Mélisande [électrotrad] – Théâtre Petit-Champlain, 2 février 2019

Mélisande [électrotrad] – Photo : Julie Bourassa

Plus qu’une transmission, une passion voire une addiction. Mélisande [électrotrad] se délecte de sa mission. Ses acolytes et elle participent activement à préserver le patrimoine musical traditionnel et se permettent de l’actualiser en l’interprétant dans une version électro et pop, selon les pièces. La flûte, les percussions, le violon et la mandoline ainsi que la guimbarde enchevêtrent les styles de vraiment belle manière. La présence sur scène d’un danseur de breakdance vient confirmer l’adaptation et la fusion parfaite des styles.

De projet en projet, ils arrivent à dépoussiérer un contenu culturel qui resterait facilement dans l’oubli. C’est un travail qui peut sembler colossal; cependant, on voit facilement le bonheur immense que cet accomplissement apporte tant aux musiciens qu’aux spectateurs. L’histoire et l’héritage immatériel de nos ancêtres est ainsi réactualisé. Des histoires crues, des histoires d’amour et des histoires à boire.

Pour leur second album, Les millésimes (Borealis Records, février 2017), ils ont déniché des archives audio aux États-Unis, en Ontario et à l’Université Laval afin d’enrichir leur répertoire. Une telle recherche a attiré l’attention de Michel Lalonde de Garolou, qui les a invités à rendre hommage à Édouard Hovington lors du Festival de la chanson de Tadoussac en 2017.

On a donc entendu L’ivrogne dégrisé et Le ruban bleu (dont le sujet ne suffirait plus pour courtiser une femme de nos jours), qui sont plutôt pop. Je fais la difficile et Je suis née en automne sont deux pièces plus traditionnelles.

Personnellement, je préfère les versions électro comme Plantons la vigne ou Le vin est bon, qui groove fort, et je suis prête à en avoir encore plus dans les oreilles et dans tout le corps. Aussi, je permettrais au public de danser, ce qui augmenterait la qualité de l’expérience, la puissance énergétique de tous. Ceci dit, J’allongerais aussi les séquences électro sur scène. Pensons seulement à la pièce Sur la ritintin, qui commence avec un rythme très électro. Imaginez qu’on étire cette pièce de cinq bonnes minutes d’un solo électro : c’est certain qu’on se lève!

On sent aussi un petit vent de féminisme que j’apprécie beaucoup. Souvent, les rôles traditionnels sont inversés, et la femme peut même devenir celle qui tient la bouteille.

« Buvons mes commères / Nos hommes, ils sont loin » (Quand les hommes sont aux vignes)

Bon ce n’est pas flatteur, mais plusieurs textes apportent une vision différente de la femme.

Leur dernier projet est en pleine production. Des archives, ils sont passés à la cueillette du patrimoine vivant. Pendant près d’un an, ils ont visité nos aînés des berges du Richelieu. Nous avons pu entendre en grande première quelques pièces tirées de cette récente recherche : Mon oncle Aldo et Le pied su’l cant. Le prochain album, Les myriades, est prévu pour la mi-septembre.

Comme le groupe part en tournée en Australie, surveillez les prochaines dates au Québec, qui ne sont pas encore publiées.

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