On a bravé la tempête avec Joseph Edgar

Joseph Edgar – Photo : Jacques Boivin

Théâtre Petit Champlain, 27 février 2020

C’est le matin. La neige commence à tomber, on annonce une grosse bordée. On se prépare à annuler nos plans pour la soirée parce qu’on se dit que jamais Joseph Edgar et sa bande seraient assez fous pour braver la tempête. Quelques minutes plus tard, sur les réseaux sociaux, Joseph nous annonce qu’il est en route avec ses valeureux guerriers.

Pas le choix, si Joseph allait se taper l’enfer blanc, il était hors de question qu’on le laisse jouer devant un Petit Champlain vide, et à mon arrivée dans la petite salle, je me suis rendu compte qu’on a été nombreux à répondre à l’appel général…

C’est que voyez-vous, cette petite tournée Point Picot, c’était notre dernière chance de voir un de nos auteurs-compositeurs-interprètes préférés pour un petit bout, alors on en a profité.

Joseph Edgar – Photo : Jacques Boivin

Une chance, parce que le programme de la soirée était plus que généreux : une vingtaine de pièces, vieilles et moins vieilles, à travers lesquelles se sont glissées quelques perles jouées pour la première ou la deuxième fois devant public. Autant de « classiques » d’avant Gazebo (l’album sur laquelle vous trouverez Espionne russe, tsé la chanson de Joseph que tout le monde connaît pis où t’entends tout le monde s’exclamer « ah, c’est lui, ça! » quand il la joue) que de morceaux plus récents (dont ma préférée, Overdrive Voodoo, toujours interprétée à fond de train).

Et puis même si Bob le robot est resté à la maison, Joseph était mauditement bien accompagné, comme d’habitude : Sheenah Ko laissait glisser ses douces mains sur ses claviers avec un sourire contagieux. Francis Roberge, le percussionniste, était incapable de demeurer en place plus de 30 secondes, allant jouer à côté de tout le monde. Jonathan Lafrance battait la mesure avec précision, capable de tout défoncer ou d’adoucir nos moeurs. Jeanne Buisson-Latulippe, aux choeurs, faisait fondre notre patate. Puis Jocelyn Gagné, à la basse, se faisait aller les cheveux pendant que mes voisins se disaient qu’ils l’avaient déjà vu quelque part, celui-là (les Breast, les amis, les Breast). Le genre de mini big band que tu veux traîner avec toi en tournée, capable de jouer à peu près n’importe quoi en ayant le sourire fendu jusqu’aux oreilles tout le long.

De quoi nous rappeler que Joseph Edgar est pas mal plus qu’un genre de Springsteen acadien (surtout qu’il a une meilleure moyenne au bâton, côté discographie). C’est un bel être humain, sympathique, dont la présence crève la scène. Pas besoin d’éclairages fuckés, pas besoin d’une mise en scène super élaborée. Juste un gros deux heures de christie de bonnes tounes qui se succèdent à un rythme d’enfer. Deux heures de gros fun sans complexe. Deux heures de party autour du feu.

Deux heures qui sont passées bin trop vite, maudit.

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