Le 3 août prochain, le parc Jean-Drapeau se transformera en véritable camp de vacances pour mélomanes. Que tu sois féru musicalement d’électro-pop européenne, amateur de trap nord-américain, inconditionnel d’indie-folk international ou fervent de talents locaux, tu y trouveras un artiste qui comblera tes oreilles. Si tu coches « aucune de ses réponses » aux quatre choix énumérés, tu peux toujours te convertir en mode découverte et profiter pleinement de l’expérience. Je te propose quelques incontournables et une découverte (re-découverte) locale pour chacune des journées de festivités. Après tout, je peux pas vous chaperonner sur toute la ligne, il y a tellement de gros noms! Alerte aux déceptions, les choix déchirants seront nombreux.

Vendredi 3 août

Que vous connaissez James Blake un peu, beaucoup ou passionnément, l’anglais vous en donnera pour votre argent. Armé de sa voix chaude et déphasée, ses compositions électro-pop sortent de l’ordinaire. D’ici la date butoir, je vous conseille l’écoute de son album éponyme ainsi qu’Overgrown. L’opération-séduction commencera vers 21h45 à la scène verte.

Si vous avez déjà expérimenté Osheaga auparavant, vous comprenez l’importance d’arriver tôt. Si vous ne le saviez pas, bien je vous le dit. À 14h15, L’Ogen aux cheveux fous qu’on aime beaucoup, Matt Holubowski sera en prestation sur la scène de la montagne. Croyez-moi, il n’a rien d’un imposteur sur scène.

 

Matt Holubowski – Photo : Jacques Boivin

Les connaisseurs comprendront mon jeu de mot poche. Les autres, je vous laisse comprendre tranquillement. La vie est difficile à Osheaga… cocktails, hamacs, expositions d’arts visuels, une multitude d’offres culinaires et j’en passe. Entre deux mojitos, il y aura une double dualité montréalaise plutôt intéressante alors que les duos Chromeo et Essaie Pas jouent à 14h45. Respectivement sur les scènes de la montagne et des arbres, l’électro sera à l’honneur.

Essaie Pas. Photo : Nicolas Padovani

Si les premiers surfent sur une vague de popularité depuis 2002, l’univers d’Essaie Pas est encore méconnu du grand public. Marie Davidson et Pierre Guerinette suggèrent, par leurs sons dance synthétisés, une épopée futuriste assez unique en son genre.

Outre la révélation électro-indie qu’est Odesza ou la fabuleuse musicienne qu’est Annie Clark (St-Vincent), mon «pensez-y bien» de la journée est définitivement Sylvan Esso. La chanteuse Amelia Meath est aussi éclatée que charmante. Complété par les sons électro-pop ultra rafraichissants de Nick Sanborn, vous pourrez les entendre aux alentours de la scène verte dès 16h30. Il y a tellement de noms-clés à décortiquer que je dois simplement mentionner les rares présences en sol québecois de Manchester Orchestra et Cigarettes after Sex.

Samedi 4 août

Plus qu’appréciée, l’invasion britannique continue avec Arctic Monkeys en fin de soirée sur la scène de la rivière. Alex Turner et sa bande ont récemment sorti « Tranquility Base Hotel & Casino », un opus super langoureux où le blues-rock leur va foutrement bien. Ailleurs, les mélomanes nostalgiques seront comblés par la présence de Debbie Harry et son groupe Blondie. Personnellement, je risque de succomber à la tentation du trio hip-hop De La Soul. De véritables icônes du milieu rap underground américain. Ce samedi en est un brise-coeur, rien de moins.

Choisirez-vous La voix gravement délicieuse de Samuel Herring et son groupe Future Islands ou les verses habilement délivrés de LOUD, notre coqueluche d’Ahuntsic? Vous aurez jusqu’à 18h30 pour jeter votre dévolu. Vous m’excuserez de ne pas décrire en long et en large les projets torontois d’Alvvays et Bahamas mais c’est qu’on préfère souligner la présence de Ponctuation, ces grands gars de chez nous.

Ponctuation. Photo : Nicolas Padovani

Mine de rien, on est fier du succès des frères Chiasson et on sait qu’après de récentes apparitions au Festif! et au FEQ, ils vont certainement conquérir de nouveaux fans. Leur classic rock psychédélique débute à 14h30 sur la scène des arbres. Est-ce une volonté de gag forestier avec leur dernière galette Mon herbier du monde entier?

Mis à part Anderson.Paak & The Free Nationals qui sont des incontournables pour tout amateur de rap R&B, je tenais absolument à vous inviter à découvrir un de mes coups de coeur de 2018, Heartstreet. Gab Godon et Emma Beko m’ont complètement charmé au dernier Santa Teresa par leurs qualités de MC mais aussi par leurs chants. À voir dès 16h à la Serre Perrier.

Dimanche 5 août 

Avant de ressentir les blues de fin de festival, on risque de passer un méchant beau dimanche musical. Tash Sultana, retenez ce nom si ce n’est pas déjà fait. La guitariste australienne est bourrée de talent. Sa chanson Jungle est une vraie bombe sur le web et elle fait partie de la trame sonore du jeu vidéo FIFA 18. Amenez votre ballon, on va dribbler ensemble à 17h! Toujours sous le thème de la savane, la formation pop soul londonienne Jungle sera d’office à 18h sur la scène verte. Si vous désirez rester en retrait des grandes scènes, il y a quelques dj sets intrigants au programme comme celui de la Bronze, chanteuse pop que j’affectionne particulièrement. Notons également la prestation aux platines de Shash’U, figure marquante du milieu rap montréalais. En restant dans le jargon urbain, le rappeur de Washington Goldlink a frappé un coup de circuit l’an dernier avec son album At What Cost. Amateurs de rap posé aux influences jazz et soul, votre point de ralliement est à la scène verte pour 16h30.

LaF – Photo: Marion Desjardins

Parlant de rap, le collectif LaF composé de Jah Maaz, Mantisse et Bkay vous suggèrent fortement d’arriver tôt sur le site, moi aussi d’ailleurs. Ils vous feront groover dès 14h à la scène des arbres. Les deux derniers artistes n’ont plus besoin de présentations. Vous pensez à la même chose que moi? Courir de la scène de la montagne après The Nationals pour rejoindre Florence+The Machine à la scène de la rivière?

Ça promet!