Nathaniel Rateliff & The Night Sweats (+ Casual Rites) – Impérial Bell, 18 septembre 2018

Nathaniel Rateliff & the Night Sweats – Photo : Jacques Boivin

Casual Rites

(Par Jacques Boivin)

Casual Rites – Photo : Jacques Boivin

Quoi de mieux pour lancer cette soirée de rock bien enraciné que les sympathiques gaillards de Casual Rites? Phil Matte et sa bande ont présenté les chansons de leur excellent premier album. Celles-ci, affichant toujours ce son rock teinté d’Americana, ont été fort bien accueillies par un public plus attentif que d’habitude. On a toujours le kick sur la voix sûre de Matte, qui s’est aussi laissé aller sur quelques solos bien sentis. Pour les fans, peu de surprises, mais ceux qui ne connaissaient pas les Rites semblaient avoir bien apprécié. Comme nous.

Nathaniel Rateliff & the Night Sweats

(Par Daniel Houle)

Nathaniel Rateliff & the Night Sweats – Photo : Jacques Boivin

La basse rythmée et impregnée de fuzz de Joseph Pope III avait déjà commencé à faire son effet. Les têtes hochaient, les hanches se balançaient. Mais quand les saxophones ténor et baryton ont sonné le début de Shoe Boot, on sentait que le party venait de décoller.

La musique de Nathaniel Rateliff and the Night Sweats, qu’ils qualifient de working-class soul, vous prend par la ceinture et vous secoue comme le diable. Sauf que le vieux diable a un cœur particulièrement gros et il la porte toujours sur la main.

L’énergie de la section des cuivres –qui compte aussi un trompettiste – vous fait oublier la petite fatigue accumulée dans les jambes, qui sont debout depuis une heure et demie. L’orgue Hammond gonfle encore les vents qui se déferlent sur la foule. La section rythmique et la lead guitar guident la barque du soul, qui semble arrivée directement de La Nouvelle-Orléans. Mais c’est l’émotion de la voix de Nathaniel Rateliff, dont le timbre se rapproche de celui d’un jeune Van Morrison, qui vous transporte.

Nathaniel Rateliff & the Night Sweats – Photo : Jacques Boivin

Quand NR chante des chansons comme Howlin at Nothin’ ou I Need Never Get Old, la scène devient une piste de danse qu’il occupe avec énergie, glissant ses bottes de cowboy de gauche à droite avec une légèreté surprenante pour un homme si robuste.

Son écriture directe et instinctive est véhiculée par une voix d’une authenticité indéniable. C’est cette recherche de réalisme qui fait la force de ce groupe. Lorsqu’il chante Son of a Bitch, une chanson haute en énergie mais qui raconte les supplications déchirantes d’une personne qui lutte avec une dépendance à l’alcool, la douleur et la frustration dans sa voix suggèrent un souvenir personnel qu’il n’est pas prêt d’oublier.

Nathaniel Rateliff & the Night Sweats – Photo : Jacques Boivin

Sa chanson Hey Mama est une ode aux sacrifices maternels et une reconnaissance de la persévérance du travailleur moyen au jour le jour. La tendresse était palpable dans sa voix et a rendu cette chanson une des plus belles du spectacle.

Entouré des musiciens de The Night Sweats, Nathaniel Rateliff devient une courroie électrique par qui traverse l’élément le plus essentiel de l’humanité : l’amour. C’est ce qu’il donne en spectacle, et c’est ce que la foule lui renvoie, à la puissance dix.

Petit shout out aux techs de scène, qui ont attrapé habilement la guitare électrique que NR leur a lancée à plusieurs reprises du milieu de la scène, passant même une fois au-dessus de la tête du batteur. C’était beau à voir.

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