Le Festif! – 18 juillet 2019

Les Louanges – Photo : Jacques Boivin

Les Louanges

Les Louanges – Photo : Jacques Boivin

Luttes musicales et festivités se jouxtaient hier dans la cour arrière de l’école faisant office de scène principale, alors que Les Louanges y présentait les pièces de l’album qui lui ont valu de se retrouver sur la courte liste pour le prestigieux prix Polaris. Bien que c’était la première fois que je voyais le concert, les gars n’en n’étaient manifestement pas à leur premier concert pour cette tournée amorcée à l’automne dernier. Certaines pièces s’en sont retrouvées adaptées par les musiciens qui semblaient s’amuser allègrement. Le début de l’album a d’abord été joué tel quel avant que la troupe ne nous propose une toute nouvelle pièce, fort appréciée du public, qui a offert avant et après cette pièce un tonnerre d’applaudissements, comme avant les autres d’ailleurs. S’en sont suivis d’autres pièces de l’album, dont Jupiter, qui a encore donné l’occasion au saxophoniste multi instrumentiste Félix Petit de voler la vedette l’instant d’un morceau. Manifestement charmé par le fait que l’assistance entonnait avec lui la majorité des paroles, le petit gars de Lévis n’a toutefois malheureusement pas pu lui offrir le rappel qu’elle réclamait à la fin de la performance. Heureusement, sa récente collaboration avec le groupe suivant lui a redonné, l’instant d’une chanson, l’occasion de renouer avec son public québécois une dernière fois avant son départ pour la Belgique.

François-Samuel Fortin

La Patère Rose

La Patère Rose – Photo : Jacques Boivin

Roboto, Kilojules et Fanny Bloom ont profité du beau soleil, de la chaleur et des parterres en faux gazon pour donner vie une fois de plus à La Patère Rose. Renaissant de ses cendres pour célébrer l’anniversaire de leur premier album complet, le groupe a commencé en force pour nous réveiller les oreilles: une synth pop énergique chantée d’une voix criarde, presque punk. La voix de Bloom s’est ensuite faite toute douce le temps de quelques chansons sentimentales, que le public – assis bien confortablement ou paisiblement debout – a semblé apprécier. Le niveau d’énergie a ensuite remonté tout juste après L’éponge, la première composition jamais écrite par Bloom et ces messieurs de Valaire. Des effets dignes des années 90 venaient d’ailleurs y bonifier le jeu de piano de Roboto et de la chanteuse, tandis que Kilojules frappait ses tambours. Ils ont fini ça en beauté sur Avec toi dedans, que les spectateurs se sont aussi plus à chanter en choeur. 

Marie-Ève Fortier

Qualité Motel et invités 

Qualité Motel – Photo : Jacques Boivin

Avec leurs chemises de fantaisie, leurs projections saturées et leurs grosses lunettes de soleil, les gars de Qualité Motel ont fait vibrer le parterre de la Place Desjardins à coup de beats et d’échantillons qui ratissaient large autant du côté de la culture populaire québécoise (de Mixmania à Grégory Charles) que du la pop plus mainstream (de Flo-Rida à Gloria Estefan). Sautant partout et scandant leurs paroles par dessus leurs chansons, ils ont rapidement trouvé le moyen de faire lever le parterre avec l’aide de leurs quelques invités: Les Louanges et Fanny Bloom ( on pouvait s’y attendre! ), mais aussi Sarahmée ( qui a frappé fort avec son énergie et sa contenance ) et Vinny Bombay ( qui a eu l’honneur de terminer le set avec le groupe sur la maintenant fameuse Basilic ). 

Le set ayant été écourté – a-t-on bien entendu? un des membres du groupe se serait foulé la cheville un peu avant le spectacle – on a eu droit, à la place, à quelques verses surprises déployés par Naya Ali du haut des escaliers de secours attenant à la scène.

Marie-Ève Fortier

Chromeo

Chromeo – Photo : Jacques Boivin

Sympathiques et sexuels, les gars de Chromeo ont pris le relais après Qualité Motel et la courte performance d’escaliers de Naya Ali, pour mettre un feu d’abord timide sur le plancher de danse. Bien qu’il semblait moins apprécié du public que son prédécesseur, le groupe a su conquérir les coeurs et les jambes des mélomanes réunis sur place, avec le groove irrésistible des compositions tirées d’un peu tout leur répertoire. Le fait que les gars jouaient de la guitare et de la basse prouvait que même sans les séquences et claviers ajoutés, ils n’ont pas besoin de grand chose pour faire vibrer l’assistance, comme en témoigne la fin relativement minimaliste de leur tube “Bad decision”. Peu après, le groupe enchaînait “Night by night” et “Fancy Footwork” pour pour confirmer leur statut d’incubateurs de grouillades.

François-Samuel Fortin

Alexandra Stréliski

Alexandra Stréliski – Photo : Jacques Boivin

On se sentait déjà privilégiés de pouvoir aller entendre la pianiste néo-classique originaire de Montréal qui parvient, lorsqu’elle passe à Québec, à remplir le Palais Montcalm deux fois plutôt qu’une. Mais quand on est arrivés au Jardins de François, sous la lueur des flambeaux, et qu’on s’est installés tout près d’un étang surplombé de projections visuelles, on a pogné d’quoi. Après quelques minutes assez frigorifiantes – il faut le dire, il faisait frette – Alexandra Stréliski s’est installée à son piano « aqueux ». Ensuite, ce ne fut que volutes contemplatives, qu’elles soient lyriques ou dramatiques. L’artiste jouait avec passion et bienveillance, même, accompagnée seulement par le doux bruit de l’eau qui coule. On a tous ainsi plongé au coeur d’« Inscape », ce paysage intérieur qui se faisait autant le sien que le nôtre. C’était une expérience qui transporte.

Marie-Ève Fortier

Dead Obies

Dead Obies – Photo : Louis Laliberté (Le Festif!)

Littéralement arrivé à la course sous le chapiteau Sirius pour voir la performance de la troupe de hip hop montréalaise dont la réputation n’est plus à faire, tant sur disque que sur scène. Le feu était pris, gracieuseté de Naya Ali en ouverture, alors que les bad boys du rapqueb enchaînaient succès après succès, puisant dans tout son répertoire, surtout dans les plus récents, plus américanisés que l’album Montreal $ud qui les a fait connaître. Peu avant la fin, enchaîner “Where they at?”,  “Mets la monnaie” et “Doo wop” leur a permis de crinquer bien comme il faut la foule, juste avant que la très classique et efficace “Tony Hawk” ne transforme le plancher de danse en zone de guerre.

François-Samuel Fortin

NOBRO

Nobro – Photo : Jay Kearney (Le Festif!)

Quatre filles avec de l’énergie et de l’enthousiasme à revendre ont investi le garage du curé aux petites heures de la nuit pour une performance endiablée. Le groupe anglophone m’étant complètement inconnu, le début de la performance me donnait l’impression que leur répertoire plutôt punk-rock manquait légèrement de variété, mais elles ont redressé le tir avec brio en enchaînant des titres plus groovys ou plus lents sur le tempo par moments, avec des pièces dont la qualité semblait augmenter tout au long de la performance, qui s’est soldée par le rappel réclamé malgré l’heure fort avancée. Ce fût donc toute une fin de première journée.

François-Samuel Fortin

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