rumeur), le show à l’aube prenait une tournure un brin country-folk de chilleur avec Mon Doux Saigneur.

À l’ouest, au loin, on voyait de gros nuages se pointer, mais pour le moment, le ciel était rempli de teintes de rosé. Sur la scène, Emerik St-Cyr Labbé et sa bande d’excellents musiciens nous ont joué plein de pièces d’Horizon, quelques vieilleries sorties de la voûte, ainsi que quelques nouveautés prometteuses.

Déjà plutôt tranquilles en temps normal, les chansons étaient juste un peu plus feutrées que d’habitude, au plus grand plaisir des chèvres qui étaient déjà en train de chiller en arrière-plan… et des personnes qui avaient besoin d’un peu de doux après le rouleau compresseur de NOBRO la veille au tard.

Emerik était beaucoup plus volubile que d’habitude, se permettant quelques petites blagues ou explications (fallait être là pour avoir l’anecdote entourant Awaye).

Ce fut une belle heure. Différente des autres shows à l’aube, mais parfaitement dans son élément. On était dans une ferme, après tout, c’était une maudite place pour sortir la pedal steel

Elisapie

Elisapie – Photo : Jacques Boivin

C’est sous un petit crachin de fin de grosse averse qu’Elisapie s’est pointée sur la scène du Quai de Baie-Saint-Paul. « C’est la nature qui s’exprime, il faut la laisser faire et l’apprécier », nous dit l’autrice-compositrice-interprète inuk.

Le show, retardé d’une heure à cause de la pluie, devait être passablement écourté, mais si ce fut le cas, le public s’est rendu compte de rien, parce qu’on a eu près d’une bonne heure de musique en inuktitut bien entendu, mais aussi en anglais et en français.

À l’avant-plan, les magnifiques chansons de The Ballad of the Runaway Girl. Débutant, comme d’habitude, avec Qanniuguma, Elisapie nous sert une bonne dose de chants de gorge (que j’ai trouvés mieux sentis que d’habitude… visiblement, le temps gris n’intimide pas l’artiste, ni sa bande).

Un truc que j’aime d’Elisapie, c’est qu’où qu’elle soit, elle nous glisse toujours quelques mots en inuktitut dans ses interventions. Et même si on ne comprend pas la langue, on a toujours l’impression de catcher ce qu’elle dit parce que ça vient du coeur. C’est probablement pour la même raison que j’ai pleuré à chaudes larmes pendant Una, une de ses plus belles chansons, sinon la plus touchante, qui est une chanson d’amour pour sa mère biologique.

À mettre dans le haut de ma liste des plus belles prestations au quai, malgré le temps gris et humide.

Men I Trust

Men I Trust – Photo : Jacques Boivin

Et voilà comment je finis mon Festif. Avec une formation que je n’ai pas vue depuis des lunes et qui a fait un maudit beau bout de chemin depuis.

Originaire de Québec, maintenant établie à Montréal, Men I Trust est venue nous présenter quelques chansons d’un album qui paraîtra bientôt. Ça s’intitule The Untourable Album. Pas besoin de vous dire que ça a été écrit et enregistré en confinement.

Elle avait déjà une jolie voix quand je l’ai vue la dernière fois, mais Emmanuelle Proulx a drôlement pris de l’assurance! Je sais, ça fait longtemps, mais il me semble qu’elle n’était pas aussi à l’aise sur scène à l’époque. Là, elle sourit, elle badine avec ses musiciens et le public (en comptant combien de personnes elle connaissait… elle a arrêté à 30), joue de sa guitare comme elle chante (tout doucement).

La musique pop cool langoureuse et sexy de Men I Trust était parfaite pour la scène du parc de la Virevolte. Peut-être est-ce le décor enchanteur ou la grosse fatigue accumulée, mais tout le monde est resté bien assis à écouter et à hocher doucement la tête, les yeux fermés.

Faut que je le dise : j’ai jamais vu une aussi belle écoute à un show de Men I Trust. Je me souviens de leurs prestations au Cercle, c’était tout le temps une (maudite belle) musique de fond pour des conversations. C’était frustrant. Toi, t’as envie d’écouter, mais tout le monde jase!

Pas cette fois. Cette fois, j’ai pu apprécier chaque note. Je me suis installé à l’arrière, je me suis déhanché, j’ai trippé.

Et je suis sorti du parc de la Virevolte on ne peut plus satisfait.

On pouvait pas mieux finir un Festif (quoique j’aurais peut-être aimé voir TEKE:TEKE en soirée, mais un moment donné, faut aussi se reposer).

Je vous reviens demain avec mon petit bilan et une galerie de mes photos préférées de la fin de semaine.

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