On dit souvent que les journées du milieu du Festival d’été de Québec sont plus tranquilles, question de nous permettre de reprendre notre souffle avant de repartir de plus belle. Pourtant, on se rappellera très longtemps de ce 11 juillet, qui nous a permis d’assister au triomphe d’un p’tit gars d’icitte et de sa bande de chums d’icitte. Pour un blogue qui, comme nous, s’intéresse surtout à ce qui se fait autour de la maison, pas besoin de vous dire que nous étions aux anges.

C’était donc le triomphe d’Hubert Lenoir et de sa bande hier soir à place d’Youville. Non, il n’a pas rempli les Plaines, mais il a plus que rempli un Carré qui débordait de partout! Tout ça en première partie d’une Klô Pelgag sublime! Mais ils n’étaient pas les seuls.

Compte rendu d’une maudite belle soirée :

Bad Dylan – Photo : Jacques Boivin

Bad Dylan

Le match Croatie-Angleterre venait de se terminer et les gens étaient encore sagement assis à l’ombre lorsque Bad Dylan (du moins le tiers du groupe, le reste étant remplacé par deux illustres pantoumiens – Jean-Étienne Collin Marcoux et Jean-Michel Letendre-Veilleux) a pris place. Le trio a bien installé son électro-électrique parfois funky, parfois langoureux, toujours groovy, mais malheureusement, quelques pépins techniques (notamment un ordinateur qui a eu un coup de chaleur) ont joué quelques tours aux gars. Ce n’est pas grave, on a quand même pu apprécier les jolies textures sonores du groupe, malgré l’absence d’Anatole (qui doit être en train de régler des comptes avec Les Martyrs de Marde). On vous avoue toutefois qu’on les préfère à la noirceur, avec des éclairages tamisés, mais ça n’empêche pas d’apprécier la musique… (Jacques Boivin)

 

La famille Ouellette – Photo : Jacques Boivin

La famille Ouellette

«Luc Langevin peut aller se rhabiller!» Spectacle de magie ou de musique? Vous comprendrez le ton des membres de la famille Ouellette. Ils sont 8 au total pour cette réunion familiale au carré d’Youville. Leurs musiques, aussi loufoques que leurs interventions, regorgent de percussions saccadées entremêlées de mélodies électro. Ce n’est pas à tous les soirs qu’on entend une reprise d’Et Cetera en version semi espagnol avec trompette, tambour et choristes. Gabrielle Destroismaisons serait fière… ou découragée. «On est la famille Ouellette, 2 L, 2T.» «Vous ôtes vous êtes qui?» On est venu pimenter notre début de soirée. Santé! (Gabriel Tremblay)

 

Pale Grey – Photo : Jacques Boivin

Pale Grey

Le groupe Pale Grey, de Belgique, est classé dans la musique Indie. Une catégorie éclectique. On peut s’attendre à tout. D’ailleurs, on a eu beaucoup de contrastes et de variété. Sous les derniers rayons de soleil, ils ont entamé leur spectacle avec des pièces plutôt planantes et atmosphériques. Personnellement ça m’a fait penser à The Nits. Les mélodies nous font voyager dans une même pièce avec des montées de tensions à la DJ Champion, quoi que plus douces. Le chanteur possède bien sa voix et on comprend assez bien les paroles. Une belle découverte! (Katia Desgranges)

 

Hubert Lenoir – Photo : Jacques Boivin

Hubert Lenoir

Je pense que vous le savez, on a vraiment flippé sur Darlène, premier album solo d’Hubert Lenoir. Et on a flippé pour les bonnes raisons. Vlà un gars qui n’a pas atteint la mi-vingtaine, qui lance un game-changer, un album qui repousse les limites de la pop québécoise. On le remarque d’ailleurs avec la réaction du grand public, qui adore l’audace ou déteste l’impertinence d’Hubert.

Évidemment, cette audace et cette impertinence se traduisent également sur scène. Ça, vous et moi le savons depuis février déjà, et nous croyions être pas mal les seuls au courant, mais à voir les jeunes massées le long de la rampe qui chantaient par coeur et avec un enthousiasme débordant les paroles de Fille de personne II, on se trompait… d’aplomb. Les mêmes jeunes qui trippaient l’année dernière avec le gentil Émile Bilodeau étaient là en train de tripper sur le nouveau badboy de la scène québécoise! Avec raison! Hubert était en feu. Il était partout sur scène, sur les haut-parleurs, dans la foule à faire du body surfing (à deux reprises, dont une avec Lou-Adriane Cassidy pour célébrer son anniversaire), sur un abribus du RTC… rien n’était à son épreuve! Tout ça en chantant et en bougeant comme s’il n’y avait pas de lendemain. Avec Hubert, pas besoin d’effets spéciaux, il est un feu d’artifice à lui seul!

Hubert Lenoir – Photo : Jacques Boivin

Le mauvais garçon était accompagné de la crème de la crème de la scène musicale de Québec : Alexandre Martel (guitare fougueuse), Cédric Martel (basse fumante), Shampouing (guitare cowboy gothique) PE Beaudoin (batterie pleine d’énergie), Lou-Adriane Cassidy (voix, clavier, percussions et folie), Vincent Gagnon (amoureux d’ébène et d’ivoire) et André Larue (saxophone de choc) étaient tous là pour épauler Lenoir et ses magnifiques chansons, rendues avec le même éclair de génie (mais avec un petit oumpf supplémentaire) que sur l’album. Y’avait de la joie sur scène, mais on ressentait aussi d’autres belles émotions pour cette belle bande qui montre à un vaste public que Québec n’a rien à envier à personne sur le plan musical. De la fierté. De l’amour. Et toutes ces sortes de choses, comme ils disent en Bretonnie.

Hubert a gagné son pari. Il a montré qu’on peut faire preuve d’audace et sortir des sentiers battus et rejoindre Monsieur et Madame tout-le-monde. Maintenant, est-ce qu’on peut arrêter de chercher à savoir s’il suce des queues (on s’en câlisse tout autant que lui) et l’apprécier à sa juste valeur? (Jacques Boivin)

 

Shame – Photo: Marion Desjardins

Shame

Le juvénile quintette londonien Shame ouvrait une soirée sous le signe du bruit à l’Impérial Bell. Dès les premières notes de Dust on trial il était évident que nous passerions un moment hautement énergique. À voir le bassiste Josh Finerty sauter dans tous les sens ou en observer le chanteur Charlie Steen faire ses frénétiques mouvements d’épaules, on ressent rapidement la charge d’énergie supplémentaire des chansons pourtant hautement vitaminées. Le timbre de voix guttural se marie à merveille avec les riffs post-punk puissants offerts par le duo de guitaristes. Ils ont servi essentiellement les pièces de leur premier disque paru en janvier, intitulé Song of praise et s’il y avait seulement une poignée de conquis qui semblait connaître les paroles, on peut être assuré qu’ils ont fait le plein de nouveaux admirateurs hier. (Julien Baby-Cormier)

 

Metz – Photo: Marion Desjardins

Metz

Le trio torontois était passé par le FEQ il y a 3 ans en ouverture des Black Lips. Cette fois, ils étaient de retour en tant que tête d’affiche avec un nouvel album à défendre intitulé Strange Peace. Après quelques chansons, un constat s’impose: le groupe ne donnera aucun répit à la foule. C’est le pied au plancher que Metz nous livre ses puissants brûlots noise-rock. D’ailleurs, dans le spectre de la force de frappe, le batteur Hayden Menzies frôle la démence tant il martèle peaux et cymbales avec vigueur. Le chanteur Alex Edkins livre une performance vocale brutale et sans compromis, ce qui insuffle une quantité supplémentaire d’énergie par rapport aux albums qui sonnent pourtant comme une tonne de briques. Spit You Out a été un moment clé de la soirée en début de spectacle alors que Raw Materials jouée en fin de parcours a démontré que le trio est aussi capable de quelques nuances. Pour le non initié, la recette peut sembler quelque peu répétitive, mais reste que Metz présente un noise-rock bien ficelé et hautement mélodique, ce qui n’est pas toujours le cas des groupes issus de ce mouvement. Encore une fois, le FEQ ose élargir son offre, pour le plus grand bonheur des mélomanes! (Julien Baby-Cormier)

 

Klô Pelgag – Photo : Jacques Boivin

Klô Pelgag

En apicultrice de renommée provinciale, Klo Pelgag débarque sous le bourdonnement des abeilles. Mielleuse comme jamais, Chloé Pelletier-Gagnon me fascine à chaque spectacle. « Condamnée » à cette scène Hydro-Québec, elle réinvente ses prestations à chaque fois. Que ce soit en déclinant sa voix différemment ou en ajoutant plus de guitares. Par exemple, la douceur des Animaux rehaussée par la guitare électrique ou encore Labyrinthe, chantée à l’unisson avec Violett Pi. Message d’intérêt, on veut Violett Pi au FEQ, voilà c’est dit. Fortement recommandé par la principale intéressée, celui-ci l’accompagne pour une interprétation touchante. Elle est disjonctée, énervée, agitée et n’hésitera pas à nous donner des cadeaux, comme ce pied de micro en guise de récompense d’écoute. Les Horns Stars, quintette cuivré accompagne et agrémente le spectacle éclaté. « Merci de faire vivre la musique comme vous le faites, en y assistant » Merci de nous « taxidermiser » Chloé. (Gabriel Tremblay)