Miss Sassoeur & Les Sassys – Photo : Shanti Loiselle

On a un beau cadeau à vous présenter de la part de notre coup de coeur du Cabaret Festif! de la relève de l’année dernière (vous savez, celles qui ont remporté le prix du public et le prix ecoutedonc.ca). La formation Miss Sassoeur & Les Sassys vous présente, en grande première, un tout nouveau clip pour la magnifique chanson Jour off. On vous le présente

Nos spécialistes du gospel de ruelle auraient pu se contenter de nous envoyer un petit lien et un communiqué de presse laconique, mais c’est mal connaître la formation : j’ai plutôt eu le plaisir de passer quelques heures avec elles alors que nous étions tous les six à Baie-Saint-Paul il y a quelques jours. Et on s’est jasé en soupant sur un fond de bro country qui nous a tous fait souffrir. Également.

Miss Sassoeur & Les Sassys – Photo : Jacques Boivin

Sur scène, Miss Sassoeur, Rosa Royce, Féline Dion, Tiny Turner et Sylvain Cassette sont des professionnelles qui, malgré leur douce rébellion, sont tout à fait à leur affaire. Par contre, à l’extérieur, on peut voir que derrière les personnages de scène se cachent « des enfants de quatre ans à la prématernelle », comme le dit Royce. Les rires fusent de partout, une blague n’attend pas l’autre, mais surtout, on peut voir toute la complicité qui unit les membres du quintette.

On commence, bien sûr, en riant et en disant des choses qui ne se retranscrivent pas dans un papier respectable. Mais Royce me prend par surprise : « On va commencer par interroger l’intervieweur. Toi, t’as vu le cinquième membre (Sylvain Cassette – au Cercle…), comment tu l’as trouvé? » Personnellement, je trouve que son apport aux compositions de Miss Sassoeur est comme une petite cuillerée de sirop d’érable dans mes céréales : une touche subtile qui ajoute juste assez d’éléments pour mieux apprécier son déjeuner sans lui faire perdre sa personnalité. On entend d’ailleurs ses bidouillages sur Joia, une chanson aux antipodes de ce qu’on vous présente plus bas.

Si la dernière année s’est déroulée à fond de train pour Miss Sassoeur & Les Sassys depuis sa victoire au Cabaret Festif de la relève 2017 (« On n’a même pas pu entrer au Tony & Charlo après pour célébrer, c’était trop plein! »), elle a aussi été un genre de dos d’âne pour leurs projets à long terme. C’est que la formation s’est promenée un peu partout au Québec pour donner des shows, sans compter tous les petits et grands bouleversements des vies personnelles de chacune.

Miss Sassoeur & Les Sassys – Photo : Jacques Boivin

Parmi les projets à long terme, il y a de nouvelles chansons et des clips, dont Jour off (pas Joue rough ou Girofle). Le clip, tourné entièrement chez Miss Sassoeur (qui a dû transformer son appartement et peindre ses murs… et une partie de son plancher… en rose pâle), a été réalisé par sa soeur (pun definitely intended) Mildred Bois. La direction photo (magnifique), a été confiée à Philippe St-Gelais. Un clip 100 % DIY, purement dans la lettre et l’esprit de la formation, malgré le côté un peu plus sombre de la chanson. On y voit le groupe dans une autre dimension, beaucoup plus introspective. Les plans sont très rapprochés, on y voit surtout les visages et les émotions qui s’y trouvent. Même si le tout est très sombre, ça ne nous empêche pas d’y voir énormément de couleur, comme si le spleen qui accompagne les spliffs pouvait se vivre autrement qu’en tons de gris.

Si le tournage lui-même n’a pris qu’une journée, la préparation (et le ménage qui a suivi) a pris beaucoup plus de temps, surtout que le travail et « les choses de la vie » occupent beaucoup le temps de Miss Sassoeur.

« Quand j’ai fait écouter Jour off aux Sassys, la première fois, elles ont braillé », nous raconte Miss Sassoeur. « J’ai aussi pleuré quand je vous ai fait écouter la maquette. » Cassette : « Pis quand elles l’ont nailée à l’enregistrement, on a pleuré aussi! » On comprendra que c’est une chanson tout à l’opposé de Joia.

Miss Sassoeur poursuit : « Ça parle des affaires un peu down de la vie, mais en même temps, ça reste lumineux au loin, comme une lumière au bout du tunnel. Juste le fait d’en parler, ça fait du bien. Oui, ça parle de fumage de pot, mais on n’est pas dans le  »Yo, je m’en roule un avec mes amis! » L’idée, c’est pas d’encourager ce côté-là, c’est plus le struggle que j’ai entre pas vouloir en fumer, mais quand même trop fumer (NDLR : on connaît le feeling, Miss Sassoeur, on connaît le feeling). La chanson parle de deuil, ce qui tombe à point vu que j’en vis un assez difficile présentement (la mère de Miss Sassoeur est décédée au début de l’année). »

Malgré ces moments difficiles, Miss Sassoeur a pu vivre ce moment en travaillant avec sa soeur Mildred et ses amis, ce qui a facilité le tout. En plus, le timing était parfait pour une pièce plus introspective comme Jour off. Les feuilles ne sont pas encore sorties, mais la lumière au bout du tunnel, on la voit.

La formation en profite pour peaufiner son spectacle et bien intégrer le nouveau membre à la petite famille (si on se fie à ce qu’on a vu, l’intégration se déroule très bien!). En profiter pour faire ressortir encore plus le côté théâtral des prestations de l’ensemble (on l’a dit la dernière fois qu’on en a parlé, il y a un petit côté choeur grec de Harlem chez les Sassys). Quant à l’écriture, la création, le processus est continu, constant. C’est donc bon signe pour les fans de la formation qui pratique son gospel entre les poubelles et les matous de la ruelle.

Bon, assez parlé avec ces êtres humains aussi attachants que vrais en personne, et aussi colorés et forts sur la scène. On vous laisse regarder le clip, qui est magnifique. Et on continue de surveiller cette formation tout à fait originale dans notre paysage musical parfois un peu trop beige.

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