Bernard Adamus (+ zouz) – Impérial Bell, 24 octobre 2019

Bernard Adamus – Photo : Jacques Boivin

C’est dans une salle quasi comble que Bernard Adamus a entamé ce premier spectacle d’une série de deux à Québec. Au son des premiers accords de Chipotle, deux constats  émergent : Québec s’était ennuyé d’Adamus et celui-ci était dans une forme splendide. Dès la seconde pièce Le Ciel, le véritable trip de gang s’est enclenché. C’est que l’homme qui venait nous présenter les pièces de son p’tit dernier (Ce qui nous reste du Texas) était vraiment bien entouré : En plus de ses musiciens habituels, un trio de choristes venait pimenter les pièces pour le plaisir de nos oreilles. Tout ce beau monde s’est rapidement mis à naviguer à travers la grandissante discographie du Montréalais. Les nouvelles chansons avaient déjà la faveur de la foule qui ne s’est pas fait prier pour chanter Boudin Libre, Hidalgo ou autre Fuck you mon amour; et avouons-le ce ne sont pas tous les artistes qui peuvent se targuer d’avoir une aussi bonne réaction face à la nouveauté. Un néophyte n’aurait pu départager les pièces récentes des bons vieux classiques! Parlant de classiques, Adamus et ses musiciens ne se sont pas contentés de balancer les anciens sur le pilote automatique. Pratiquement toutes les chansons comportaient de nouveaux arrangements.  Nous avons ainsi eu droit à une version presque reggae d’En Voiture pis pas d’char, alors que son Blues à GG était pas mal plus groovy et Le problème sonnait comme une ballade inquiétante! C’était à la fois divertissant et réussi.

Bernard Adamus – Photo : Jacques Boivin

D’ailleurs, au moment de l’entracte, tout ce beau monde avait déjà enfilé plus d’une douzaine de chansons et c’était loin d’être terminé! La deuxième partie du concert a débuté tranquillement avec Le bleu pis le vert et l’adorée 2176. Ça nous a permis de profiter du côté relax du chanteur, mais aussi (malheureusement) des nombreuses discussions des gens qui se cri**** du spectacle auquel ils sont en train d’assister. Adamus a même suggéré à un certain moment, non sans son détachement habituel, de s’imaginer dans un show de Patrick Watson! Qu’à cela ne tienne, le show s’est poursuivi avec un déluge de classiques tels que Rue Ontario, Donne moi-z-en et La question à 100$. Immense coup de cœur pour la très jazz L’erreur, dans une interprétation pleine d’âme de la part des musiciens, qui démontrent une fois de plus l’étendue de leur talent. C’était une excellent idée aussi de confier les instruments aux choristes qui ont accompagné Bernard au violon et à la contrebasse sur Fulton Road.

La fatigue a eu raison de moi avant la fin du gargantuesque spectacle, mais la liste de chansons photographiées par mon collègue démontre que j’en ai manqué une autre bonne  « batch » à la fin! Le rappel prévu Entre ici pis chez nous suivi du Scotch goûte le vent devait être somptueux! C’est donc un retour revigoré et franchement réussi que nous avait concocté Adamus et c’était sans aucun doute, un des ses plus audacieux spectacle.

zouz – Photo : Jacques Boivin

En première partie, Bernard a invité Zouz à venir écorcher les tympans des spectateurs! Ce “power” trio surprend par la variété de ses compositions, les mélodies accrocheuses et la complexité des pièces. Ils ont proposé avec assurance la plupart des chansons issues de leurs deux premiers EP. Ce n’est certe pas de la musique pour qui aimerait le côté très folk d’Adamus, mais quiconque s’intéresse au rock devrait porter attention à ce groupe surprenant. Dans tout ce fracas, j’ai eu un immense coup de coeur pour la puissante Hubert, soutenue par une accrocheuse ligne de “slide guitar” et l’excellente Saint-Fortunat, l’une des plus “accessibles” si on peut utiliser un tel mot pour décrire la musique complexe du trio. Ils ont aussi présenté une excellente nouveauté instrumentale qui pourrait trouver sa place sur un futur premier album. Et qui sait? Peut-être que celui-ci pourra détrôner Éric Lapointe dans la catégorie de l’album rock de l’année au prochain gala de l’ADISQ. Parce que disons-le, Zouz fait très bonne figure dans les potentiels sauveurs du rock au Québec!

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