Festival OFF de Québec – Compte rendu, 7 juillet 2019 + récapitulatif

Sessa - Photo: Llamaryon

La Barberie

12h30 – Valence

Poutines, sandwichs-déjeuner, cafés et bières dans les mains, la charmante gang d’organisateurs/amateurs du OFF envahissait paisiblement la terrasse de la Barberie. Le traditionnel brunch signifiait la fin d’une 16e édition agréablement mouvementée. Pour une deuxième fois en moins de 24 heures, la pop rock glamour de Valence s’est faufilée dans nos conduits auditifs.

Valence – Photo : Jacques Boivin

La veille, son porte-étendard Maximus Valence alias Vincent Dufour avait promis une surprise astrologique à ceux et celles qui reviendraient pour son pestacle dominical. Donc voilà, à défaut de nous faire gaver de raisin et poivrons, nous avons entendu quelques horoscopes de la superbe (triste) rubrique du JDeQ.

L’intégralité du EP « Cristobal Cartel » combiné au snack matinalement barbare était une façon assez cute de commencer ce jour du Seigneur. Comme si ce rendez-vous n’était pas suffisamment bucolique, un monarque s’en est mêlé, tournoyant autour des musiciens pendant la reprise de Le temps est bon d’Isabelle Pierre:
« Le temps est bon, le ciel est bleu, j’ai ‘5 amis’ qui sont aussi mes amoureux. »
Croyez-moi, vous n’avez fini d’entendre parler du déferlement d’amour propagé par Valence.

Je parlais de la fin un peu plus haut… mais il restait Sessa en formule 5 à 7!

Gabriel Tremblay

19h30 – Sessa

Sessa – Photo: Llamaryon

Il incombait à Sessa de clore cette 16e édition du Festival OFF de Québec, et on peut dire qu’il l’a fait en beauté. À la fois épurée et riche, sa pop brésilienne avait quelque chose d’irrésistiblement doux. Les mailloches feutrées ou les mains du percussionniste  accompagnaient ses progressions harmoniques complexes à la guitare. Sa voix s’était faite très délicate, comme celle des trois choristes qui semblaient lui répondre. Ajoutez à cela des mélodies en portugais et des rythmes qui, pour nos oreilles, sont d’un charme étrange. Vous aurez une idée de l’ambiance sur la terrasse de la Barberie hier soir.

Or, sous la douceur prédominante, il y avait aussi l’envoûtement irrésistible des rythmes faisant miroir aux paroles de « Grandeza », un album célébrant la sensualité des corps et des gestes de l’amour. Il y avait les subtiles montées en intensité propulsées puis anéanties par le guitariste, ce qui nous rappelait alors soudainement qu’on l’avait vu dans une édition précédente du OFF – dans un contexte vraiment différent, faut dire! – en compagnie du psychédélique Yonatan Gat. 

Généreux dans ses remerciements et avec sa prestation parsemée d’anecdotes, Sessa nous a vraiment donné l’impression qu’on passait avec lui un moment privilégié. Il nous a notamment livré son hommage personnel à Joao Gilberto, une légende de la bossa-nova décédée la veille et qui était célèbre pour sa pièce The Girl From Ipanema

Marie-Ève Fortier

 

Une 16e édition « inoubliable »

On reprend ici les termes de Jean-Etienne Collin Marcoux, qui se souviendra certainement lui-aussi de cette année-baptême à titre de directeur de la programmation. En effet, si le Festival OFF de Québec est à nouveau parvenu à atteindre ses objectifs en matière de musique locale et en matière de fun, plusieurs autres éléments se sont avérés également mémorables. 

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

On a tout d’abord pu remarquer une forte présence féminine sur scène. D’un côté, le festival a cette année encore déployé des efforts pour soutenir cette tendance, notamment en dédiant la première soirée au Complexe Méduse à des projets féminins ou encore en offrant une vitrine au Camp rock pour filles et personnes non conforme de genre. D’un autre côté, cependant, on pouvait simplement remarquer qu’ELLES étaient là. Derrière le micro, mais aussi à la basse, à la batterie, à la guitare, aux claviers, un peu partout. Elles étaient là et c’était rafraîchissant. 

Le public, qui chaque année fait preuve d’écoute et d’ouverture, était encore et toujours une des forces du festival. Ce n’est pas pour rien, je pense, que des artistes plus établis comme Beverly Copeland ou Thus Owls ont choisi le OFF pour offrir leurs prestations à couper le souffle: on aurait pu dans chaque cas entendre une mouche voler ou voir l’émerveillement dans les yeux des spectateurs. D’ailleurs, si c’est chaque fois un défi de satisfaire une population aussi friande de diversité musicale, il me semble que cette année ce défi a été relevé avec brio par l’équipe du Festival. Il suffisait d’entendre les gens parler avec enthousiasme de leur artiste à ne pas manquer au OFF, qui n’était pratiquement jamais le même d’une personne à l’autre!

H. de Heutz – Photo : Llamaryon

En terminant, quand on va au Festival OFF, on s’attend non seulement à voir des groupes qu’on aime, mais aussi à être déstabilisés et à découvrir de nouveaux groupes, de nouveaux genres. Cette année, il semblait particulièrement y avoir des découvertes pour tout le monde. Pour les musiciens du OFF, qui furent nombreux à aller assister aux prestations des autres, c’était une bonne occasion de goûter à nouveau aux sensations de surprise et d’étonnement que nous autres, mélomanes d’écoutedonc, on vit souvent. Et pour nous autres, c’était une bonne occasion de s’aiguiser les oreilles à de nouveaux sons. Pour ma part, j’ai été particulièrement satisfaite par la part belle qui fut donnée aux groupes expérimentaux tels que Météo Ciel Bleu, H. de Heutz ou encore N Nao.

Bon, on pourrait encore vous parler de l’ambiance, des horaires, de la bière, des couchers de soleil, de la température et de je ne sais quels autres détails dont on sait habituellement garnir nos compte-rendus. Mais bon, on se les garde. Parce que le OFF c’est, tout simplement, une expérience à vivre et à revivre encore. Alors, on s’y voit dans 360 jours? 

Marie-Ève Fortier

 

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