Un house party 100 % Québec-la-Cité avec Millimetrik

Millimetrik
Sun-Drenched
(Coyote Records)

Je vous avoue qu’à la maison, j’écoute rarement de la musique électronique qu’on pourrait qualifier de « dance ». Cela dit, quand je sors quelque part pour prendre une bière avec des ami.es, ou quand on part en road trip, j’aime bien avoir quelque chose de plus entraînant à me mettre sur les oreilles.

De la musique entraînante, c’est exactement ce que propose Millimetrik sur Sun-Drenched. Que ça soit sur le plancher de danse ou tout simplement comme trame de fond loungy, on passe toujours un bon moment avec ses morceaux pas mal house à l’énergie contagieuse. Ici, l’artiste de Québec laisse en plan les aspects plus introspectifs de ses explorations musicales pour mettre l’accent sur le bon gros fun. Pour ce faire, il a fait appel à quelques collaborateurs de Régisgrad qui sont venus enregistrer avec lui cet album ensoleillé de 12 pièces.

Ça commence d’ailleurs très fort avec Apoca – Lips En El Desierto, où la voix chaleureuse de l’artiste R et B Liana se marie à une trame mélodique pleine de soul. Liana est ici parfaitement à sa place, et ça se sent, même pendant le petit solo de flûte! D’autres collaborations tombent également sous le sens, comme Sunlight At Bay of Plenty avec New Bleach. Les fans du premier groupe de Dominic Pelletier et Raphaël Potvin (The Hunters) vont peut-être être surpris parce qu’on est loin du hardcore, mais si vous avez déjà écouté Impressions (le premier – excellent – disque du duo paru il y a quelques semaines), vous allez vous sentir comme à la maison. Sur Poze, qui a un petit goût de jungle, c’est une Valerie Clio en feu qui chante et nous fait shaker le popotin. Dominic Pelletier ressort sa voix de leader de Caravane sur Salar De Uyuni. D’ailleurs, on pourrait quasiment croire à un remix d’une chanson de la formation!

Il y a aussi quelques collaborations qui surprennent énormément, comme Danser avec l’ivresse, où on trouve un Tire le coyote comme on l’a jamais entendu. On reconnaît bien sa poésie, mais s’il n’y avait pas ces trémolos qui sont devenus sa marque de commerce, ça prendrait quelques d’écoutes pour le reconnaître. Si on m’avait dit, il y a quelques années, que le gars qui me fait pleurer chaque fois que j’entends Confetti allait me donner le goût de boire un ginto sur la terrasse d’un bar branché, je serais tellement parti à rire! Et pourtant, ça marche, parce que le plus beau barbu de Limoilou m’a fait danser! Et que dire de Kyle Lowry’s Demolition Dirby avec Little Miss Roy (The Blaze Velluto Collection)! Simonac, on passe des années 1960 à la pop bonbon du début des années 2000 en un claquement de doigts! On la sent s’amuser énormément ici, et on s’amuse avec elle! Je rêve de voir une grosse chorégraphie là-dessus. Mel Lancet (Melvis and the Jive Cats), qui nous fait déjà swinguer, se la joue un brin disco avec sa voix chaude et sexy.

Si on avait un petit reproche à formuler à Millimetrik sur ce nouvel album, ça serait l’aspect très linéaire des chansons qui sont pas mal toutes sur le même beat. Mais ici, il faut comprendre le contexte, on est dans le house, et c’est un peu comme si on avait une dizaine de marques de véhicules différents construits sur la même plateforme de base. On joue avec les formes, les couleurs, le tissu qui couvre les sièges, mais le moteur qui nous mène du point A au point B est le même. Après quelques écoutes, j’ai davantage l’impression d’entendre un gros party de 45 minutes au cours duquel un paquet de monde vient s’amuser que d’entendre une douzaine de tounes. On a envie de laisser aller le disque jouer jusqu’au bout, de le revirer de bord et de recommencer l’expérience (yep, l’album va être dispo en vinyle pis il est beau en ta…). J’ose pas imaginer quand on va pouvoir faire un party live avec tout ce beau monde-là!

Ne fixez pas le disque trop longtemps lorsqu’il tourne sur votre belle petite table… vous pourriez être hypnotisé.es!

Les collaborations avec des artistes talentueux ne se limitent pas qu’aux voix. On peut aussi entendre les excellents riffs de Simon Pedneault, la basse groovy de Guillaume Tondreau et la batterie de Jean-Michel Perrier-Maurel sur plusieurs pièces. Ces trois excellents musiciens ajoutent une touche de bio à un album déjà bien ficelé.

Disons-le franchement : sur Sun-Drenched, Millimetrik et ses amis ont fait de l’excellent travail. Les différentes atmosphères collent parfaitement aux artistes venus prêter leur voix (oui, oui, même toi, Benoît, mais je suis encore sur le cul) et les pièces instrumentales qui se glissent entre plusieurs de ces collaborations sont parfaitement exécutées. Cet album est encore plus contagieux que le variant brésilien de la COVID et il risque de faire pas mal de victimes qui vont se mettre à danser un peu partout dans la vieille capitale.

Croyez-moi, ce virus-là, vous allez vouloir le contracter.

À écouter tranquillement à la maison, sur votre terrasse préférée, au parc, en faisant votre jogging ou en roulant, vitres baissées, la musique dans le piton (que ce soit à toute vitesse sur la 20 ou ben lentement dans votre char jacké sur la troisième avenue).

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