Chroniques d’Austin – no. 5, décembre

Illustration : Madeleine Aubin

Sample Sessions no. 1, 16 décembre 2018

Ma dernière expérience musicale de 2018 en sol texan se fit à la toute première édition des Sample Sessions, une série de concerts maison organisés par Sophie Molinari et Spencer Garland. Le concept est à la fois simple et rafraîchissant: une panoplie d’artistes est invitée à présenter deux ou trois chansons chacun, le tout en formule acoustique.

Se succédèrent donc sur scène 10 auteurs-compositeurs-interprètes, guitare à la main, devant un public métissé de visages connus et bienveillants. Rien de mieux pour appeler à l’ouverture, ce à quoi les artistes ont souvent répondu en présentant de nouvelles compositions, des maquettes ou encore des reprises de chansons qui leur tenaient à coeur. Entre les blocs de trois ou quatre artistes, on discutait (et pendant, sincèrement, j’entendais les chiens respirer), on se gavait de nourriture ou l’on se réchauffait dehors auprès d’un bon petit feu.

Parmi les prestations marquantes, on retient notamment celles de Jenny Carson et d’Evan Joyce, qui se présentent habituellement en duo sous le nom de Warm Sugar. Lui jouait remarquablement de la guitare, juxtaposant rythme et mélodie, et elle avait une façon de chanter qui, avec émotion et précision, savait raconter des histoires qui allaient bien au-delà des mots. Ensemble, ils ont chanté une pièce folk qui débordait de complicité et d’intimité. Décidément, Warm Sugar sera dans ma liste d’artistes à surveiller.

Cette liste comptera aussi Berkshire Hounds, un groupe renaissant de ses cendres et qui rassemble les chanteurs de PR Newman et des Magic Rockers of Texas. En effet, ayant recommencé depuis peu à composer ensemble, Spencer Garland et Jim Campo ont profité des Samples Sessions pour officialiser leur collaboration, au plus grand plaisir de leurs fans et amis. Et il y a de quoi, car si le premier a un talent avéré pour les mélodies et qu’il sait faire apparaître dans ses oeuvres l’étincelle de l’originalité, le second sait se faire aussi incisif que débridé.

Au final, et ce grâce à la collaboration de tous, cette dernière soirée de décembre a laissé dans mes oreilles le souvenir du chaleureux bruit des cordes frappées, pincées, frottées et caressées par les différents artistes se distinguant jusque dans leur façon de s’accorder. Elle aura déposé dans mon âme les larmes et les rires dont parlaient à coeur ouvert toutes ces voix, comme on fait une confidence.

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