Bernard Adamus
C’qui nous reste du Texas
(Grosse Boîte)

On avait bien hâte d’entendre du nouveau matériel de Bernard Adamus. Après la sortie de son troisième opus, Sorel, Soviet, So What?, le grand auteur-compositeur-interprète du centre de Montréal a eu un gros coup de pompe. Il a dû annuler sa tournée, se retirer dans ses terres et prendre du repos. Beaucoup de repos.

Quand on l’a revu, plusieurs mois plus tard, affable et souriant, sur la scène d’Envol et Macadam, on s’est dit que ce break lui a fait le plus grand bien. Et on avait bien hâte d’entendre l’Adamus reposé.

Le voilà sur C’qui nous reste du Texas, un quatrième album inspiré d’un long road-trip au sud de la frontière. Si vous connaissez le grand Bernard depuis Brun, dès les premières notes de Chipotle, vous allez vous sentir dans vos vieilles pantoufles.

Parce que Bernard n’est pas trop sorti de sa zone de confort. Le folk et le bluegrass sont toujours les deux ingrédients de base de ses chansons, même si le jazz y prend de plus en plus de place, comme on peut l’entendre subtilement sur des chansons comme Carnivores, adorablement roots.

Ça n’a pas empêché Adamus de se lancer dans des aventures un peu plus rock and roll, comme Entre les lignes le démontre assez bien. Cette chanson enlevante aux airs un brin yéyé va sûrement être un hit dans le moshpit (yep, y’a encore un moshpit dans les shows d’Adamus, même s’il s’est beaucoup assagi).

Mais dans l’ensemble, c’est le bon vieux Adamus des trois premiers albums qu’on retrouve ici : folk verbeux chanté dans un français populaire du Centre-Sud, banjo, cuivres chauds, contrebasse… Ce bon vieux son se peaufine d’un album à l’autre… dommage pour ceux qui auraient peut-être aimé un peu plus d’audace, mais les fans de la première heure, eux, vont être ben contents de retrouver leur chanteur préféré.

Là où Adamus brille, c’est dans ses textes, auxquels il a apporté un soin très particulier. Ça a beau être chanté dans un français qui ferait sourciller les membres de l’Académie, les mots du quotidien qu’utilise Adamus pour exprimer toute sa gamme d’émotions ont rarement sonné aussi bien. C’est pas encore Gainsbourg, ni Prévert (qu’il namedroppe dans L’erreur), mais c’est pas ce qu’on lui demande.

Tout ce qu’on veut, c’est qu’il soit à son meilleur. Et sur C’qui nous reste du Texas, Bernard Adamus est au sommet de sa forme.

Dommage que ça ait pris de gros nuages noirs…

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