Bon Enfant, Bernhari et 69, rue des Lombards – Le Pantoum, 8 mars 2019

Bon Enfant – Photo : Marion Desjardins

Ce soir-là, j’ai eu droit à un menu découverte musicale trois services. Première fois avec Bon Enfant, et Bernhari et 69 rue des Lombards! Trois groupes qui ont su créer trois atmosphères complètement différentes. Même si le premier groupe a livré sa prestation 45 minutes en retard, le contenu entendu était à point. Eh oui, une autre soirée réussie dans ce bon vieux Pantoum tout neuf!

Bon Enfant

Bon Enfant – Photo : Marion Desjardins

Bon Enfant a brisé la glace sur une note sympathique et bedonnante. Je compare ce groupe à un prisme. En effet, si l’énergie des spectateurs était lumière, les membres de Bon Enfant ont su la réfléchir et la disperser partout entre les murs du Pantoum. Parlant des membres, on a été gâtés par cette brochette de musiciens chevronnés. On retrouvait Daphné Brissette ainsi qu’Étienne Côté (Canailles), Guillaume Chiasson aka Gru (Ponctuation, The Blaze Velluto Collection), Alex Burger et finalement, Mélissa Fortin qui, depuis quelque temps, vient porter main-forte à Canailles. J’ai aisément détecté des teintes de rock vintage des années 60 et 70 – entre autres, grâce à la forte présence de sons d’orgue électronique – de folk, de pop et même de surf-music. La voix de Daphné, sincère et sans flafla, nous prend doucement par le collet. Naturellement, elle nous a captivés par ses mots garrochés dans nos faces, avec son timbre cru, aux sonorités bluegrass particulières. Le tout, une fois rassemblé, créait la même sensation qu’un gros soleil qui perce les nuages d’une sale tempête de pluie mouillée; Bon Enfant fait du bien. Imaginez une tombée de jolis confettis au ralenti. C’était joyeux, festif et coloré. Ils n’en étaient qu’à leur quatrième spectacle, mais je peux vous garantir que vous ne voulez pas manquer les prochains.

Bernhari

Bernhari – Photo : Marion Desjardins

L’élan de fête s’est ensuivi avec Bernhari, avec qui la poussière est lentement retombée, au rythme d’un long planage. La voix suave et délicate du chanteur a retenu mon attention. Tout semblait se figer. Le choix d’éclairage venait complémenter chaque chanson. Je me suis sentie comme face à un tableau, lorsque le visage du chanteur était plaqué par une lumière orange crépuscule pendant que le reste de la scène était colorée d’un bleu lunaire. Le côté mélancolico-romantique du groupe m’a agréablement rappelé Indochine. C’est peut-être la présence de synthés, la basse rythmée et la voix haut perchée qui m’amène à faire le rapprochement. Mention spéciale à Alexandre Bernhari et à sa triple implication simultanément au chant, sa main gauche au clavier et sa main droite aux percussions! Malgré les quelques impolis jacasseurs parmi le public, plusieurs spectateurs ont su s’enivrer de musique et danser sous les scintillements de la boule disco.

69 Rue des Lombards

Crabe – Photo : Marion Desjardins

Comment expliquer ce qui s’est passé après…. Ça se résume à l’observation de deux crustacés déguisés avec un drum électronique. Étrange, déstabilisante et intelligemment disjonctée, l’expérience a été marquante. Ces choses n’avaient pas encore commencé que c’était déjà le bordel. Un beau bordel où deux invités, Laurence G-B (Victime) et Gru, se sont impliqués avec folie lors de l’introduction, sans oublier le panneau lumineux d’une guitare portée par deux longs bras. Ensuite, le duo à pinces a provoqué une véritable tempête sonore. L’expérience auditive pourrait se comparer à l’idée qu’on se fait d’un trip d’acide. C’était décousu et expérimental. « On connaît pas vraiment nos tounes, c’est des patentes qu’on essaye…», a lancé le guitariste. On avait deviné, en cours de la prestation, qu’il y avait place à l’improvisation. À l’écoute de certains passages un peu plus violents pour les tympans, les effets sonores équivalaient à recevoir un massage de la tête avec une barre à clous. On était trimballés de tous les côtés. Les ambiances, comme les tempos, changeaient abruptement mais les musiciens ont gardé une cohésion impressionnante entre eux, malgré l’apparent désordre qui régnait sur scène. C’est un des seuls indices qui nous a fait réaliser que les structures n’étaient pas totalement improvisées. Une chose est certaine, j’en suis sortie secouée, mais bien indemne!

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