13 février

17 h – Phoque OFF (Laurence Castera, Mat Vezio et Joseph Edgar) – District Saint-Joseph

Laurence Castera – Photo : Jacques Boivin

Au District St-Joseph, trois artistes, soit Laurence Castera, Mat Vezio et Joseph Edgar, ont foulé les planches pour en mettre plein les oreilles des délégués de Rideau et du Phoque OFF.

Laurence Castera a amorcé la soirée de belle façon. Le chanteur charismatique originaire de la Beauce en a profité pour présenter quatre chansons de son album Le bruit des mots paru il y a un an. Sa voix claire, accompagnée par le trio de musiciens, a montré toute l’étendue de son talent. Par exemple, sur la pièce Les Géants, la guitare de Benoît Fecteau se fond avec la voix de Castera. Sur Vertige, l’auteur-compositeur-interprète en a profité pour faire chanter la foule.

Mat Vezio – Photo : Jacques Boivin

Puis c’était au tour de Mat Vezio. Première fois que je voyais cet artiste et dès les premiers moments du concert son univers unique m’a charmé. Le travail d’Antoine Corriveau et des choristes Sarah Bourdon et Sabrina Halde ont ajouté leur touche. Vezio en a aussi profité pour jouer une nouvelle chanson qui rocke, intitulée Life guard. Sur Adèle, Corriveau et lui improvisent et s’accaparent la scène. Un véritable moment wow sur Les files d’attente, où les voix de Sabrina Halde et de Sarah Bourdon ont été joliment utilisées et superposées.

Joseph Edgar – Photo : Jacques Boivin

Pour finir tout en beauté, le chanteur acadien Joseph Edgar a fait rocker comme il faut le District Saint-Joseph. En formule trio, l’auteur-compositeur-interprète a fait Boule miroir et Jusqu’au bout/Entre les craques. Ces deux nouvelles chansons, dont une primeur dans le cas de Boule miroir, ont permis de montrer le nouveau matériel sur lequel il travaille aux délégués réunis. Voilà notre cas n’a laissé personne indifférent par son texte qui en a fait réfléchir plus d’un.

En somme, les trois auteurs-compositeurs-interprètes ont proposé trois univers différents. Ce qui les unit, c’est leur talent de musiciens, mais aussi de paroliers et le fait qu’ils sont bien entourés sur scène. (Marie-Ève Duchesne)

17 h – Phoque OFF (Orange O’Clock, Laura Babin et Mudie) – Le Pantoum

Orange O’Clock – Photo : Marie-Ève Fortier

Les frères Mickaël et Raphaël Fortin unissaient leurs voix et leurs talents de multi-instrumentistes mardi dernier au Pantoum pour nous présenter le pop-rock anglophone fortement teinté de soul de leur projet musical : Orange O’clock. Dans un univers musical où le synthétiseur a la belle part, il était intéressant d’entendre, mis à l’avant-plan, le timbre classique du piano ou de la guitare acoustique. La prestation énergique des deux jeunes hommes – nu-pieds, mais en chemise – avait de quoi faire taper du pied les spectateurs les plus timides.

Laura Babin nous a ensuite fait glisser vers un rock aux contours psychédéliques qui embrassait les contours vaporeux et aériens de ses mélodies. Cela s’apparente assez bien à l’air doux mais assuré de l’auteure-compositrice-interprète à la voix suave et agile. Elle a terminé sa prestation avec un titre en français, Dans les yeux.

Mudie – Photo : Marie-Ève Fortier

En terminant, le Montréalais Mudie (Hugo, de son prénom) a terminé la soirée avec son punk-rock alternatif lourd et assumé auquel se mêlait quelquefois la brillance planante du synthétiseur. Mettant les trois guitares et la voix fuzzée d’Hugo Mudie à l’avant-plan, les pièces nous plongeaient dans un univers adolescent composé de Doritos, de basket et de rébellion. (Marie-Ève Fortier)

17 h – Phoque OFF (Mathieu Bérubé, Sam Harvey et Vaero) – Maelstrom Saint-Roch

Mathieu Bérubé. Photo : Nicolas Padovani

Dans le charmant Maelström se sont succédé trois artistes que l’on a pu voir lors de différents concours-vitrines tels que Ma Première Place des Arts, les Francouvertes ou encore au Festival international de la chanson de Granby, pour ne nommer que ceux-là.

C’est Mathieu Bérubé qui a débuté la vitrine en version solo, seul à la guitare acoustique. Ce que l’on remarque de ce jeune artiste, c’est son habileté à jouer avec la langue, avec les mots. De belles métaphores composent ses textes très imagés. La dernière pièce qu’il a sorti le 5 février dernier, L’Âge d’or, a été réalisée par Antoine Corriveau en collaboration avec plusieurs autres artistes dont Mélanie Venditti, qui a joué avec lui lors de sa participation aux Francouvertes en 2015. Une belle (re)découverte pour ma part.

Sam Harvey. Photo : Nicolas Padovani

A suivi l’un des finalistes de 2015 à Ma Première Place des Arts, Sam Harvey, qui a récemment lancé son premier album Tirer des leçons. Cette fois, nous avons eu droit à un full band qui a fait grimper l’énergie du public qui remplissait l’établissement. Le jeune homme nous offre du folk coloré qui emprunte parfois des rythmes funk, soul et même hip-hop. Je me surprends à y entendre des similitudes avec Les Colocs à quelques reprises, ce qui est loin de me déplaire. Malgré la prestation de courte durée (environ 5 chansons) on a une belle idée de l’éventail du registre de Sam Harvey.

Vaero. Photo : Nicolas Padovani

La dernière prestation du 5 à 7 a été assurée par Vaero (Véronique Poulin), jeune Fransaskoise qui s’accompagne au violon aussi bien qu’au piano. Beaucoup plus dans l’émotion, cette prestation douce et sentie de la jeune femme a su donner des frissons aux gens présents. La sensibilité de son interprétation de plus que ses textes servent bien le folk mélancolique qu’elle propose. Encore une fois une artiste à découvrir, qui se mariait à merveille avec le contexte du spectacle. (Caroline Filion)

21 h – Rideau (Dan San, Chances, Geoffroy et Elephant Stone) – Impérial Bell

Dan San. Photo : Nicolas Padovani

Pour ma première visite à l’Impérial Bell de Québec, j’ai eu la chance de faire de belles découvertes.

La glace a été brisée par le groupe Belge Dan San, qui a sorti son deuxième album Shelter il y a de ça quelque temps. Le groupe nous sert de l’excellent indie-folk qui nous permet de planer lentement. J’ai remarqué (pour la deuxième fois de la soirée) qu’on avait de plus en plus tendance à utiliser un violon comme une guitare. Ça donne une sonorité intéressante et puis ça surprend à tout coup. L’une des dernières pièces a été interprétée au bas de la scène, où, pour une rare fois dans la soirée, les gens étaient très attentifs à la qualité de la prestation à laquelle nous avions droit.

Chances. Photo : Nicolas Padovani

C’est Chances qui s’est installé pour la deuxième partie du spectacle. Le trio fait de la musique indie-pop aux influences électro qui joue beaucoup avec les harmonies vocales. La mise en scène du groupe est l’une de leur force, alors qu’ils allient chorégraphies et jeux de lumières, mettant en valeur chaque membre du groupe. J’ai beaucoup aimé leur utilisation de l’accordéon, qu’on n’a pas la chance de voir souvent. Ce qui m’a le plus frappé de leur prestation, c’est leurs capacités vocales qui m’a fait momentanément oublié dans quelle langue ils chantaient.

Geoffroy. Photo : Nicolas Padovani

Geoffroy est ensuite apparu dans la pénombre, donnant un peu de fil à retordre à nos photographes (NDLR : On a trouvé ça pas mal moins pire que la dernière fois qu’on l’a vu à l’Impérial). Depuis la dernière fois que je l’ai vu, son spectacle a évolué et l’interprétation des pièces de Coastline n’est pas tout à fait la même. J’étais donc enchantée de redécouvrir son répertoire de chansons qui me font encore autant bouger.

Elephant Stone. Photo : Nicolas Padovani

Finalement, la conclusion était assurée par le groupe indie-folk psychédélique Elephant Stone, qui dégage une aura de mystère. Rishi Dhir, le chanteur et joueur de sitar, joue pieds nus. Lorsqu’il agrippe son sitar, il s’assoit sur une plateforme surélevée et semble tomber en transe. Cela amène la musique du groupe complètement ailleurs. C’est vraiment surprenant! Leur indie-folk-rock emprunte des airs de musique traditionnelle indienne pendant l’espace de quelques minutes. Une belle surprise pour moi qui ne s’attendait pas du tout à voir quelque chose de semblable durant cette soirée.

Comme le spectacle était gratuit, j’avais toutefois l’impression que la musique était présente comme accessoire au contexte social de l’événement. Bien que la qualité des prestations ainsi que leur originalité était indéniable, j’ai plusieurs fois eu l’impression d’un bourdonnement incessant qui enterrait presque la musique. Une légère déception à ce niveau pour moi. (Caroline Filion)

23 h – Phoque OFF (Fuudge, Lubik et Les Trimpes) – District Saint-Joseph

Fuudge. Photo : Nicolas Padovani

Fuudge : La formation stoner/psyché de Montréal est toujours incroyable à voir. Le son est lourd, les synthés sont plus présents qu’avant et on a eu un excellent nouveau morceau annonçant un album à paraître cette année, peut-être, on ne sait pas, mais on aimerait bien.

Lubik : Une sorte de rap/rock à la Rage Against The Machine venant directement de l’Abitibi, le chanteur n’a pas perdu une seule seconde pour animer le public, une énergie fabuleuse tant dans la prestation que dans la musique.

Lubik. Photo : Nicolas Padovani

Les Trimpes : Ça commençait à s’entasser sur la scène pour le dernier groupe de la soirée. Les cinq rockeurs ont eu la difficile tâche d’animer le District passé une heure du matin. En imitant assez bien AC/DC et avec un harmonica sous la main, c’était facile. (Nicolas Padovani)

23 h – Phoque OFF (Beat Sexü, Radiant Baby et Bad Dylan) – Le Pantoum

Beat Sexü – Photo : Jacques Boivin

On a eu une petite frousse au Pantoum. Les délégués de Rideau tardaient à venir (retardés à l’Impérial). On a quand même décidé de commencer le show relativement à l’heure, par respect pour tous ceux qui avaient acheté leur laissez-passer.

La conséquence? Pour Beat Sexü, on avait la très agréable impression d’être dans un petit vendredi pantoumien entre amis venus danser sur les rythmes endiablés du groupe. On finit par s’habituer aux bourdonnements associés aux discussions des acheteurs de spectacles, mais rien n’est plus agréable que d’être entouré de gens venus avoir du fun et danser sans lendemain. Et nos amis sexü, qui avaient délaissé leurs paillettes pour des tons de bleu, ont semblé dynamisés par l’énergie qu’on leur envoyait. Tout sourire, Jean-Étienne Collin-Marcoux semblait particulièrement en forme (quand on fait ce qu’on aime…, dirait-il) et caressait allègrement sa batterie tout en chantant pendant que Martin Teasdale (basse), Jean-Michel Letendre-Veilleux (guitare) et Odile Marmet-Rochefort (claviers, voix) l’accompagnaient en échangeant sourires et déhanchements.

Radiant Baby – Photo : Jacques Boivin

Suivait le Montréalais Radiant Baby et sa pop électro à mi-chemin entre les années 1980 et la dance-pop de Cut/Copy. Les one-man show sont toujours plus difficiles à apprécier, l’artiste devant remplir l’espace scénique tout en s’occupant du reste, et Radiant Baby y parvient assez bien pour tisser des liens avec le public devant lui. De toute façon, dans son cas, l’intérêt réside dans la musique, la qualité des rythmes et des mélodies et la grande envie de danser qui nous prend en l’écoutant.

Bad Dylan – Photo : Jacques Boivin

J’ai dû quitter au beau milieu de la prestation de Bad Dylan, transport en commun oblige. Ici, c’est à un gros métissage totalement réussi qu’on a droit. Le rock, le dance, les rythmes world, tout y passe et c’est bien ainsi. Ça dansait autour de votre humble serviteur et T-SPOON, JALOUSE et DR. FILL semblaient y prendre un malin plaisir. Les chansons de Pogogo, encore tout frais, sont diablement accrocheuses. Évidemment, Anatole a attendu que je sois dans l’escalier pour joindre le groupe et chanter Fièvre (allez écouter ce petit bijou, c’est de la magie). (Jacques Boivin)

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