Voici finalement notre résumé de la troisième et dernière journée de la Noce. J’en profite juste avant pour souligner l’excellent travail de l’organisation. Il y a plusieurs éléments qui ont contribué aux succès du festival. Certes, la programmation était béton. Il n’y a pas un mot à dire là-dessus, surtout quand en plus tu t’offres Karkwa pour clore ta dernière soirée. Ils nous ont offert une belle mixité d’artistes déjà bien établis et d’autres plus émergents. Les différents sites, soit la zone portuaire, la Pulperie, la marina et les différents bars à proximité, y sont aussi pour quelque chose. Les scènes sur les deux principaux sites, soit la zone portuaire et la Pulperie de Chicoutimi, étaient près l’une de l’autre, offrant ainsi aux festivaliers l’opportunité d’assister à tous les spectacles en alternance sans avoir à parcourir une grande distance et rater le début d’une prestation. En plus de ça, il était possible de se régaler sur place avec la présence de foodtrucks ou kiosques de différents restaurateurs. Il y avait même une bécane à café! La taille des sites était également agréable parce qu’il était possible aux groupes de se séparer pour pouvoir ensuite se retrouver sans trop de difficulté.
Ça, ce sont les côtés pratiques. Ceux présents à La Noce cette fin de semaine seront d’accord avec moi que les paysages autour des deux emplacements principaux étaient à couper le souffle. Bref, on peut affirmer haut et fort que le Saguenay−Lac-Saint-Jean a maintenant son festival de musique, à l’instar de Charlevoix et le Festif!, par exemple.

Bon, allons-y pour les artistes du samedi!

Fred Fortin Solo

Crédit photo: Charline Clavier

Le père Fortin, comme s’amuse à l’appeler Olivier Langevin, était en prestation sur la petite scène de la zone portuaire à 14 h 10. Il faisait gros soleil, les gens étaient vraiment nombreux à l’attendre. Serge Brideau, des Hôtesses d’Hilaire, est venu l’introduire en tant que l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes québécois, et les applaudissements chaleureux de la foule traduisaient l’approbation des spectateurs réunis. Fred nous a offert des chansons issus des ses différents albums, voyageant d’Ultramarr jusqu’à Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron. On le sentait vraiment content d’être là. Il m’a encore une fois jeté par terre par son savoir-faire. Si jamais vous en doutiez, le voir jouer Dollorama en formule solo vous convaincra. En plus de s’accompagner avec une caisse-claire, bass drum, hi-hat, et tambourine, il se permet des « passes de drum » pour pimenter ses chansons. Bref, si jamais vous avez l’occasion de le voir seul sur scène, allez-y!

Klaus 

Crédit photo : Charline Clavier

Klaus, c’est le projet de François Lafontaine (claviériste de Galaxie et Karkwa), Samuel Joly (batteur ayant joué aux côtés d’une multitude d’artistes dont Fred Fortin, pour ne citer que celui-là) et Joe Grass (chanteur/guitariste). Ils étaient accompagné d’un quatrième musicien qui lui jouait de la basse. Je vous conseille d’aller écouter Can’t Turn Back sur leur page Bandcamp pour vous donner un bref aperçu de ce qu’ils font, parce que par écrit, j’utiliserais rock-électro pour décrire leur style, mais ce n’est pas assez précis à mon goût. Le chant, qui est assuré par les trois principaux musiciens, accompagné par les prouesses musicales de Lafontaine aux claviers (je dis aux claviers parce que ses installations sont assez impressionnantes), nous offraient une expérience vraiment recherchée et soignée. Ça sonnait vraiment bien. J’ai vraiment aimé ce qu’ils font. Juste avant de terminer le spectacle, Lafontaine a lancé : «C’est notre quatrième spectacle, puis on est content en criss d’être là! » Au final, tout ce qui leur manque, c’est un album. Souhaitons que nous ne l’attendrons pas trop longtemps!

Laura Sauvage

Vivianne Roy, mieux connue pour être la guitariste des Hay Babies, était en prestation à 16 h 30 avec son projet solo Laura Sauvage. L’artiste originaire du Nouveau-Brunswick jouait entres autres aux côtés de Dany Placard à la basse et Jonathan Bigras (batteur pour Dany Placard et percussionniste de Galaxie). Lors de sa présentation juste avant le spectacle, Serge Brideau a tenu à faire une « leçon de rock » aux festivaliers en nous expliquant que ce n’est pas juste les gars qui font du rock, « les madames aussi ». Ceux qui avaient besoin d’être convaincus l’ont sûrement été lorsqu’elle a terminé son spectacle. Elle manie extrêmement bien la guitare, et sa performance vocale était impeccable. Difficile de résister à son charme quand elle parle et qu’elle mélange français et anglais. Vers la fin de sa prestation, lors de Monkeys in Space, elle a en profité pour déposer la guitare et nous montrer qu’elle savait comment rocker un scène même sans instrument. Définitivement un de mes coups de coeur du festival.

Crédit photo: Charline Clavier

Galaxie

Crédit photo: Charline Clavier

Galaxie, qui nous a habitués à de vraies leçons de rock, a encore une fois livré la marchandise et mis le party dans la place pour préparer les gens à Karkwa. Langevin, accoutré d’un costume ressemblant à une robe ecclésiastique, s’est pointé sur scène avec sa bande : Karine Pion (arborant pour sa part un costume plutôt futuriste) au chant et accessoires, Pierre Fortin à la batterie, Fred Fortin à la basse, le coloré Jonathan Bigras aux percussions et François Lafontaine aux claviers (qui lui, revenait pour une deuxième prestation dans la même journée). Ils ont débuté avec deux chansons tirées de leur dernier album Super Lynx Deluxe avant d’enchaîner sur des titres provenant de Zulu et Tigre et Diesel. Tout ce à quoi Galaxie nous a habitués par le passé y était : sons extrêmement pesants des claviers, solos de guitare, riffs de basse distordus à souhait, percussions et tambours toujours présents. On a même eu droit aux space dancers (comme nommés par Langevin), venus se trémousser sur les rythmes du groupe. Fidèle à lui-même, à moitié accroupi devant son micro, chantant en levant les mains au ciel comme un pasteur, Olivier Langevin aura mené d’une main de maître son groupe pour faire danser la foule et nous préparer à Karkwa.

Karkwa

Ça y était enfin. La foule ne s’était pas dissipée devant la grande scène de la zone portuaire même si Galaxie avait terminé son spectacle depuis déjà une heure. C’est à 21 h 30 que Philippe Brach s’est pointé sur scène, accompagné de Serge Brideau, pour nous dire d’en profiter, « parce qu’on les a juste pour nous! ». Louis-Jean Cormier et ses collègues musiciens sont entrés sur scène sous une pluie d’applaudissements et de cris d’une foule plus qu’endiablée. Karkwa a enchaîné les succès issus de leurs différents albums, le tout agrémenté d’interventions du chanteur entre les chansons. Décidément touché de l’accueil réservé par la foule, il a admis avoir « le goût de brailler ». Même si les gars jouaient les chansons comme s’ils ne s’étaient jamais quitté, on sentait une légère nervosité, qui fut d’ailleurs avouée par Louis-Jean : «  Il y a des mots qui sont loin… Merci à la première rangée de me souffler les paroles. »

Crédit photo: Charline Clavier

C’était incroyable comme spectacle. Les chansons semblaient un peu plus intenses que sur les albums, et c’était excellent. Lafontaine a fait rire la foule lorsque, entre deux couplets, le reste du groupe lui a laissé le temps de retrouver les notes exactes de sa partition pour La Façade. À noter que Louis-Jean a également eu besoin de Google sur un cellulaire pour se souvenir des paroles de La Marche. Il s’est exclamé : «Je vis comme un rêve et un cauchemar en même temps! » Ces deux anecdotes qui auraient pu être négatives pour n’importe quel autre groupe de musique n’a fait qu’ajouter à la magie déjà bien présente. Extrêmement généreux, les gars sont revenus sur scène pour un deuxième rappel, et l’ensemble des bénévoles et artistes présents en coulisses les ont rejoints pour danser en leur compagnie. Retour assurément réussi pour Karkwa, qui espérons-le, leur aura donné l’envie de revenir ensemble.