Philippe Brach – Théâtre des Grands Bois (Saint-Casimir), 12 avril 2019

Philippe Brach – Photo : Gabriel Tremblay

Philippe Brach. Une formule intimiste où la salle, séparée par un énorme rideau, n’accueille qu’une centaine de spectateurs. En « fin » de tournée, le chansonneur folk de Chicoutimi débarquait à « Saint-Caz » avec son Silence des Troupeaux et toutes ses simagrées. Une escapade romantique/fausse première date et un retour aux sources pour votre mal-aimé rédacteur qui s’est aussi amusé à prendre quelques clichés.

Les spectacles qui ne commencent pas à l’heure, ce n’est pas la mer à boire. Matt Falco est là pour combler ta soif, de toute façon. Par contre, les premières notes entendues près de deux heures après l’ouverture des portes, sans première partie? Les raisons portent à se gratter le bout du menton de circonspection. Soyez sans crainte, monsieur Bouchard, ainsi que la paire de Guillaume (Bourque et Doiron) aux guitares, Pierre-Olivier Gagnon à la basse et David Couture à la batterie sont sains et saufs.

Philippe Brach – Photo : Gabriel Tremblay

Ravi de revenir sur la rue Tessier, le Brach masqué multiplie les interventions absurdes entre ses magnifiques compositions comme La peur est Avalanche, Né Pour être Sauvage ou Alice. Comme si le reste de sa discographie n’était pas onctueuse.

Mine de rien, je (les autres aussi j’imagine) prends un malin plaisir à réentendre les pièces de Portraits de Famine. Si proche et Si loin à la fois est une de celle-là. Même sans la voix de Klô, la dualité puissance/douceur est un vrai délice pour le conduit auditif.
Dans sa scintillante tunique, Brach peut tout aussi bien sauter partout tel une sauterelle pendant les jams autant qu’il peut également se camper paisiblement derrière son micro durant ses chauds élans vocaux. Exemple flagrant de la deuxième démonstration et faussement inspirée des auto-tamponneuses des Galeries de la Capitale, Rebound est une sacrée introspection et ce, même sans orchestre.

«Bon, on fait-tu des vraies tounes?»

Pakistan, Pakistan
Pour passer le temps
Peine d’amour musulmane
Jusqu’à ce que je me tanne

Le poignant récit de voyage au Moyen-Orient complète la première partie du spectacle. Oui, les humoristes en fin de carrière ne sont pas les seuls à se taper des entractes.

Au retour de la pause…

Philippe Brach – Photo : Gabriel Tremblay

Beurrée par Mes Mains Blanches dans nos oreilles, la deuxième moitié du spectacle est aussi éclatée que la première. Entre les prolongements de chansons à la sauce prog (parfois sans Brach), le principal intéressé revient casser le rythme avec une brillante critique sociale comme Bonne Journée.

Paraît qu’à deux heures
Y’a une autre shot d’obus de prévue
Mais à Météomédia
Y’ont dit que c’t’une hostie de belle journée
Mais à Météomédia
Y’ont dit que c’t’une hostie de belle journée

À l’image du titre de son premier opus, une perfo du « Brach Band » est digne de La Foire et l’Ordre. Réglés au quart de tour, ils se permettent quelques changements impromptus à la setlist. D’ailleurs, l’assistance se délecte d’une reprise du « Cygne noir », popularisée par le célèbre groupe anglais « Têtes de Radio ». Je vous laisse trois secondes, pas plus, pour piger la traduction libre.
En guise de finale, la foule peut dire au revoir à Gaston et sa ritournelle (pis son taxi sul’ crédit).

Bref, même si ce n’est pas la première ni la dernière fois qu’on voyait cet attachant énergumène en concert, un moment en sa compagnie vaut toujours le détour. Visiblement, l’histoire d’amour entre Brach et Saint-Casimir perdure. Après tout, le village lui va plutôt bien.

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