Critique : Future Islands – « Singles »

Pour les autres, qui avez assisté à l’évolution du groupe, vous savez que ce Singles, paru chez 4AD, marque un jalon important pour ce groupe qui semble vouloir sortir de l’anonymat sans nécessairement devenir célèbre. Les synthés sont mis au service de la mélodie (plutôt que l’inverse), le bassiste William Cashion fait sortir le Peter Hook en lui comme jamais auparavant et on a même fait appel à un vrai batteur! Ce qui fascine le plus chez Future Islands, c’est son chanteur, Sam Herring. Je ne parlerai pas de son look (on s’en contresaintciboirise tu rien qu’un peu), ni de son physique un peu ingrat, mais on peut s’attarder autant que vous le voulez sur son attitude et sa voix. Oh, la voix de Herring. Voyez-vous, notre ami Sam chante avec ses tripes et sa gorge, ce qui lui donne un mordant et une authenticité incroyables. On sent ce mordant dans les refrains et il rend émouvantes des paroles qui seraient un peu nunuches à première vue. Il peut se permettre de jouer les chanteurs soul sur quelques chansons comme Doves (merde qu’il serait bon en duo avec Fitz!). Puis si l’envie de beugler hardcore lui prend, il va le faire, comme ce cri primal, plein de douleur et de frustration, qu’il pousse rapidement sur Fall From Grace avant de reprendre une voix douce, puis de revenir, presque en larmes, souffrir au micro. Si Future Islands marche si bien, c’est à cause de cette authenticité apportée par Herring, qui chante joue ses paroles avec une rare émotion dans le domaine de la pop. Je reviens constamment à l’album depuis quelques jours simplement pour découvrir de nouvelles nuances dans cette voix totalement unique et pour voir à quel point l’union est forte entre les mélodies du groupe et la voix du chanteur.

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Future Islands – « Singles » (4AD) 9/10

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