Pour la première Nuit FEQ de la saison, l’équipe du FEQ avait convié un trio de groupes montréalais ayant tous contribué à l’établissement d’une scène indie-rock reconnue à travers les cercles musicaux internationaux.

We Are Wolves – Photo : Marion Desjardins

We Are Wolves

We Are Wolves en ouverture de soirée était contraint à une efficacité certaine. Avec un mince 30 minutes de temps alloué, le trio a pigé dans ses chansons les plus efficaces pour faire plus avec le peu de temps à leur disposition. La réception de la foule a été excellente; il faut dire que la recette du groupe est éprouvée et que la précieuse expérience acquise au fil des ans leur donne une confiance évidente. Que ce soit avec Blue ou Paloma en fin de programme, ils ont rempli leur mandat d’ouverture à merveille, attirant l’attention ainsi que des applaudissements nourris.

 

SUUNS – Photo : Marion Desjardins

Suuns

À moins de jouer dans un festival spécialement niché, Suuns fera souvent office de groupe « weird » dans une soirée musicale. Placé entre deux groupes au son un peu plus classique, le quatuor de Montréal a ajouté une dose d’étrangeté à la soirée. Ils ont commencé avec un long drone évoluant vers la pièce Control, un morceau langoureux et hermétique, prologue à un concert drôlement séquencé. Le groupe mené par la voix à la fois subtile et magnétique de Ben Shemie a fait embarquer le parterre avec deux pièces monumentales de leur répertoire; Power of Ten et surtout, l’hallucinante Translate. Le segment plus « pop », dans les standards plutôt champ gauche de Suuns, s’est achevé avec l’excellente Look no further, une pièce aux accents moyen-orientaux appuyée par une ligne de guitare spécialement efficace. Le concert s’est terminé avec la performance des hypnotiques Paralyser et Pie IX. Une autre performance excessivement convaincante de la part de ce groupe encore trop méconnu.

 

Wolf Parade – Photo : Marion Desjardins

Wolf Parade

À peine un an après deux présences à Québec en quelques semaines (au FEQ, puis en première partie d’Arcade Fire), le groupe Wolf Parade nous gratifiait d’une autre visite, cette fois avec un nouvel album à défendre, l’excellent Cry Cry Cry paru sur la légendaire maison de disque américaine Subpop il y a quelques mois. D’emblée, le groupe avait l’air vraiment heureux d’être à Québec pour amorcer une série de 5 concerts en sol québécois. C’est Valley Boy, une pièce hommage à Leonard Cohen qui a ouvert le spectacle. Les deux chanteurs aux voix distinctives, Dan Boeckner à la guitare et Spencer Krug aux claviers, ont échangé les rôles de leader toute la soirée. Cet échange est une partie de la signature du groupe, les deux voix étant fort différentes tout en se complétant à merveille. Le groupe a offert un spectacle balancé quasi également entre ses 4 albums, offrant des classiques tels Soldier’s Grin, I’ll Believe In Anything ou This Heart On Fire, des chansons plus rares comme Ghost Pressure ou It’s a Curse; mais surtout des pièces costaudes et monumentales telles California Dreamer (jouée pour la première fois depuis 8 ans selon Krug), la toute neuve Baby Blue ou Kissing the Beehives. Cette dernière, une des rares chansons où les deux chanteurs partagent les couplets est systématiquement un moment fort dans leurs concerts. L’enthousiasme partagé par la foule et le groupe nous permet d’espérer une suite à cette rencontre. Ce serait d’ailleurs souhaitable puisque Wolf Parade est l’un des groupes indie-rock les plus intéressants à voir en concert. En plus, il continue à être pertinent, malgré le fait qu’ils sévissent dans un style qui ne se réinvente pas autant, tout en semblant refuser de mourir.