Silverstein (+ Hawthorne Heights) – Impérial Bell, 9 janvier 2019

Silverstein – Photo : Léa-Ly Roussel

Mercredi 9 janvier 19h25 pile poil… j’entre dans un Impérial Bell en mode emo. On est en 2003 ou 2019? La question se pose. Écrire l’article sur MySpace ou WordPress? J’ai presque hésité. Soirée nostalgique, Silverstein célèbre les 15 ans de son premier long jeu « When Broken Is Easily Fixed ». Les Ontariens prévoyaient déjà enflammer la rue Saint-Joseph en annonçant que ce spectacle serait leur plus long en carrière. Si ce n’était pas mon baptême de Silverstein, c’était le cas pour Hawthorne Heights. Ne serait-ce que pour leurs succès Ohio for Lovers(considéré comme la chanson la plus emo jamais écrite) ou Saying Sorry, j’étais empressé d’écouter ce band « culte » de mon adolescence.

En guise de mise en bouche, l’audience se délecte des groupes punks américains Capstan et As Cities Burn. Les deuxièmes proposent un punk-hardcore teinté de scream qui s’apparente légèrement à la tête d’affiche canadienne. Une fois les cités brûlées, les fiers représentants de l’Ohio Hawthorne Heights grimpent sur les planches d’un Impérial bondé.

Hawthorne Heights – Photo : Léa-Ly Roussel

« I used to listen Hawthorne Heights in High School » dit l’affiche derrière la scène. Clairement, notre génération de nostalgiques amateurs de punk metalcore est visée. Autant le groupe que l’audience savourent les pièces marquantes du passé comme Niki FMThis Is Who We Are et Pens and Needles. Malgré la brutalité de certains cris, gracieuseté du guitariste-chanteur Mark McMillon, la tendre voix principale de JT Woodruff vient créer un amalgame plutôt sentimental. En guise d’hommage post-mortem à l’ex-membre du groupe Casey Calvert, Woodruff lance un touchant message à tous ceux et celles qui ont des proches partis trop tôt. Ils enchainent logiquement avec leur morceau Bring You Back écrit pour Calvert. Devant un moshpit relativement délicat, HH conclue la perfo avec la chanson qu’on surnomme « The Emo Anthem », Ohio For Lovers. Une première partie luxuriante pour ce groupe emblématique qui en était à son tout premier passage à Québec.

Silverstein – Photo : Léa-Ly Roussel

Contrairement à leurs prédécesseurs américains, les gars de Silverstein sont des habitués à la capitale nationale. Leur dernier passage est encore tout frais alors que les Ontariens étaient d’office avant Atreyu et Alexisonfire pendant le dernier FEQ. L’impressionnant chanteur/crieur Shane Told mentionne d’ailleurs cette relation d’amour avec la ville pendant le spectacle. Des premiers balbutiements à l’Anti original jusqu’aux plaines d’Abraham en 2018. En jouant l’intégralité du microsillon qui les a vu naître, les presque quarantenaires ont dû ajuster leur formation.

« We realized that there’s a shitload of violin » – Shane Told, Silverstein in 2019

La formule voix, deux guitares, basse, violon est impeccable. Les amateurs traversent un album parsemé de leurs grands succès comme Smashed Into PiecesGiving UpBleeds no More et Red Light Pledge. Personnellement, je suis subjugué de constater la justesse de son chant, surtout en alternance de son scream percutant. Après toutes ces années à s’arracher sporadiquement les cordes vocales, force est d’admettre que Told conserve sa voix mielleuse avec brio. Entre les circle pits et la tonne de fumée, le groupe originaire de Burlington (Ontario) poursuit la longue prestation avec d’autres pièces connues de son répertoire. En passant de la mélodieuse Smile in your Sleep jusqu’à My Heroine, on assiste à une véritable anthologie de la discographie de Silverstein. On jase là…  Qui est partant pour les 15 ans de « Discovering the Waterfront » en 2020? Je dis ça, je dis rien.

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