Serge-André Jones – Photo : Marie-Pier Morin

Une vingtaine de personnes, un bar, des livres, des masses de livres et un piano. L’ambiance de la Librairie St-Jean Baptiste est tout à fait indiquée pour une première on ne peut plus intime. Serge André Jones accueille personnellement chacune des personnes qui entre, en présente quelques-unes. Son humeur joviale se transmet d’une poignée de main et d’une accolade à l’autre.

Il y a quelques années, j’ai voulu louer une chambre dans son gîte, juste pour avoir l’occasion d’entendre jouer le piano qui jardine, mais la vie a fait que j’ai dû annuler mon voyage, alors lorsque j’ai vu son nom apparaître dans mon fil Facebook, j’ai tout de suite sauté sur cette deuxième chance de finalement découvrir ce pianiste!

Il fait une courte et chaleureuse introduction pendant laquelle il nomme chacune des personnes présentes : son père, son professeur et son élève, tout le monde y passe y compris moi, qui suis complètement étrangère à cette filiation. Cet artiste de la relève éternelle va nous décliner les bleus de l’orage sombre ou du ciel clément et la naïveté du bonheur éclatant.

Il commence avec La spirale et La bruine et le mauve, pièces d’un album actuellement en production, suivi de Au loin les montagnes. Ce sont justement les montagnes de Charlevoix, qui sont visibles depuis sa fenêtre, à l’ilet, qui l’ont inspiré.

Il poursuit son nouveau spectacle, dont toutes les pièces sauf deux ont été écrites depuis 2018, de son anecdote sur la dépendance affective. Bleu authentique. Il est fin stratège et fini par nous convaincre que ses confidences valent bien les nôtres. Il entre dans de petites confidences sur sa vie intime, avec humour et finesse avant d’entamer Rondo pour une moitié, qu’on imagine en train de composer, après avoir écouté sa petite histoire de dépendance. La librairie s’emplie de notes. Il n’y a plus de place et pourtant un seul instrument, dix doigts, un pianiste.

Contrairement à la pièce précédente, La fin du livre se termine de la même façon qu’on ne veut pas quitter nos personnages, en langueur, en douceur et en légèreté. Ensuite, datant de 2010, Sous un arbre suivi du poème Bleu de Joëlle Gauvin Racine. « bleu. Le matériau qu’il te manquait pour réparer le ciel… »

Pardon, inspiré d’un arbre qu’on ne coupe pas. C’est le plus grand et le plus magnifique de son patelin et il est aussi un lieu de recueillement. Cet arbre, qui lui a ordonné de composer deux pièces vraiment plus faciles. Il y a Bleu, accrocheuse avec laquelle il remplit la salle de la main gauche; un petit vers d’oreille est né.

Il joue La poésie de Stéphanie, composée en 2010 à la suite de quoi il nous joue mon grand coup de cœur de la soirée, L’exode. C’est une pièce écrite pour des amis ayant traversé de grandes épreuves et on le ressent très bien. C’est d’ailleurs après avoir écrit cette pièce complexe que le grand pin lui a ordonné d’en écrire deux faciles. Il termine avec De l’autre côté et La journée sans vent, en rappel vraiment insistant et improbable!

Comme il aime la proximité des gens, si vous avez un piano, vous pouvez très bien penser à l’engager pour un événement privé. Un endroit tel qu’une grange, un lieu insolite va l’inspirer c’est certain! Des extraits de ses nouvelles pièces sont disponibles sur sergeandrejones.com. On retrouve également les autres pièces sur les applications connues. Surveillez ses autres prestation, ça vaut le déplacement.

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