Pour la deuxième journée du Festival d’été, on a évité de se promener partout. Parce qu’on ne pouvait manquer la légende Neil Young, ni l’excellent Bonobo. Parce qu’il était impossible de voir Passenger dans un Impérial Bell envahi par la moitié de la ville. Compte rendu :

Rebecca Noelle

Rebecca Noelle – Photo : Jacques Boivin

Preuve que je n’écoute pas la télé, je ne connaissais pas la pétillante Rebecca Noelle, pourtant finaliste à l’émission La Voix. La jeune femme, entourée d’un band prêt à te jouer ça funky et soul à fond (cuivres en prime), n’a peut-être pas un vaste répertoire (elle a quand même deux albums), mais elle a une présence scénique indéniable, un regard envoûtant et une voix ô combien puissante. Quand on est habitué d’entendre toutes ces petites voix qui composent notre paysage pop, un peu de punch, ça fait du bien. (Jacques Boivin)

 

Lukas Nelson & Promise of the Real

Lukas Nelson urlencodedmlaplussign Promise of the Real – Photo : Jacques Boivin

Pour ceux qui ne le savent pas, Lukas Nelson est le fils de Willie Nelson, légende du country. Fiston et son groupe Promise of the Real, pour leur part, ont un son beaucoup plus rock, un son qui convient parfaitement à la soirée. Faut dire que les membres du groupe accompagneront également Neil Young un peu plus tard…

Tel un Jean-Étienne Collin-Marcoux qui joue deux sets en trois heures, Nelson, qui aurait pu prendre ça un peu plus mollo pour se garder de l’énergie, a mis la pédale au plancher, prolongeant ses chansons, qui deviennent des petits jams teintés de blues. On se serait cru, l’espace d’un instant, à Bonnaroo, capitale du rock sudiste. Pour terminer, nous sommes remontés au nord avec une reprise d’une chanson de… Paul Simon. Une reprise fidèle, autant dans la lettre que dans l’esprit. (Jacques Boivin)

 

Geoffroy

Geoffroy. Photo : Nicolas Padovani

Révélation indie-rock depuis plus de trois ans déjà, Geoffroy ou Geoffroy Sauvé pour les intimes avait le mandat de réchauffer les planches de la scène Loto-Québec. Ouvrir pour Bonobo, Geoffroy en rêvait et il nous le mentionne à plusieurs reprises. Avec tout le succès de son Album Coastline, ce n’est pas étonnant de voir autant de fans envahir le par de la Francophonie à une heure aussi hâtive. Festif, Geoffroy multiplie les interventions «franglaises» à travers ses morceaux marquants du spectacle. Sleeping on my own est d’ailleurs une des plus percutante et poignante de sa prestation.

Malgré la perte de sonore inévitable de cette scène extérieure, la voix éthérée du montréalais se diffuse plutôt bien Prochainement en studio, c’est l’occasion pour eux de tester du nouveau matériel. Après tout, Geoffroy annonce déjà qu’il sera à l’impérial Bell l’an prochain. En attendant, je vous recommande d’écouter son dernier extrait Wanderer. (Gabriel Tremblay)

 

Kurt Vile & The Violators

Kurt Vile & The Violators – Photo : Jacques Boivin

Kurt Vile avait la tâche, parfois ingrate, d’ouvrir pour l’oncle Neil devant des Plaines imposantes. Sa musique est efficace, mais au niveau de la prestance, on aura vu certains artistes méconnus d’un large public offrir une performance beaucoup plus mémorable. (Father John Misty avant les Black Keys en est un exemple relativement récent) Quelques morceaux un peu plus entraînants comme la savoureuse Pretty Pimpin ont su capter l’attention des spectateurs. (Julien Baby-Cormier)

 

Bonobo

Bonobo. Photo : Nicolas Padovani

Mondialement populaire, le compositeur britannique Simon Green alias Bonobo n’a définitivement plus besoin de présentation. Devant une foule composée principalement de milléniaux, les ambiances électroniques tantôt sauvages, tantôt tropicales transcendent les années. L’impressionnante discographie du DJ est apparu dans ma vie il y a près de 8 ans (déjà) avec l’opus Black Sands. Ce n’est pas la peine de vous mentionner les frissons qui me traversent lors de l’interprétation de Kiara.

En cette fin de soirée plutôt froide, la chanteuse londonienne Szjerdene comble la fraîcheur avec sa voix chaude. Cependant, on ne pourrait passer sous silence les quelques problèmes sonores. Sur quelques morceaux de l’album The North Borders comme First Fires, les basses trop fortes enterre énormément la voix de l’Anglaise. Néanmoins, quel plaisir ce fût d’entendre ses productions tellement riches en textures sonores. (Gabriel Tremblay)

 

Neil Young

Neil Young – Photo : Jacques Boivin

Incroyable quand même que ce monument de la musique, canadien de surcroit, n’ait jamais foulé les planches d’une scène à Québec pendant sa longue carrière. Si certains s’attendaient peut-être à un spectacle somme toute tranquille, Young n’avait qu’une seule idée en tête et c’était de mettre le feu aux poudres. En guise d’introduction, il nous a interprété Like a Inca, une pièce plus obscure de son répertoire qu’il a jammé plus de 15 minutes avec son groupe Promise of the Real, les mêmes qui assuraient la première partie. Il a ensuite servi un trio de bombes avec la brutale Fuckin Up, la majestueuse Cortez the Killer et l’immense succès Rockin’ in a Free World. Si le tempo a ralenti quelque peu, le bonhomme avait l’air heureux d’être sur place et il fut appuyé par un compétent groupe de musiciens. Neil Young semblait piger les pièces de son répertoire à mesure, avertissant ses comparses selon son humeur. Plus tard, Hey Hey, My, My et la ballade acoustique Harvest Moon en rappel ont reçu une attention glorieuse du public.

Globalement, c’était une solide chance de voir un monument de la musique se produire pour une rare fois. Le volume du vocal n’était pas toujours au niveau. À cet égard la performance de Kurt Vile était mieux sonorisée et plus forte. Parfois, les jams s’éternisaient un peu (on pense notamment à Down By the River) et je suis convaincu que la foule aurait été réceptive à quelques morceaux supplémentaires issus de la colonne acoustique de son immense liste qu’on pouvait apercevoir sur scène. (Julien Baby-Cormier)