Cabaret! Festif de la relève: soir 3

Foisy. – Photo : Jacques Boivin

Troisième et dernière soirée de qualifications du Cabaret Festif! de la relève
Cabaret de la Maison Otis (Baie-Saint-Paul), 7 mars 2020

Soirée de haute voltige samedi dernier au Cabaret Festif! de la relève, alors que quatre projets aussi diversifiés que bourrés de talent se partageaient la scène. Tour à tour, ils nous ont fait entrer dans leur monde: celui de l’enfance avec Belle Grand Fille, celui des chilleurs avec le.Panda, celui de la douceur avec Foisy. et celui des folies du mardi gras avec Les Royal Pickles.

Belle Grand Fille

Belle grand fille – Photo : Jacques Boivin

Anne-Sophie Doré-Coulombe de son beau grand nom, l’artiste folk aux allures de conteuse a rapidement charmé l’auditoire avec ses «chansonnettes pour les enfants en nous». Accompagnée à la guitare, à la contrebasse et parfois au piano, c’est avec une esthétique épurée que Belle Grand Fille enrobait ses compositions chantées d’une voix de fée. Ça laissait laissaient toute la place à l’histoire, ou parfois même à la turlute, ce qui était non sans rappeler les Piché et les Pellerin de ce monde. Comme entre ses chansons, lorsqu’elle nous racontait des histoires – notamment au sujet de sa terre natale, celle du Lac Saint-Jean. Elle nous a laissé avec Laurent, la baleine, que le contrebassiste a même personnifié à l’aide d’un archet. 

le.Panda

le.Panda – Photo : Jacques Boivin

Philippe Gagné a complètement changé le ton dès qu’il est monté sur scène avec sa robe de chambre, ses instruments et ses loops. En deux temps trois mouvements, le.Panda a marqué son territoire: reggae, soul et R&B, mais aussi nonchalance, chaleur et humour. Se faisant à la fois architecte et artisan des sons, il échafaudait ses trames musicales lui-même loop par loop, mesure par mesure, au moyen d’une guitare, d’une flûte, d’une harmonica ou encore d’un trombone. Et d’un séquenceur, bien sûr. 

Par dessus: des chansons qui parlent d’amour, d’argent et de se calmer les nerfs. Et entre, des commentaires toujours aussi populaires auprès du public, que le.Panda arrive bien souvent à conquérir. Cette fois, on pense que c’était grâce à son rap ayant pour thème les saveurs de muffins du costco, telles que suggérées par les spectateurs. 

Foisy.

Foisy. – Photo : Jacques Boivin

«Tout s’étire et s’adoucit», racontait Marc-André Foisy dans la vidéo explicative de son projet. Avec son trio folk flottant et débordant de tendresse imparfaite, on était évidemment emportés ailleurs: au plus profond de l’introspection. Ce que Foisy. proposait, c’était une escale dans la marée du temps qui s’accélère à en faire peur. Des compositions captivantes de simplicité et aux textes remarquables. Ses lignes de guitare étaient enveloppées des notes de clarinettes de Guillaume Bourque – elles aussi, étirées et adoucies – tandis que sa voix se mêlait à celle de « Petite Fête » Adèle Trottier Rivard.

Comme enchantés par l’écoute des spectateurs du Cabaret – on aurait entendu une mouche voler, mais c’est l’hiver, alors il n’y avait pas tant de mouches – Foisy. s’est aventuré jusqu’au coeur du Cabaret Otis pour offrir sa dernière chanson sans amplification et sans micro: Geneviève Desrosiers, une déclaration d’amour à la poétesse du même nom, morte trop jeune depuis 20 ans. On aurait bien voulu étirer le moment, mais l’adoucir, je ne crois pas qu’on l’aurait pu. Une chance que son album sort vendredi prochain!

Les Royal Pickles

Les Royal Pickles – Photo : Jacques Boivin

La chanson québécoise, le reggae-costco, la douceur introspective, what’s next? 
Avec les six musiciens qui embarquaient leur panoplie d’instruments sur scène, on savait déjà que ça serait prometteur: lap steel, banjo, guitare, saxophones alto et soprano, clarinette, tuba, trombone, violon, planche à laver… Les Royal Pickles nous ont proposé, pour terminer la soirée en beauté, de retrouver l’ivresse de la fête avec leur jazz traditionnel inspiré non seulement de la Nouvelle-Orléans, mais aussi des bons vieux rigodons québécois. La première pièce, instrumentale et swinguée à souhait, nous l’a affirmé haut et fort: tout au long, on aurait dit une conversation ludique d’instruments qui nous racontaient leurs histoires.

Les compositions qui ont suivies, chantées en québécois bien coloré, métissaient le country, le flamenco et la musique cajun/acadienne, faisant se côtoyer des mélodies immémorielles et des phrases musicales modernes et remplies d’ingéniosité. Dynamique comme une fanfare, le sextette a terminé la soirée avec des remerciements des plus hot, de quoi nous donner envie de laisser les bons temps rouler encore longtemps. 

Le verdict?

Malheureusement, toute bonne chose a une fin et nous nous devions de clore cette soirée qui nous a emportés aux quatre coins de la musique, dans des voyages tous plus captivants les uns que les autres. Inutile de vous dire que le jury  – composé de Vincent Cossette (Phoque OFF), d’Émilie Tremblay (Ambiances Ambiguës/Le Pantoum) et d’Étienne Galarneau (CISM 89,3 FM) – ne l’a pas eu facile! Ils ont finalement choisi d’envoyer Foisy. en finale, tandis que le public vendait son âme à le.Panda, lui permettant d’accéder au vote internet. 

Justement, restez à l’affût, car du 16 au 20 mars prochain se tiendra ce fameux vote qui donnera la chance à Dany Nicolas, Mélodie Spear ou encore à le.Panda de se retrouver en finale aux côtés de Foisy., Ben Claveau et Ariane Roy

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