Le Festival d’été de Québec présentait hier la programmation de sa prochaine édition qui aura lieu du 4 au 14 juillet prochains. On était là, avec plein de journalistes culturels qu’on voit jamais dans les petites salles de la ville (mais bon, ça en prend aussi, du monde, dans les grosses salles), question de voir de nos propres yeux ce que l’équipe de Louis Bellavance nous a préparé.

Ça a été difficile, cette année, surtout que le FEQ a pris le pari de ne pas nous présenter la même maudite affiche que tous les autres festivals de la planète (ça risque d’être une autre paire de manches avec les artistes québécois, mais ça, c’est normal et prévisible). Un pari bien relevé, même si on beaucoup recouru au gros rock (qui plaît aux gens de Québec) pour compléter le casse-tête, et malgré la quasi-absence des femmes en tête d’affiche (j’vous jure, il y a eu de gros efforts de ce côté – on écrira un édito là-dessus, mais pour le moment, disons simplement que tout n’est pas noir, ni blanc).

Plutôt que de se dépêcher à copier-coller le communiqué de presse pour sortir notre article en même temps que tout le monde, Gabriel Tremblay et Jacques Boivin ont pris le temps de digérer l’énorme programmation et de vous présenter quelques projets intéressants. Gabriel s’occupera des grandes scènes et Jacques, de la scène Fibe et des shows en salles (cette année, ça se passe à l’Impérial Bell).

 

Les grosses scènes

(Gabriel Tremblay)

Les Louanges – Photo : Charline Clavier

 

N’allez pas penser qu’en décortiquant les scènes massives, vous ne me verrez pas aux intimes! Loin de là. Si la soirée d’ouverture sur les Plaines n’est toujours pas dévoilée, l’option qu’offre le Pigeonnier envolé vers la place George-V est plus qu’attirante. Un Vincent Roberge louangé partout où il passe, le retour de Lou Doillon et une première à Québec pour Nick Murphy anciennement Chet Faker. Cette offre électro-pop-soul-cuivrée n’est pas votre tasse de thé? L’alternative latine du carré d’Youville a de quoi faire saliver (déhancher) les adeptes du genre. Le tandem mexicain « cordé-serré » Rodrigo y Gabriela terminera la soirée initiale en beauté.

Le lendemain, difficile de résister à l’envie de se garocher devant la scène Bell. Surtout que la pop électrifiée, lichée et accrocheuse de CHVRCHES précèdera le raccourci de clavier anglais (ALT-J ou ) préféré des amateurs de folktronica. Tu n’aimes pas les années post « An Awesome Wave » du groupe originaire de Leeds? Pas de problème. En plus des gagnants des prix FEQ, notre bien-aimé Benoit Pinette (Tire le coyote pour les non-intimes) sera à la Place d’You. Entre temps, vous risquez de me croiser, larmes aux yeux devant Hawthorne Heights et leur hymne emo qu’est « Ohio for Lovers ».

Elliot Maginot – Photo : Marion Desjardins

 

Transportons-nous gentiment au dimanche 7 juillet tout en soulignant au passage le monument southern-rock qu’est Lynyrd Skynyrd (6 juillet). Donnons aussi un peu d’amour à The Brooks, solution locale au son soul-rock groovy de la scène Hydro-Québec. Mon coup de cœur dominical du 7 juillet est sans contredit Elliot Maginot.

Son néo-folk pétillant s’agencera à merveille devant U.S. Girls et Cœur De Pirate à la Scène Loto-Québec. Disons-le, Béatrice Martin pourrait remplir les Plaines, tant mieux pour nous/vous.

Oreilles sensibles s’abstenir du champ de bataille alors qu’une alarme métal retentit pour le lundi 8 juillet. Mine de rien, une sacrée soirée de capoté est à prévoir pour les amateurs de metal/core. Light the Torch (feu Devil you Know), Killswitch Engage et Slipknot en donneront pour leur screening aux amateurs du genre.

Ben Caplan – Photo : Jacques Boivin

 

Le lendemain (9 juillet), pendant que Jacques se prosternera devant ti-cuir et sa carte blanche, j’opterai pour la rue st-jean. Le néo-écossais Ben Caplan et son party klezmer/gipsy théâtral envahiront la scène aux immenses prises de courant décoratives. De plus, la sensation folk torontoise d’origine finlandaise Afie Jurvanen alias Bahamas est de retour au FEQ après un premier passage en 2013.

En plein dans notre niche, le mercredi 10 juillet sera probablement la soirée de prédilection à ecoutedonc.ca. Un plateau double Salomé Leclerc et Philippe Brach à la scène Hydro-Québec, qui dit mieux? Les nostalgiques amateurs de blues pourrait répondre avec Buddy Guy à la Place George-V.

Salomé Leclerc – Photo : Charline Clavier

 

Braves seront les amateurs de Daniel Caesar, révélation R&B-pop de la ville reine. De la bravoure car les Plaines seront définitivement pleines… à craquer pour Mariah Carey. Du côté de St-Jean, King Abid joue à domicile et débute une soirée chaudement colorée en compagnie de Jah9 et Systema Solar. Du savoureux reggae dancehall et de la cumbia plus que festive au programme pour le 11 juillet.

Les soirées africaines sont de véritables traditions à la scène extérieure du Carré D’Youville. Que dire de la présence d’une sommité mondiale en Salif Keita le 12 juillet prochain. Mali, Bénin et Sénégal seront à l’honneur.

Koriass – Photo : Jacques Boivin

Le dernier samedi, une impressionnante délégation hip-hop prend d’assaut la terre de George-V. Nouvelle scène, nouvelle formule et même des nouveaux projets. À compter de 15h (Oui oui) Biliwald (Maestronautes) ouvre le feu alors que le lyriciste gatinois D-Track lui succèdera à l’heure de l’apéro. Le président de la république du Bas-Canada suivra avec sa campagne solo. Ogden/Robert Nelson/Bobby Nel a plus d’un tour dans ses cheveux (Pis Jacques Plante est débile!). Habitué des territoires hostiles, Sans Pression renait de ses cendres pour la énième fois. Vedette montante d’une scène rap en plein essor, Naya Ali multipliera ses verses au crachoir vers 19 heures. Parrain et père du rap jeu, Koriass et Loud terminent respectivement cette parade haute en multi-syllabiques explosives.

En clôture, un détour à la scène Loto-Québec est fortement recommandé, ne serait-ce que pour le charme acadien de notre Joseph Edgar préféré. Après tout, on a pas de chouchoux!

 

La scène Fibe et les shows en salle

(Jacques Boivin)

 

Scène Fibe

Si elle n’a pas la capacité de ses grandes soeurs, la scène Fibe est devenue en quelques années à peine une scène incontournable du festival, que ce soit comme destination, comme point de rencontre, comme halte-bouffe ou comme lieu pour bien se réchauffer avant d’aller faire le gros party sur les Plaines.

Radio Elvis – Photo : Nicolas Padovani

 

C’est l’endroit idéal pour découvrir un band d’ici ou d’ailleurs en mangeant une poutine « de rue » ou en prenant sa première petite frette de la soirée. Et si plusieurs noms ne seront pas inconnus des lecteurs d’ecoutedonc.ca (on pense notamment à Pomme, qu’on a découverte dès sa première visite à Québec, à Hanorah, qui vient à peine de nous charmer à son lancement de EP, à Choses sauvages et son rock groovy, au folk ben tranquille de The Johans, au rap gentil de Kirouac et Kodakludo, au rock sympathique de Kinkead ou à la pop n’ roll de Simon Kearney, au rap féministe et coloré de Donzelle, ou bien à la chanson pop d’Ariane Roy), il y a plusieurs belles découvertes à faire, qu’elles viennent de Québec ou de l’autre bout du monde.

Simon Kearney – Photo : Charline Clavier

 

Par exemple, les Français de Radio Elvis devraient plaire un max aux fans de Choses sauvages, le Belge Témé Tan et son one-man show est à voir, la folk-pop aérienne de Flora Cash est à découvrir, la pop électro décomplexée de Braids va en toucher plus d’un droit au coeur, la Française Joe Bel propose une folk-pop qui s’inscrit fort bien dans le courant indie-folk des dernières années. Vous êtes un peu plus rock? Le duo canadien Cleopatrick devrait plaire à plusieurs amateurs de blues rock teinté de stoner. Le jeune guitariste prodige Taz Niederaurer va arriver avec son rock teinté de soul.

On va danser avec Annie Sama (à écouter si vous aimez Grimes et Milk and Bone, mais avec un peu plus de punch), et les rappeurs L.Teez et Haviah Mighty constituent de belles mises en bouche en attendant Donzelle.

Le plus beau dans tout ça, c’est que vous n’avez même pas besoin de laissez-passer. Avec la scène de Place d’Youville, y’a moyen de se monter un magnifique parcours!

 

Impérial Bell

S’il fallait noter les scènes pour la qualité de la programmation qui y sont présentées, la salle de la rue Saint-Joseph mériterait sûrement la palme d’or. On y aura rarement vu une programmation aussi équilibrée, les premières parties sont des matchs parfaits avec les têtes d’affiche, et y’en a vraiment, alors là vraiment pour tous les goûts. Bien sûr, quelques soirées sont plus exceptionnelles que d’autres, et celle du 5 juillet, avec le Néo-Zélandais Connan Mockasin (si t’aimes les tounes plus mollo des Louanges, tu vas l’aimer) et les magnifiques Mercury Rev, qui étaient pas mal en avance sur tout le monde à la fin des années 1990 (leur musique n’a pas pris une ride). Une soirée aérienne, planante, avec en prime un brin de groove pour commencer ça.

Mercury Rev – Photo : Marion Desjardins

 

Autre match parfait que celui d’Anemone et Courtney Barnett le 7 juillet! Les premiers avec leur pop rêveuse tout droit sortie des années 1960, la deuxième est un incontournable pour tous les fans des War on Drugs et autres Kurt Vile. La Barnett est moins planante que les deux premiers, mais elle a des riffs qui tuent et une attitude de chilleuse qui ne déplairait pas à certains rockeurs lorettains.

Emilie Kahn – Photo : Frédérique Blais-Pouliot

 

Le 8 juillet, deux magnifiques projets très féminins : Emilie Kahn et First Aid Kit, puis le 9, place au néo-classique de Jean-Michel Blais (qui sera précédé de Mélissa Laveaux). Arrivez tôt ce soir-là, on pense que la soirée va se dérouler en mode cabaret! Le rap sera à l’honneur le 11 avec Obia Le Chef et Souldia, puis retour à une soirée toute féminine avec Laurence-Anne (qui nous a présenté un des meilleurs albums de 2019) et Safia Nolin le 12. Une autre soirée où il faudra arriver tôt.

Qui aurait dit que Rox Arcand et Enfants Sauvages ouvriraient un jour pour Voivod en plein Festival d’été? Si vous allez au Knock-Out ces jours-ci, ne vous surprenez pas si la rockeuse plane, pis c’est pas juste parce qu’elle va pouvoir chiller backstage avec ses idoles le 13. Une soirée intense, sous le signe du gros punk pis du gros metal. Apportez vos bouchons ET votre imperméable. Il va pleuvoir (de la bière) à l’intérieur de l’Impérial.

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

 

Enfin, le 14 mon bel Antoine (Corriveau), incapable de nous sacrer patience (ses mots, pas les miens), sera de retour à Québec en première partie de Luc DeLarochellière qui, de son côté, célèbrera les 30 ans d’Amère America en nous jouant l’intégrale. On va sûrement avoir le Chinatown Blues.

Notons également la présence de Woodwolf, April Wine, Boundaries, Between the Buried and Me, Antoine Lachance et Roxanne Bruneau

 

Les Martyrs de Marde. Photo : Nicolas Padovani

À L’Anti, on va plutôt mettre l’accent sur la scène locale. Même s’il y a beaucoup de punk et de metal dans la programmation (c’est un peu moins notre bag, mais promis juré, on va finir par aller vous voir, les chevelus), on y découvre de nombreuses perles, comme les légendaires B.A.R.F le 5 juillet (ou les fabuleux dérangeants Les Martyrs de Marde, le même soir, mais à 18 heures). Il va y avoir du rap le 6 juillet (allez voir Nayka à 18 h, y’a un petit quelque chose de rafraîchissant dans leur vision) et de l’indie le 8 (dont Julien Déry, le guitariste de Mauves qui ne s’appelle pas Alexandre Martel).

 

Klaus – Photo : Jacques Boivin

Le District Saint-Joseph aura de la concurrence cette année du côté des fins de soirée, on vous en reparle un peu plus bas. C’est peut-être pour cette raison que la programmation du District nous semble un peu plus légère, cette année, mais ce ne sera pas une raison pour manquer les virtuoses de Klaus (François Lafontaine, Joe Grass et Samuel Joly) et leur rock auquel j’ai du mal à coller des étiquettes tellement c’est éclaté.

On attend la programmation du D’Auteuil, qui fait ça tranquillement, de son côté. On souhaite juste que nos amis de unïdsounds leur donneront un gros coup de main!

Il va aussi y avoir des afters sur au Manège militaire qui devient le QG du Festival (les bureaux y seront situés, mais aussi une magnifique terrasse à laquelle vous aurez accès dès 17 heures… et qui communique avec les deux scènes!). La programmation de ces fins de soirées sera annoncée sous peu.

Ajoutez à cela les PopUp, les arts de la rue et toutes les autres activités et ça nous fait un festival chargé, à la programmation éclectique, où tout le monde y trouvera (au moins un peu) son compte.

Les laissez-passer sont en vente dès midi au https://feq.ca

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