Alors qu’un vortex polaire s’abat sur le Québec en ce 24 janvier, on se dirige vers le « Pentombed » pour une bonne dose de criage à l’ancienne. La dernière fois que j’ai vu Sedimentum,c’était d’ailleurs à ce même Pantoum dans le cadre du Festival OFF. Du côté d’Anéantix, j’ai vu quelques fois la formation en 2025. Le troisième band de la soirée, Badass Commander, vient tout juste de sortir un album, mais sinon c’était une découverte pour moi. À ma grande surprise, le Pantoum est déjà bien rempli à mon arrivée, pas que je m’attendais à ce qu’il n’y ait pas une grosse foule, mais les gens étaient particulièrement ponctuels en ce soir de grand froid. S’il faisait chaud à l’intérieur, cependant, ce n’est certainement pas en raison des couleurs ensoleillées portées par le public, disons que les t-shirts noirs avec des écritures en branches d’arbres étaient légion.
Anéantix

C’est donc Anéantix qui s’exécute en premier, le groupe death-crust est arrivé tel un coup de chaleur dans cette soirée frisquette à coup de blast beats et de riffs méchants. Formé de Gabrielle Noël-Bégin (guitare), Nate’s Musthrash (batterie et hurlements), Simon Ratpad (guitare) et Maxime Bernier Tremblay (basse) le quatuor est apparu en 2024 avec la sortie d’un démo de quatre pièces. Regroupant quatre vétéran·es des scènes métal et punk, on sent bien les différentes influences et ça fonctionne à merveille pour un résultat brutalement efficace. Il faut croire que ça plait, c’est quand même le troisième spectacle que je vois du groupe à Québec en six mois, tous trois particulièrement excellents d’ailleurs. Petite surprise alors que la voisine est venue interrompre le show. En fait, Rox Arcand avait rédigé un beau petit texte drôle et touchant pour souhaiter un bon anniversaire à Gabrielle, son ancienne comparse de Machinegun Suzie et amie de longue date. Un très beau moment avant que le groupe performe sa dernière chanson.
Badass Commander

Suivait ensuite Badass Commander, le seul groupe sur cette affiche qui m’était inconnu. C’est un peu normal, la formation n’avait pas joué à Québec en cinq ans. Ce « retour » était pour une méchante belle occasion alors que c’était le lancement de l’album « Intense Combat Experiment ». Le quatuor est composé de Sébastien Dallaire (basse), Steve Poirier (voix), Christian Labrecque (batterie) et Jack Moose (guitare) et offre un death métal old school. On reconnait bien les codes du style mais c’est bien fait et ça frappe fort en show. Une musique visiblement appréciée par le public sur place qui se fait un plaisir de se pousser joyeusement sous les cris et les gros riffs. On a également vu Maxime Bernier Tremblay, le bassiste du groupe précédent, venir pousser quelques notes dans le micro lors d’une courte apparition. Bref, une prestation qui respecte ses promesses de death métal à l’ancienne, un excellent pont entre les deux autres formations à l’affiche.
Sedimentum

Pour conclure cette soirée féroce, c’est le groupe death métal morose Sedimentum qui vient nous présenter ses compositions intenses. Une formation de Québec qui jouit d’une grande visibilité sur le vieux-continent mais qui ne joue pas si souvent que ça dans sa province d’origine, c’était donc une grande occasion de voir le quatuor sur la rue St-Vallier. Il faut dire que les quatre membres sont assez occupés avec leurs autres projets, on a Mathieu Lépine (batterie et voix) qui joue également dans Albatros, Alexis Élément Plamondon (guitare et voix) qui de son côté vient tout juste de lancer un EP avec Funelore, Alexandre Landry (basse et faces spectaculaires) qui lui aussi joue dans Albatros et puis Alexis Goulet-Bouchard (guitare) que j’ai d’abord connu aux côtés du chanteur de charme Gab Paquet en plus d’être maintenant dans Adieu Narcisse. Tout ça pour dire qu’il faut bien en profiter lorsque Sedimentum est en ville, et le public a vraiment répondu à l’appel en remplissant la salle aux frontières de St-Roch et St-Sauveur. Le deuxième groupe sur trois où c’est le batteur qui s’occupe des cris principaux, c’est quand même digne de mention, j’avoue être toujours impressionné par les drummeurs-hurleurs! Il est facile de voir pourquoi la formation est aussi populaire, ça brasse pas à peu près et c’est vraiment excellent en show.
Je dois avouer que, parmi les différents sous-genres du métal, le death métal est l’un de ceux que j’écoute le moins, mais ce spectacle m’a en quelque sorte réconcilié avec ce style. Alors que j’adorais des groupes comme Cannibal Corpse quand j’étais encore à l’école j’ai fini par délaisser le death pour des trucs qui tournent davantage autour du hardcore et des breakdowns. Cependant, j’ai tout aimé de cette froide soirée de janvier au Pantoum, une bonne dose de blast beats qui fait du bien à l’âme.
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