Pendant que FONO et Envol et Macadam battaient leur plein sur le campus universitaire et en ville, je suis allée voir un show sans aucune attente et j’en suis sortie hypnotisée. Retour sur mon passage au Pantoum pour le spectacle éclectique instrumental de Colin Stetson et Brìghde Chaimbeul.
En première partie, Sarah Pagé est venue présenter son projet duo de musique électroacoustique avec l’une de ses anciennes élèves, Coralie Gauthier. Ces deux harpistes montréalaises, aux techniques instrumentales uniques, projetaient avec leurs polyphonies une ambiance contemplative sur le rez-de-chaussée silencieux du Pantoum. La harpe était utilisée à son plein potentiel, tant comme percussion qu’instrument harmonique. Un ruban frotté sur les cordes produisait de longues notes qui gardaient le public en haleine. Celui-ci n’avait qu’à fermer les yeux et à se laisser flotter dans leur univers sonore envoûtant. Oscillant entre tension et douceur, leur style était parfait pour mettre la table à ce qui poursuivrait dans la soirée.
Contrairement à la première heure de la soirée, la deuxième prit un tournant plus rythmé. Dès la première pièce, j’ai été percutée par l’unicité du spectacle qui se donnait devant moi. Je m’étais d’ailleurs rapprochée de la scène pour pouvoir mieux observer les instrumentistes en action. Avec sa horde de saxophones,Colin Stetson est venu présenter, accompagné de Brìghde Chaimbeul, leur nouveau projet embrassant musique atmosphérique et folklore celtique. La technique de respiration circulaire développée par le saxophoniste canadien lui permet de jouer en continu, créant ainsi un flot musical ininterrompu, sur lequel pouvait ensuite s’amuser la joueuse de Scottish smallpipes. La première pièce s’inscrivait dans la même exploration douce de la première partie. Une voix mystique sur enregistrement accompagnait les deux instrumentistes, pendant que des images de reflets sur l’eau étaient projetées sur un drap blanc. Tout le long de la soirée, Stetson prit parfois le rôle de soliste, mais souvent aussi de percussionniste comme de bassiste. Ses notes graves au saxophone basse nous enrobaient pour sa part, Brìghde Chaimbeul restait toujours dans un jeu hypnotique en fond sonore, sans toutefois délaisser totalement la place du premier plan. L’ambiance immersive de l’agencement entre leur musique et les effets visuels traduisaient l’univers de ces deux artistes internationaux.









