PRIMEUR : La nouvelle « Migration » de Kinkead

Kinkead
Migration
(Rozaire)

Vous pensiez que la chaleur de l’été, c’était fini? Eh non, Kinkead vient à la rescousse pour vous offrir une bonne dose de soleil avec la queer pop de « Migration », une galette spécialement conçue pour danser l’hiver et pour s’émanciper! 

Avec un titre très à-propos, cet album présente l’aboutissement des explorations des jumeaux Kinkead, tant sur le plan stylistique que sur le plan identitaire. 

La grande majorité des pièces sont un véritable all-you-can-eat de néo soul et de funk, où l’on peut entendre clairement l’influence de groupes tels que Parcels, l’Impératrice ou encore Unknown Mortal Orchestra. On ne peut pas non plus s’empêcher de reconnaître la signature pop’n’roll de Simon Kearney, qui s’est occupé de la réalisation de l’album en plus d’y jouer quelques lignes de guitare par-ci par-là. Ça change pas mal du folk un brin indie que l’on retrouvait sur « 1995 », le maxi précédent du duo local.

Les textes, en français, explorent des univers bien connus des milléniaux, et tout particulièrement de ceux qu’on appelle, dans la Vieille-Capitale, les chilleurs: imaginaire du soir, libération de la fête, amours virtuelles (Freak Out) et abandon de soi sur fond de questionnements existentiels. Et puis, tout d’un coup, on bascule vers Reality Show.

Fini les textures festives, les tones de synthé et de guitare suaves et savoureux: on retrouve Simon Kinkead qui, accompagné de sa guitare, raconte les aléas de ses questionnements sur son orientation sexuelle. Rupture dans l’album à l’image d’une rupture plus grande. À la toute fin, cette rupture trouve sa résolution sur Savane, composée cette fois par Henri, et qui tourne paisiblement la page sur les vissiscitudes de leur « Migration ». 

Entre les deux, un autre détour à la fête sur 25 Macdo et Time Off, puis nous gagne la nonchalance des lendemains sur Tramway et Si ça nous tue, piste qui boucle la boucle avec son « si ça nous tue pourquoi on recommence? ».

Ode à la fête ou exposition de blessures devenues drapeaux, « Migration » se veut surtout un collage de pensées introspectives sur une pop malgré tout accessible, une célébration dans le noir qui crée sa propre lumière. 

Rejoignez les frères Kinkead demain soir à 20h (virtuellement, bien sûr), pour découvrir s’ils parviendront à vous faire vivre leur fantasme : celui de vous faire danser et pleurer, à la fois.

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