Ce vendredi marque le début de nos épopées à Ville-Marie. Vous le savez, Montréal grouille en permanence mais lorsqu’arrive le week-end d’Osheaga, attachez-votre tuque (ou votre couronne de fleurs). Après tout, c’est sans contredit un des plus grands festivals musicaux au Canada, tous styles confondus. Pensant couvrir le festival en « solitaire », je compte finalement sur l’appui généreux de notre collaboratrice Marilou Boutet. Voici le résumé de notre première journée mouvementée au Parc Jean-Drapeau.

 

Rainbow Kitten Surprise

C’est une formation aux couleurs éclatées qui a débuté mon expérience d’Osheaga, un groupe qui, on doit se le dire, m’a très bien mise dans le beat du festival montréalais. Bien qu’il s’agissait du début de l’après-midi et que les spectateurs n’étaient pas encore totalement imprégnés d’un esprit festif, le chanteur du groupe, Sam Melo, a su transmettre au public son énergie contagieuse, alors qu’il tournait sur lui-même et se lançait de tous bords, tous côtés. C’est sans nul doute sa voix bien assumée et déchirante qui me restera le plus à l’esprit, alors qu’il pouvait aller dans des notes assez créatives.

Photo: Patrick Beaudry

Le groupe a également joué ses populaires titres, tels que Fever Pitch, Cocaine Jesus et Devil like me, livrés avec justesse sur tous les niveaux. Que ce soit le batteur qui portait le sourire aux lèvres, le style flamboyant du bassiste, le jeu très juste à la guitare électrique ou les harmonies entre les différentes voix, je crois qu’on peut dire que c’est une belle réussite pour Rainbow Kitten Surprise. (Marilou Boutet)

 

Manchester Orchestra

Originaire d’Atlanta où la culture hip/hop est prédominante, La bande à Andy Hull tire son épingle du jeu rock.

Photo: Patrick Beaudry

À la fois planant et mélodieux, on constate tout la polyvalence des musiciens de Manchester Orchestra. Mon petit doigt (ou mon oreille) me dit qu’ils aiment jouer fort normalement ou qu’ils y ont eu des influences punk par le passé. La voix douce et aiguë sortant d’un être si fort en apparence est plutôt inusitée mais ô combien plaisante à l’écoute. Je ne connaissais que très peu Manchester Orchestra avant le spectacle, comme plusieurs festivaliers d’ailleurs. À l’exception de The Gold, que j’ai reconnu, on peut affirmer que le passage de Manchester Orchestra est une belle découverte. (Gabriel Tremblay)

 

Essaie Pas

Photo: Gabriel Tremblay

Suite à une entrevue « exclusive » qui vous sera révélée la semaine prochaine, je me dirige vers la scène des Arbres. À mon arrivée à 17h, Marie Davidson et Pierre Guérineau jouent sur leurs platines derrière une montagne de fils. Très peu de gens sont présents pour entendre les sons électro-trance-dance-futuriste du duo montréalais.

Mis à part la promenade sur scène de Guérineau en chantant/parlant What a shit hole, on assiste à une performance dénuée d’émotions. C’est dommage parce que les sons presque sci-fi qu’ils balancent sont plutôt divertissants. (Gabriel Tremblay)

 

 

St. Vincent

Photo: Patrick Beaudry

Si je me suis rendue à St.Vincent sans savoir qui elle était et sans aucune attente, je dois dire que j’ai été agréablement surprise par cette femme pour le moins originale. Annie Clark s’est avérée être une bête de scène toujours bien ancrée dans son personnage de rockeuse aux allures étranges qui changeait de guitare après chaque chanson.

Ses acolytes sur scène reflétaient eux-aussi cette ambiance mystérieuse en portant un masque de nylon au visage et des perruques cachant complètement leur identité. Selon moi, en plus d’un rendu au son impeccable, de la théâtralité de St. Vincent et des couleurs flamboyantes des costumes, c’est notamment les vidéos projetés à l’arrière que j’ai trouvé fort intéressants. Ils accrochaient l’oeil et ajoutaient une dimension toute particulière à ce qui se passait sur scène, montrant tantôt Clark crachant du liquide turquoise, tantôt des personnages masqués dansant sur les même pas, mais toujours bombardés d’effets spéciaux. Ainsi, chapeau à St. Vincent, qui a été ma découverte de la journée. (Marilou Boutet)

 

Cigarettes After Sex

Bouches frivoles s’abstenir, la musique de Cigarettes After Sex génère une forte volonté d’embrasser tout ce qui bouge.

Photo: Tim Snow

Plus sérieusement et d’une douceur incomparable, les ballades indie-rock des Texans n’ont vraiment rien de cliché. Tous vêtu de noir et au style vestimentaire d’un groupe hardcore, Greg Gonzalez et ses musiciens nous livrent une heure musicale des plus apaisantes. Leur succès Nothing’s gonna hurt you est un mécanisme à hochements de tête langoureux. Suivi du dernier «single» Crush. Le groupe poursuit avec K., titre tout aussi accrocheur. À voir la tête des amateurs, je ne suis pas le seul qui voudrait une prestation de longue durée. On espère les revoir bientôt en sol québécois. (Gabriel Tremblay)

 

Lykke Li

Lykke Li mériterait amplement un titre de noblesse au royaume de la pop. La Suédoise est passée maître dans l’art de divertir son audience et elle nous le prouve encore une fois. Dans son impressionnant costume en latex noir, elle part le bal avec No rest for the wicked. N’ayant pas encore écouté son dernier album en profondeur, je suis heureux de retrouver plusieurs morceaux familiers tirés de l’album I never Learn.

Photo: Gabriel Tremblay

Si Utopia casse le rythme à mon humble avis, son autre nouveauté So sad So Sexy est définitivement plus entraînante.

«Are you ready to be sad and sexy?» «This the song for you»

Ses déhanchements et mouvements de bassin sont une expérience en soi, surtout derrière des visuels aussi sombres qu’éclatants.  Avec son sex-appeal débordant, elle termine avec l’immense succès I follow Rivers scandé par la foule. Il y a fort à parier qu’elle en a charmé plus d’un(e). (Gabriel Tremblay)

 

Travis Scott

Bien que tous connaissent bien Travis Scott et qu’il jouisse d’une popularité assez imposante, étant le nom-titre de cette première journée Osheaga, je dois dire que j’ai été assez déçue de ce qui a été ma première image de cet artiste. Non seulement est-il arrivé une heure en retard pour son spectacle, mais également s’est-il avéré un peu prétentieux sur scène, arrêtant souvent la musique sur scène et ne livrant qu’une courte performance.

Photo: Tim Snow

Peut-être aussi mon expérience a t-elle été biaisée par le fait que le public était assez désagréable, ayant du me retirer plus loin car il était difficile d’écouter le spectacle sans distractions. Cependant, je dois dire que Travis Scott livrait ses chansons avec force et énergie, ce qui embarquait le public dans un fort esprit festif. Chaque titre joué était chanté à tue-tête par le public, qui regardait le rappeur danser de tous côtés sur scène.

Si j’ai encore de la misère à savoir ce que je pense de cette prestation, je dois dire qu’il s’agit d’un moment assez unique que j’ai vécu, entourée des milliers de fans de Travis Scott. (Marilou Boutet)

 

James Blake

Je l’attendais, il est venu, il nous a convaincus. Le Londonien de 30 ans, aussi mélodieux que déphasé, a terminé en beauté cette soirée devant une honnête assistance à la scène Verte. Outre ses problèmes techniques et difficultés à s’entendre, les mouches ont aussi tenté de nuire à la prestation. En riant, Blake fait référence à la peste en demandait de tourner les projecteurs vers son guitariste.

Photo: Gabriel Tremblay

Musicalement, l’anglais a misé sur plusieurs «vieux» morceaux comme le particulièrement touchant Overgrown. Il enchaine avec Limit to your love avant de tenter de nouvelles expériences. Son avant dernière parution, Don’t miss it est tellement bien reçu du public malgré la nouveauté.

«It was the first time we played this one live, thank you so much.»

À main levée, qui d’entre vous avait prédit une reprise de Joni Mitchell? Très peu, j’imagine. On se sent privilégié après ce genre de claque dans le visage, surtout qu’Osheaga est un de ses seuls arrêts de l’été. (Gabriel Tremblay)

Suivez nos aventures demain! même heure, même poste.