Festival OFF de Québec – Compte rendu, 3 juillet 2019

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Comme chaque année, l’écoute et l’ouverture d’esprit étaient au rendez-vous en cette première soirée du Festival OFF de Québec: les visages connus et les nouveaux visages qui s’y mêlaient toujours, prêts à découvrir de nouvelles propositions musicales. En la matière, les spectateurs ont été bien servis avec l’offre au Complexe Méduse, qui laissait son plancher à trois projets de folk expérimental féminin. De quoi débuter le OFF en douceur, mais sans mettre de côté l’intensité et l’exploration de la marge.

Le Sacrilège

18h30 – Pastel Barbo

Pastel Barbo – Photo : Jacques Boivin

« À défaut d’être eux aussi des femmes, ils ont les cheveux longs », nous annonçait le directeur de la programmation, Jean-Etienne Collin Marcoux, en présentant Pastel Barbo. Derrière lui, quatre gars aux grosses barbes, mais à l’air doux – laineux, même – s’apprêtaient non seulement à lancer la 16e édition du OFF, mais aussi à jouer pour la toute première fois devant public. 

Avec un franc-parler bien québécois presque à la Émile Bilodeau, le groupe nous présentait des textes à saveur philosophico-poétique déclamés habilement par le chanteur, qui semblait être aussi à l’aise dans ses graves bien jouales que dans ses aiguës. Tricoté tout autour, un indie-rock psychédélique qui savait autant flirter avec la dissonance que nous envelopper langoureusement ou nous faire taper du pied. Sans compter les dentelles expérimentales crochetées ça et là à la guitare ainsi que le groove de la section rythmique, pour que l’instrumental reprenne ses droits sur les textes de temps en temps. Nul besoin de vous dire que la sortie prochaine de leur maxi enregistré au Pantoum, « Matière Grise », est à surveiller! 

Complexe Méduse

19h00 – DjOdildo

Quel plaisir de retrouver Odile Marmet-Rochefort (Beat SEXÜ, De La Reine, Gab Paquet), cette fois-ci seule derrière les platines (pour la première fois)! Dédiée au bonheur des danseurs et de ceux qui profitaient tout simplement de l’ambiance dans le hall d’entrée, elle a généreusement fait groover la place jusqu’aux petites heures du matin. 

19h30 – Mélanie Venditti

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

C’était bientôt le temps que ça commence. On est entrés dans Salle Multi, plongée dans la noirceur. Au milieu de la scène, tout près du sol et tout près de nous, quatre musiciens – « quatre anges dans leurs T-shirts blancs! » – nous plongeaient en même temps dans l’univers au double-abîme de Mélanie Venditti. C’est que l’autrice-compositrice-interprète de Montréal peut nous faire contempler à la fois la pénombre du deuil et l’azur du ciel, que survolent les oiseaux. 

Pendant qu’elle et ses quatre complices exploraient habilement les différentes avenues du rock, du folk et du lyrisme, Venditti a laissé sa sensibilité devenir une force qui a su toucher autant qu’émerveiller les spectateurs, naviguant avec elle entre les pièces de son dernier album, « Épitaphes », et les titres de son premier maxi.

20h30 – N Nao

N Nao – Photo : Jacques Boivin

Écouter la musique de N Nao, c’était comme se promener dans une forêt de sons… Une fôret tirée du monde des rêves, où la douceur aérienne des mélodies de Naomie de Lorimier, aux synthés ou à la voix, pouvaient soudainement se tordre ou se démultiplier sous l’effet de la distorsion et des loops. Le guitariste Charles Marsolais-Ricard et le batteur Samuel Gougoux enrichissaient eux aussi l’expérience de leurs grappes de sons aux contours juste assez déstabilisants. Résultat: un folk expérimental et doux qui a de la drive, des reflets psychédéliques et aucun complexe. 

21h30 – l i l a (Carte Blanche)

l i l a – Photo : Jacques Boivin

On avait laissé carte blanche à cette artiste qui s’est encore tout récemment révélée à la Ville de Québec. Qu’à cela ne tienne, l i l a n’y est pas allée de main morte pour son spectacle, mettant en scène non seulement son fidèle acolyte Anthony Cayouette, mais aussi une poignée d’autres musiciens dont une section de cordes composée d’un violoniste et d’une violoncelliste. L’artiste a aussi agrémenté ses oeuvres musicales oniriques d’un enrobage multidisciplinaire qui mêlait danse contemporaine, projections vidéo et art visuel. Cette collaboration permettait d’exacerber les côtés les plus intenses du folk éthéré de l’autrice-compositrice-interprète, qui prenait hier soir les allures d’une soirée orageuse où le ciel menace parfois d’éclater, mais où les éclaircies sont d’une douce beauté transcendante.

On a soif pour la suite, et vous? 

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