Envol et Macadam – 5-7 septembre 2019

Mononc’ Serge – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Le festival Envol et Macadam nous a présenté toute une belle 24e édition. Les amateurs de punk, de hardcore et de toutes les musiques jouées (trop?) fort ont pu s’en donner à cœur joie sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency (et dans divers lieux du centre-ville) pendant toute une fin de semaine.

Ben sûr qu’on y était, on vous présente notre compte rendu drette là.

Jeudi 5 septembre

Hey, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas commencé notre festival à l’îlot Fleurie! Ces dernières années, on commençait ça au chaud en salle. D’ailleurs, ce retour sous le viaduc pour cette première journée fut plutôt tranquille, mais il nous a permis d’apprécier quelques artistes qui valaient particulièrement le détour.

Tout d’abord, on a pu voir The Copper Tones, une formation américaine qui fait du « soulgrass », un genre d’hybride tout à fait dans l’esprit de l’Americana, qui ratisse très large, allant du soul au bluegrass. Une musique proprice aux rassemblements, qui s’écoute une bière à la main, le sourire aux lèvres. Rien de très original, mais c’est mauditement bien exécuté.

The Copper Tones – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Ensuite, des habitués de nos pages depuis quelque temps, Steve & Ginie Jackson. Le duo nage aussi dans des eaux roots, proposant un folk-bluegrass sympathique et plein d’âme. Y’a une grosse chimie entre ces deux-là, une chimie qu’on peut voir dans des duos comme Shovels & Rope. Les harmonies vocales sont maîtrisées et le mélange guitare-mandoline est toujours bien apprécié de votre humble serviteur.

Bon, on parle rarement de groupes de covers (parce qu’on en a déjà plein les bras avec les groupes qui présentent du contenu original), mais tant qu’à être là et à connaître les deux membres d’Excuse Me Mister, on va en parler. Émilie et Valérie reprennent des tounes punk et les réarrangent de manière toute douce. Ce qui donne souvent un point de vue complètement différent (c’est là que tu te rends compte que les tounes de punk-rock, c’est souvent déprimant dans le propos…). Les enfants (nombreux en ce premier soir tout en douceur) dansaient joyeusement. Des futurs petits punkrockeux? Ben possible!

On a terminé ça avec Joey Cape, chanteur de Lagwagon. Tout à coup, le parterre s’est rempli pour le gaillard, qui semblait plus que surpris de l’accueil qui lui a été réservé. « Vous savez que je suis tout seul ce soir, hein? » Oui, mais le monde est bien content. Perso, je dois vous avouer que j’ai trouvé ça pas mal convenu, probablement parce que j’écoute beaucoup d’auteurs-compositeurs-interprètes chanter les yeux fermés en grattant leur guitare. Pourtant, les mélodies sont accrocheuses, c’est interprété avec émotion, mais il manque quelque chose pour que j’apprécie pleinement.

Joey Cape – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Pour finir notre soirée, nous nous sommes dirigés vers Le Knock-Out, où nous attendaient les Mexicains Maybe Sunday et leur punk-rock vitaminé, ainsi que les Britanniques Triple Sundae, tout aussi punk-rock dans leur attitude, mais y’a dans leurs sonorités quelque chose de très britpop qui n’était vraiment pas sans rappeler les moments les plus bruyants de groupes comme Blur (si on m’avait dit que je parlerais un jour de Blur dans un compte rendu d’Envol…). Vraiment bons, vraiment le fun, pis une impression que ces gars-là, dans un pub, ben… ils se font pas écœurer.

Vendredi 6 septembre

De retour sous les bretelles de Dufferin-Montmorency, cette fois pour un torrent de musique qui brasse. Ça commence d’ailleurs assez raide, avec La Purge, un groupe rock garage vraiment pas propre qui rappelle parfois des bands comme Lubik dans leurs riffs assassins. Belle entrée en matière qui préparait une suite encore plus sale, soit Peer Pressure, un groupe de Québec mené par la très énergique Victoria Mladenovski. Peer Pressure, c’est comme si tu recevais une tonne de briques par la tête en même temps qu’une couple de coups de pied au cul. Ça fait MAL. Je dois être entouré de masochistes parce que dans le parterre, ça souriait à pleines dents en se rentrant joyeusement dedans.

Prochain band à monter sur scène : Bias. Tu les vois monter sur scène, tu te dis qu’ils sont pas ben ben méchants, ces petits Indonésiens. Eh christie, on a eu toute une surprise quand le batteur, qui doit peser 120 livres ben mouillé, s’est mis à beugler dans le micro. Une vraie claque sur la gueule. C’est lourd et pesant, comme on peut s’attendre d’un show à Envol, mais ce qui sort des speakers est tellement décalé de ce qu’on voit sur scène qu’on ne peut pas ne pas les aimer. Solide et surprenant.

Bias – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Ça s’est poursuivi avec les très énergiques (le mot du jour, je pense) Comeback Kid, un autre band hardcore (canadien, cette fois), qui était visiblement très, très attendu par le public. Autre prestation tonne-de-briques dans la face, des musiciens charismatiques qui ont visiblement du fun sur scène, parfait pour mettre la table aux têtes d’affiche de la soirée, Lagwagon, qui ont montré l’autre facette de Joey Cape, celle où avec son band, il se promène de gauche à droite sur scène avec une énergie hors du commun. Le site était complètement plein (on avait du mal à sortir), témoignage d’une belle histoire d’amour entre le groupe et les punk-rockeux de Québec.

Pour finir, on est retourné au Knock-Out où nous attendait Margaret Tracteur et son très, très, très joli folk en duo. Margaret (Gabrielle Bégin, que vous avez aussi vue jouer avec Bronco), toute souriante, se lance dans toutes sortes de chansons pimentées où on parle même de… poulets. Vraiment une belle façon de terminer doucement une soirée qui nous a pas mal graffigné les tympans.

Margaret Tracteur – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Samedi 7 septembre

Nous voilà rendus à la dernière journée. J’ai pas prévu rester toute la soirée, mais une chose était certaine, j’allais être là pour découvrir les bands qui allaient jouer tout l’après-midi (heureusement, parce que tsé, les médias culturels, ça se lève TRÈS tard, généralement juste à temps pour l’heure du souper).

Hey, tu te souviens d’un des premiers bands du samedi après-midi, l’année dernière? Victime, qu’ils s’appelaient. Tsé, ceux avec la banderole qui indiquait, chiffres à l’appui, que ça manquait de femmes sur scène?

Bladies – Photo : Jacques Boivin

Ben même s’il y a encore un gros déséquilibre sur ce plan (on y travaille, on y travaille), on a voulu montrer qu’on avait compris le message et on a lancé cet après-midi froid et gris avec The Bladies. Ben franchement, ça a été ma plus grosse surprise de la fin de semaine. Quatre femmes dans la fleur de l’âge qui te garrochent du post-punk vraiment, mais vraiment bien ficelé, des amies dans la foule qui font du body surfing (même si on est encore à peine une cinquantaine) ou qui se déguisent en poussin pour accompagner une chanson des filles sur scène, une belle présence scénique, pas trop d’anicroches, tsé, en plein ce que ça prend de plus en plus à Envol. On accroche. Dans le bon sens.

Ça s’est poursuivi avec Distance critique, qui se rapproche pas mal plus de la power-pop que du punk-rock. Un peu comme Les Trois Accords, mais sans la naïveté à Simon. Simple et efficace, comme le punk-rock des groupes suivants A Tree At Last, Still Insane et les vétérans Field Day. Je vous avoue avoir écouté un peu moins attentivement. La fatigue, le froid, le fait que je ne suis pas tout à fait dans mes pantoufles avec un genre que je découvre pas mal seulement à Envol, parfois, ça nuit à la concentration.

Carotté – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Celle-ci est revenue juste à temps pour Carotté, la formation portneuvienne qui mélange punk et trad avec maestria. Le frette? Oublie ça, les gars nous ont réchauffé l’atmosphère de façon fort sympathique avec les chansons de son plus récent bébé Dansons donc un quadrille avant de passer au cash. Les vers d’oreille du groupe se sont succédés, que ce soit L’agro punk ou Chant de pot.

Keith Kouna – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Ensuite, Keith Kouna (oui, Keith… pas Kid) est venu faire un petit tour de piste. Tour de piste… c’est assez relatif, puisque le poète punk a passé 95 % de sa prestation sur le haut-parleur au centre de la scène, où il haranguait une foule survoltée. Les grosses tounes de Bonsoir Shérif sont passées comme dans du beurre dans le poêle et votre humble serviteur, allé se gâter dans le pit photo même si la talentueuse Frédérique Blais-Pouliot était là rien que pour ça, est passé à un cheveu à partir un MOSHPHOTOPIT. VOILÀ LES VAAAAAACHES! On a quand même eu quelques vieilles chansons comme la magnifique Napalm ou les classiques Tic Tac et Comme un macaque, pendant laquelle je me suis senti plus gorille que jamais. Appuyé par la crème des musiciens d’icitte (dont trois qui doivent être tannés de me voir – Vincent Gagnon, PE Beaudoin et Martien Bélanger, et un autre que j’ai pas vu depuis quelques semaines – Cédric Martel), Kouna a donné exactement le show qu’il fallait pour nous survolter ben raide.

Mononc’ Serge arrive sur scène habillé en cuisinier, un poêlon dans les mains. Faudrait lui dire que le punch marcherait mieux avec un four micro-ondes… ben oui, t’en connais beaucoup, du monde qui sert du réchauffé au poêlon, toé? C’T’UNE JOKE PLATE, MONONC’, FÂCHE-TOÉ PAS! Venu à Québec en soutien à son nouvel album de vieilles tounes intitulé très justement Réchauffé, Serge Robert et ses sbires ont lancé ça de façon très culinaire (c’est réfléchi en maudit, le concept de cette tournée) avec Casserole. La suite? Une série de vieilles chansons de Mononc’ qu’on connaît tous par coeur, comme J’sens l’punk ou Tout l’monde se crisse de Mononc’. Ça s’est terminé comme il se devait, avec une Marijuana qui a semblé être le moment qu’attendait tout le monde pour s’en allumer un.

Mononc’ Serge – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

Bon, y est rendu tard, y fait frette, chu là depuis le début de l’après-midi pis y’a du pâté chinois qui m’attend à la maison. Oui, oui, j’ai manqué Subhumans, mais pour un fan de musique locale comme moi, avouez que Mononc’ Serge, ça finit mauditement bien une fin de semaine musicale. Mais hey, Frédérique est restée, pis elle a pris une tonne de photos, vous regarderez ça dans la galerie!

Une autre édition réussie pour Envol et Macadam, qui a eu quelques bonnes idées cette année (comme se débarrasser de cette section VIP qui ne servait pas à grand chose… tsé, des punks VIP, c’est pas très punk – tout en gardant un petit coin pour les NOMBREUX médias présents). Le marché des artisans aussi fut une bonne idée, même mon gars est allé faire un tour et dépenser de l’argent (même s’il me dit « J’avais l’impression d’être dans un immense Article 721 » – prenez ça comme un compliment, il aime ça aller là).

À l’an prochain!

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