La migration est une route continue, formée de rencontres, de moeurs différentes et de poésie propre aux gens qui la font. Celle qui récite ou déclame, davantage qu’elle ne chante, sur une musique superbe, nous présente son nouveau projet et son équipe formée de Vincent Gagnon (claviers), Pierre-Emmanuel Beaudoin (batterie), un contrebassiste merveilleux et une violoniste envoûtée.  Que du nouveau matériel sur la scène. Le Texas est derrière Émilie.

Émilie Clepper prend le temps de nous inviter dans son univers en expliquant que la migration de l’anglais au français est remplie de subtilités, qu’il ne s’agit pas d’une simple traduction. C’est comme passer de l’huile à l’aquarelle. Avec des arrangements sublimes et une voix posée, puissante et chaleureuse, Émilie revient sur scène en commençant par le théâtre du Petit Champlain avec un projet fort de ses voyages et de son quotidien. Sa rencontre avec Sara Garneau dans la prime enfance se traduit enfin par une collaboration créative. De la poésie sensible, de la chanson parfois rigolote, comme celle qui nous parle des clichés sur les médias sociaux et parfois, des chansons d’amour, comme celle dédiée à Claude, décédé trop tôt et à Thérèse. Elle transforme des gens trop magnifiques en chanson, pour exprimer qu’on les aime encore. Son passage à Belle et Bum lui a permis de découvrir Pauline Julien et de chanter les paroles que Clémence Desrochers lui avait écrites. Elle nous offre cette démonstration avec Vincent Gagnon au piano, avec des allures de cabaret.

Son invité pour ouvrir la soirée, le très sensible Nicolas Gemus, lauréat de plusieurs prix au Festival de Granby 2017 (parmi lesquels le Prix Socan) était tout indiqué. Début vingtaine et un maniement des mots déjà mature.Ses textes sont ceux d’une personne qui ose s’exposer et qui en sort vainqueur. Cinq pièces toutes très songées. On a déjà hâte d’avoir son premier album sous la main.