Par Julie Levesque

Le 12 septembre dernier avait lieu la 17è édition du Show de la Rentrée de l’Université Laval. Autant pour célébrer la fin de la saison estivale que pour lever nos verres et ouvrir nos oreilles à un automne rempli de promesses, plusieurs artistes de la scène québécoise se réunissent pour créer le party de l’année.

Pulsart Trio – Photo : Jacques Boivin

Les premiers à me dorloter l’oreille : Pulsart Trio. Le trio nous livre un jazz enivrant et funky. Mention spéciale à Jérémie Carrier et ses quatre baguettes qui prend un malin plaisir à nous enrouler de ses notes jusqu’au cœur avec son vibraphone. La pièce «Funky Monk qui vacille parfois entre le jazz et le progressif est ma pièce favorite. Blues pour Max, écrite pour le défunt chat d’un des membres du groupe, qui pour sa part, est cheesy à souhait, me mettant dans une transe musicale extasiante et me rappelle que je n’écoute pas assez de jazz.

Jordann – Photo : Joany Paquet

Un trio à découvrir, leur EP est disponible sur Bandcamp. Vous pouvez aussi les suivre sur leur page facebook!

C’est JORDANN qui suivra sur la scène du Fou ALIES. Le groupe venu de Montréal joue du pop indie feutré. Le groupe fondé en 2017 est bien rodé. Une musique immersive, des mélodies de clavier qui rappellent les années 1980, et des covers de chansons populaires remaniées à leur façon, un gros oui pour JORDANN.

Maestronautes – Photo : Léa-Ly Roussel

Rendue sur la scène du Pub Universitaire, j’ai fait la rencontre des Maestronautes. Ils savent comment allier leur public à leur musique. D’une présence électrisante le groupe ne fait qu’un avec ses spectateurs. Un de mes membres du groupe, Dom P annonçait la sortie de son nouveau single disponible maintenant! Allez y jeter un coup d’œil!

Choses sauvages – Photo : Joany Paquet

Pour mon dernier arrêt, j’ai choisi Choses Sauvages qui se produisait sur la scène de l’Atrium. Venant de Montréal avec leur premier album homonyme Choses Sauvages a fait danser l’Univeristé au complet. Maniant le son punk au funky disco, avec leurs paroles poétiques et entraînantes. Ce fut un heureux mélange de basse, de guitares, de clavier et de flûte traversière qui enchantera la foule. La dynamique des membres transpire sur le public déjà charmé. On en veut encore, courez vers leur album!

Le Show de la rentrée donne la place aux groupes de chez nous à notre plus grand bonheur, changer de scène, d’environnement, de beat tout au long de la soirée, ça fait battre le corps au complet. Ça nous rappelle de mettre nos oreilles à on et d’apprécier notre scène!

 

Pendant ce temps, sur la scène de l’Amphithéâtre Hydro-Québec…

Par Jacques Boivin

Des fois, je me trouve un peu trop vieux pour courir d’une scène à l’autre, une bière dans une main et l’appareil photo entre les dents. Et cette année, l’équipe du Show de la rentrée a pensé à nous, mélomanes qui n’ont pas envie de passer la soirée à tituber d’une scène à l’autre! Non seulement a-t-on pensé aux mélomanes, mais en cette année où la représentation des femmes dans les grands événements musicaux a été un gros sujet de conversation, on a aussi pensé réserver une scène à des auteures-compositrices-interprètes qui proposaient des créations qui demandaient un minimum de curiosité, mais surtout d’attention.

La fièvre – Photo : Jacques Boivin

Tout ça a commencé avec La Fièvre (Ma-Au Leclerc et Zéa Beaulieu-April), qui nous a présenté une art-pop sombre et froide qui n’est pas sans rappeler Milk & Bone dans l’esthétique un brin dark, mais qui se démarque en se collant davantage à l’univers de Björk, ce qui n’empêche pas l’ensemble de nous faire danser doucement. Pendant que Ma-Au s’exécute aux claviers, Zéa chante et laisse aller son corps, à moins qu’elle ne s’amuse avec le thérémine juste à côté d’elle. Une première rencontre charmante qui m’a donné le goût d’en entendre un peu plus sans entendre les barmen raconter leurs jokes à voix plus que haute.

 

Laura Babin – Photo : Jacques Boivin

Après une courte pause, le temps d’attraper une demi-chanson des Forest Boys, c’était au tour de Laura Babin et ses deux musiciens de monter sur scène. Bon, on la voit souvent, nous autres, on commence à connaître son matériel, mais disons qu’elle en a surpris quelques-uns dans la foule avec ses chansons à la fois douces et intenses avec un petit côté qui n’aurait certainement pas déplu aux amateurs de rock du début des années 1990, notamment Water Buffalo et ses couplets aussi langoureux que ses refrains sont explosifs. Laura en a d’ailleurs profité pour nous servir sa reprise de Lithium, de Nirvana. Ceci explique (un peu) cela. Comme on dirait. Une prestation bien appréciée quand on n’entendait pas l’arrière de la salle raconter comment s’était passé le cours de théorie des communications en matinée.

 

Ghostly Kisses – Photo : Jacques Boivin

Après une autre courte pause, le temps de voir Félix Bélisle de Choses Sauvages chanter langoureusement son refrain dans la foule dans un atrium qui commençait à être lascif, de retour à l’amphithéâtre, cette fois pour la pop éthérée de Ghostly Kisses. Accompagnée des toujours excellents Gabriel Desjardins (claviers) et Antoine Angers (guitare), Margaux Sauvé nous a une fois de plus montré pourquoi elle connaît autant de succès sur les sites de streaming. Une musique juste assez sombre, mais mélodieuse, comme dans un rêve. Mais surtout, une voix apaisante, assurée tant dans les basses que les aiguës, qui nous emmène dans un lieu fantastique (mais un peu froid, apportez vos manteaux). Un moment qui aurait été parfait si ce n’avait été des gens un peu éméchés qui avaient compris que c’était plus facile de venir ici se commander une bière qu’à l’Atrium et qui le faisaient avec une grosse voix qui semblait à peine avoir fini de muer.

 

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Enfin, après quelques minutes passées au bar à me commander une bière… et à la boire, c’était l’heure du clou de la soirée, Lydia Képinski (on vous l’a tu dit qu’elle était finaliste à l’ADISQ?). La jeune auteure-compositrice-interprète avait adapté son set pour l’occasion, se lançant immédiatement dans Les balançoires. Pendant que ses trois musiciens lancent la trame musicale, Képinski arrive en traversant (un peu) la foule. Lydia a poursuivi avec des chansons entraînantes comme MaïaApprendre à mentir et Pie IX (toujours aussi lourde à la fin), avant de proposer quelques-unes de ses chansons plus tranquilles (dont M’attends-tu). On voit que les deux premières rangées à l’avant sont remplies de fans, ça récite les paroles doucement avec Lydia, ça danse quand c’est le temps, ça headbang sur la fin de Pie-IX. J’ose pas regarder plus loin, je me dis que ça gâcherait mon moment.

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

 

Képinski nous offre une finale savoureuse avec Sur la mélamineBelmont et la toujours frissonnante Andromaque (fallait voir Émilie Rioux, de CHYZ, vouloir partir un moshpit à l’arrière).

 

Les Deuxluxes au Grand Salon – Photo : Joany Paquet

Sur le plan de la musique, cette soirée à l’amphithéâtre Hydro-Québec était fort belle. On a vu d’excellentes femmes (et plusieurs très bons musiciens) nous présenter des trucs qui, malgré leurs directions visiblement très différentes, ont fini par donner un tout qui aurait souvent mérité une meilleure écoute.

Maiiiiiiiiiiiiiis bon, on était au Show de la rentrée… et y’a beaucoup de monde qui comprend plutôt Chaud de la rentrée. On le comprend, on a brassé nous autres aussi quand on était plus jeunes, et on va faire avec. Mais on se demande : y’aurait pas eu moyen de mettre le bar dans le corridor?

Ghostly Kisses – Photo : Jacques Boivin

 

L’idée de programmer cette scène était tout à fait géniale, et il faut tenter l’expérience de nouveau. Y’avait quand même beaucoup de monde qui a été là du début à la fin et ils ont visiblement eu du plaisir. Et vous irez voir, je me suis beaucoup amusé avec les magnifiques éclairages.

Ouais. Dans l’ensemble, même si je grogne un peu, j’ai beaucoup apprécié ma soirée. Les femmes étaient brillantes, la musique était bonne, pis le photographe a lui aussi eu ses belles photos.

 

 

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