Marie Céleste

Tout ce qui brille

(
Bravo Musique
)
le
18 mars 2026

Le groupe s’appelle Marie Céleste. Leur premier EP s’intitulait « Feux de joie ». Leurs spectacles sont plus souvent qu’autrement un beau moment, lumineux à souhait, même sous la pluie. On ne s’étonnera donc pas que leur premier album complet sorti vendredi dernier ait été baptisé « Tout ce qui brille ».

Léger, mais complexe, doux, mais enjoué, cet album fort généreux autant en quantité (13 morceaux, presque 40 minutes) qu’en variété (si vous pensiez que la formation originaire d’Alma se contente de faire du cosplay d’Harmonium, vous allez être pas mal surpris) ne lésine surtout pas sur la qualité, autant du côté des mélodies (accrocheuses) que sur le plan des arrangements (riches et soignés) et des textes (bien ficelés).

Ça commence fort avec Ciao bye bonsoir!, une toune où le quintette s’éclate en nous annonçant qu’on ira toutte en enfer anyway. Malgré le vide qui entoure le butinage d’une fleur à l’autre. On comprend vite que même les thèmes les plus lourds seront traités avec une certaine légèreté, comme on le remarque sur Combien de temps? avec ses airs de samba sortis tout droit des Douze travaux d’Astérix. La seule différence, c’est que sur l’île du plaisir de Marie Céleste, Obélix pourrait avoir tous les sangliers qu’il désire.

Y’a quand même des moments plus touchants, comme 2 goélands, une pièce qui ne fera pas mentir les personnes qui comparent Marie Céleste à Karkwa (surtout avec la couche de synthés d’un certain François Lafontaine). Ces moments doux sont quand même souvent suivis par d’autres, beaucoup plus rock. Le doublé Cam et Lo constitue un des moments les plus explosifs de l’album, Simon Duchesne, Philippe Plourde, Guillaume Sliger et Zachary et Olivier Tremblay (ce dernier signe les arrangements incroyables qu’on peut entendre tout au long de l’album) lâchent leur fou, même si Lo est beaucoup plus nuancée avec ses couches de synthés, ses choeurs et sa finale un brin planante.

Quand on passe d’À la longue à La lumière, on a l’impression de passer à l’heure d’été : la première, douce et mélancolique, termine bien la première moitié de l’album, tandis que la deuxième, probablement la plus « Harmonium » de tout le répertoire de Marie Céleste, brille de mille feux avec son refrain fédérateur et son instrumentation d’une grande richesse. Et surtout, à son texte qui donne le goût de se réunir, de partager la lumière, parce qu’elle « se transfère ».

Oublier encore, qui traite d’Alzheimer (une maladie qui me fait badtripper un brin), est poignante, surtout qu’elle est interprétée avec une urgence par un Philippe qui a l’air de freaker autant que moi. Et derrière lui, y’a une ligne mélodique un brin frénétique qui ajoute à cette urgence. Vraiment un moment fort de l’album (quoique jusqu’à maintenant, y’a que ça).

Derrière sa mélodie lumineuse, la pièce titre nous rappelle que tout ce qui brille n’est pas nécessairement de l’or. Une façon imagée de nous dire que les petits jeunes gagnent en maturité, qu’ils commencent à comprendre que ça ne sert à rien de courir après tout ce qui bouge ou pas. Et ça se poursuit sur Cast Your Fate, au cours de laquelle les « tout ce qui brille n’est pas de l’or » se superposent aux « tomber se relever » chantés avec bienveillance par Simon.

Et c’est comme ça, sans transition, qu’on passe à la dernière pièce, Et si toi aussi… Après avoir passé l’album entre l’ombre et la lumière, voilà Simon qui nous rappelle qu’il y a toujours de la lumière au bout du tunnel. Une finale à la fois douce et grandiose qui résume si bien la demi-heure qu’on vient de passer avec les p’tits gars.

Vous l’aurez compris, « Tout ce qui brille » est un album qui fait du bien, même quand ça fait un peu mal. La mi-vingtaine, c’est un peu ça… l’exubérance, les excès de l’adolescence sont encore là, mais tranquillement pas vite, il y a cette tranquille assurance qu’on gagne en vieillissant, cette maturité qui permet de cesser de voir chaque obstacle comme une catastrophe et de le voir tout simplement comme une épreuve au bout de laquelle on sera bien récompensé si on a consenti les efforts nécessaires.

Et côté efforts, le quintette n’a pas lésiné. Les treize pièces sont riches sur les plans des mélodies, des arrangements et des textes bien mûris.

Alors qu’on a l’impression que tout va mal en ce bas monde, on peut se servir de « Tout ce qui brille » comme un phare pour nous guider à travers les embûches et arriver à bon port. Parce que tant qu’on aura la musique, ça va ben aller.

À voir en personne le 26 mars prochain au Grizzly Fuzz.

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