Julien Sagot au STUDIOTELUS : « Gros love! »

Jullien Sagot – Photo : Jacques Boivin

Pas besoin de vous dire qu’après avoir entendu « Sagot » le printemps dernier, on avait ben ben hâte d’entendre comment Julien Sagot et sa bande allaient défendre cette « musique souvent sombre, qu’on pourrait écouter sous un éclairage tamisé, installé.e sur l’agenouilloir en attente du prochain coup de cravache ».

On a eu notre réponse le 22 octobre dernier au STUDIOTELUS du Grand Théâtre : Sagot en spectacle, c’est la pluie de coups de cravache qu’on attendait avec impatience, qui fait mal, mais qui libère des tonnes d’endorphines. Le minimalisme de l’album fait place à un torrent sonore, un maelström musical qui place les spectateurs dans tous leurs états. Que ce soit au parterre ou à la mezzanine (où les médias et l’équipe du Grand Théâtre étaient perchés), les gens hochaient joyeusement la tête à chaque mesure en guise d’approbation.

Dès son arrivée sur scène, Sagot nous avertit : il n’est pas là pour jaser, il est venu faire de la musique et nous donner du « gros love » (ce sont les deux seuls mots qu’il va se permettre entre les chansons, mais il va les utiliser à profusion). Et c’est exactement ce qu’il nous balance au visage pendant un peu plus d’une heure. Avec des guitares beaucoup plus présentes, un saxophone qui prend énormément d’espace, une section rythmique vachement organique (y’a des peaux qui se faisaient attendrir là) et des claviers un peu plus discrets derrière ce mur électrique, mais tout de même vachement efficace. Et cette voix de Sagot, mi-chantée, mi-parlée, qui nous envoûte solide.

Les pièces plus douces comme Sexe au zeppelin ou Cendre et descendre ont un peu plus de mordant, mais ce sont les moments plus intenses comme Morte alitée, Toc toc et Vérité détournée qui nous ont le plus impressionnés. À plusieurs moments, ça sentait le jam et l’expérimentation, mais en même temps, c’était dur à croire tellement ces moments semblaient rodés au quart de tour. C’est assez incroyable, le nombre de fois où on s’est regardés la bouche ouverte en haut, et pourtant, on était entourés de monde qui avait vu pleuvoir.

On aurait bien pris un rappel en guise d’aftercare. Autant de « gros love », ça magane quand même un peu, et on aurait voulu laisser respirer cette grosse marque au fer rouge sur nos coeurs avant de repartir à la maison. Mais bon, quand c’est le seul point moins positif que tu notes dans toute ta soirée, c’est parce que celle-ci a été vachement réussie.

S’il (re)passe dans votre coin, n’hésitez pas à aller voir Sagot. C’est de la fuckin’ bombe. Rien de moins.

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