La grande finale du Cabaret Festif, qui avait lieu le 21 mars dernier à Baie-Saint-Paul, avait des airs de grande première. En effet, pour cette soirée qui ne fait que des gagnant.es depuis une quinzaine d’années, on a eu droit à quatre projets menés par des femmes (du jamais vu), preuve que quand on leur donne la chance de briller, celles-ci ne déçoivent pas. Une finale où trois artistes sur quatre ont chanté au moins un petit bout en espagnol. Et surtout, quatre artistes et groupes incroyables, aux propositions aussi différentes que complémentaires, toutes bien ancrées dans notre époque.
Un tour de force que les jurés des trois soirées de qualifications ne pouvaient pas préméditer malgré cette cohésion.

Première artiste à s’exécuter, l i l a n’a pas déçu. La jeune femme de Québec, que vous connaissez déjà très bien si vous nous lisez depuis longtemps, a vraiment peaufiné sa proposition, et elle s’est super bien entourée pour l’occasion avec Kerry Samuels, Joey Proteau, William Lévesque et Gabriel Arseneau. Ses nouvelles pièces toutes fraîches avaient un côté lumineux qu’on ne trouvait pas chez l i l a auparavant, une légèreté qui vient équilibrer son côté mélancolique. Une petite touche du Sud des USA pas désagréable du tout. J’ai même entendu quelqu’un comparer l’artiste à Mazzy Star, et sérieux, après avoir entendu son plus récent simple 14, on n’a pas le choix d’être d’accord. D’ailleurs, allez écouter ça, c’est du bonbon pour les oreilles, et le premier album qui va sortir ce printemps va clairement mériter le détour! Même si elle n’a pas remporté les grands prix, l i l a ne repart pas les mains vides, car elle a reçu plusieurs prix, notamment ceux de La Shoebox / La Shed, du Zaricot, du Pantoum et de l’Ampli de Québec.

C’est Thalia Rosaura qui a suivi avec sa pop vitaminée et lumineuse. La Montréalaise, qui a autant de racines ici qu’en Colombie, a fait sortir le soleil dans cette salle pleine de gens à l’écoute. Ici, les rythmes latins sont mis de l’avant, et la personnalité pétillante de Thalia sort du lot. Fallait se retenir pour ne pas se lever de sa chaise et danser sa vie. À ne pas manquer si vous avez besoin de vitamine D. Le Festival en chanson de Petite-Vallée a d’ailleurs été plus que charmé par la jeune artiste, qui a reçu une invitation à aller jouer dans ce magnifique coin de la Gaspésie.

Parlant de la Gaspésie, Thalia était suivie de Luan Larobina. L’artiste originaire de Gaspé a tout simplement offert une prestation sans faute, toute en nuances. C’est pas compliqué, le temps s’est arrêté pendant la prestation de Luan et de ses ami.es (dont Cédrik St-Onge et Sandrine Masse). Une folk-pop qui prend parfois quelques couleurs latines (qui viennent de son père originaire d’Argentine), une voix douce et posée qui respire la bienveillance, un trip de gang autour d’un seul micro pendant la moitié du set, je l’avoue, j’ai pleuré, et je ne suis pas le seul puisque le jury a lui aussi été convaincu par cette artiste qui va définitivement faire parler d’elle (on va maintenant surveiller son parcours aux Francouvertes très attentivement). Luan repart donc avec le prix du jury (une belle bourse en argent de 12 000 $, une prestation au Festif, 2 000 $ en location d’équipement chez Solotech et plus encore) et de nombreux autres prix offerts par des partenaires, notamment St-Roch XP et le Vieux Bureau de poste. Sérieux, surveillez-la, celle-là, elle va aller loin.

Et la soirée s’est terminée par la formation qui allait devenir le chouchou du public de Baie-Saint-Paul, Thee Soreheads. Si les trois premières prestations de la soirée étaient empreintes de douceur, même quand il y avait beaucoup de soleil, celle du quatuor montréalais se voulait une claque sur la gueule accompagnée d’un bon coup de pied au derrière. Résolument punk dans le sens le plus traditionnel du terme, la formation menée par la chanteuse Maria Jimenez a joué vite et fort, tout en passant quelques messages bien sentis aux jambons qui comprennent toujours pas que No Means No. Sérieux, ça faisait mal, mais en même temps, ça faisait du bien.

Et on est heureux de vous annoncer que Thee Soreheads a remporté le prix du public, ce qui veut dire, entre autres, une bourse de 5 000 $, une prestation au Bistro des Balcons au Festif (oh que ça va brasser), un forfait promo-prestation-entrevue à CKRL et… un beau forfait de la part de votre bloguscule préféré. On va donc avoir le plaisir d’aller shooter le band en prestation quelque part, par exemple au Festival OFF de Québec (qui leur a remis son prix), au Phoque OFF ou wherever le groupe veut nous voir! Le groupe sera aussi mis en vedette pendant un mois dans nos pages. Ben hâte de voir ce que cette collaboration va donner, c’est la première fois qu’on fait ça et on pense qu’on a le meilleur band pour le faire!
Vous l’aurez donc compris, c’était une soirée grandiose qu’on a passée à Baie-Saint-Paul. Remplie de moments inoubliables (et d’autres un peu plus flous à l’after mené par un Mike Clay particulièrement en forme aux platines du Bistro des Balcons et qui avait aussi quelques bons mots pour le Cabaret au tout début de la soirée). Et ce petit concours sans prétention, qui est devenu un incontournable de la scène québécoise en quinze belles éditions, a une fois de plus réussi à nous montrer que la relève musicale d’ici est prête à prendre le devant de la scène. Et que les femmes y ont une place de choix.
Pas pour rien que le Cabaret Festif est mon événement musical préféré et que plusieurs artistes qui y sont passés clament qu’il a complètement changé leurs vies!













