Voilà, c’est parti. Le 51e Festival d’été de Québec est en marche. En pleine canicule! On a eu chaud, on a eu soif, et on en a eu plein la vue. Compte rendu d’une première journée remplie d’émotions.

 

l i l a – Photo : Jacques Boivin

l i l a

Lila a ouvert cette 51e édition du FEQ avec un spectacle tout en émotion sous le soleil cuisant de la canicule qui n’a pourtant pas freiné le public. Proposant une formule élargie, Pascal Larose (claviers) et Audrey Paquet-Claeys (batterie) sont venus prêter main forte au solide duo de Marianne Poirier et de Anthony Cayouette, son fidèle guitariste reconnu pour sa recherche sonore.

La voix envoûtante de Marianne, grande comme le fleuve, s’est fait porter par une petite brise très bienvenue qui rendit presque tolérable la chaleur pesante. Les percussions et les claviers ont vraiment permis aux chansons de Marianne d’avoir des nuances plus prononcées et de faire décoller sa musique avec aplomb. Ce spectacle fut certainement une belle découverte pour plusieurs festivaliers passant par là et pour nous qui la connaissions déjà, c’était un très beau moment. (Louis-Solem Pérot)

 

Con Brio – Photo ; Jacques Boivin

Con Brio

Le festival s’est ouvert sous la chaleur accablante. Je tiens à souligner la force physique des musiciens, car la foule, elle, pouvait décider de se soustraire du soleil. On sait que c’est difficile de performer loin du public, mais plusieurs festivaliers ont réussi à se tenir près de la scène. Au sondage du leader, Ziek McCarter, la grosse majorité du public découvrait Con Brio hier soir. Bon, à quoi ça fait penser? À James Brown, à Micheal Jackson pour la voix. Il sait très bien danser et mener une foule. La musique funk rock psychédélique a su emballer tout le monde. (Katia Desgranges)

 

Maude Audet – Photo : Jacques Boivin

Maude Audet

Pendant que le cœur du FEQ cuit sous un soleil tapant, l’envie de sauter dans la fontaine de Tourny devient presque une idée sensée. Heureusement, une partie ombragée couvre le devant de la scène Fibe. Vers 18h30, Maude Audet retourne aux sources par la grande porte musicale, elle qui a grandi dans l’arrondissement Charlesbourg. En formule full band, elle décline plusieurs morceaux de son dernier album, Comme une odeur de Déclin. Sa pop-rock lichée est surplombée par des textes raffinés. Lorsqu’elle chante, on sent une influence ou un héritage de la chanson française.

À travers sa prestation, elle prend, plus souvent qu’autrement, le temps de lancer une mise en contexte à la chanson qui suit. D’une introduction nostalgique sur Vieille Photo à un prélude honorifique à Leonard Cohen pour Leo, on tombe naturellement sous son charme. Douce rockeuse dans l’âme, elle et ses musiciens surprennent la foule décontractée avec une reprise de Smells like Teen Spirit, ce succès incontesté de Nirvana. Personnellement, j’apprécie l’apport mélancolique de ses compositions, soutenues notamment par Anaïs Constantin et son violoncelle mélodieux; cependant, je souhaiterais aussi qu’elle développe son potentiel rock. (Gabriel Tremblay)

 

Altin Gün – Photo : Jacques Boivin

Altin Gün

On m’en parlait comme la plus grande invention depuis le bouton à quatre trous. La formation néerlandaise Altin Gün (qui veut dire « âge d’or ») propose un rock rafraîchissant, un brin psychédélique, toujours kitsch et influencé par la musique turque des années 1970. On se croirait dans les salons enfumés d’Istanbul, les hommes arborant une moustache épaisse, les femmes portant des robes magnifiques. La formation, qui met de l’avant la pétillante chanteuse Merve Dasdemir (une bête de scène qui porte le léopard comme personne), a offert un sans faute qui a plu aux bébéboumeurs présents. Si vous les avez manqués, ils sont sur la scène Fibe à 20 heures ce soir. Aucune excuse, à part peut-être Kurt Vile… (Jacques Boivin)

 

Brockhampton. Photo : Nicolas Padovani

Brockhampton

Jamais véritablement écouté un album du boy band californien mais je suis resté témoin de leur popularité grimpante. Disons qu’après être parti du pit photo après 3 chansons, j’avais BIEN envie de rester écouter le reste mais les autres scènes m’appelaient. Les 6 membres du groupe n’ont pas tardé à faire remuer le public en demandant un bon gros mosh-pit dès le 2ème morceau. L’énergie du reste du show, je l’ai devinée en voyant mon frère rempli de sueur sur le corps à la sortie des plaines, me racontant qu’il a jamais autant sauté de sa vie que pendant le dernier morceau du show BOOGIE. (Nicolas Padovani)

 

Hannah Williams & The Affirmations – Photo : Philippe Ruel / Festival d’été de Québec

Hannah Williams & The Affirmations

Con brio a cédé la place à Hannah Williams & The Affirmations. La chanteuse à la voix percutante, chaude, suave et colorée autant que sa tenue vestimentaire nous en ont mis plein les sens. The affirmations, ce sont des cuivres, des choristes en plus du standard d’un band. Le son est excellent et la voix se distingue très bien de la musique groove soul, sur laquelle on pourrait entamer une soirée romantique et animée. Hannah Williams connait bien le groupe suivant, elle est très fière de chauffer la scène pour eux. Le public charmé s’est finalement rassemblé devant la scène, le soleil s’étant caché derrière les bâtiments. (Katia Desgranges)

 

Yamantaka // Sonic Titan – Photo : Jacques Boivin

Yamantaka // Sonic Titan

Comme j’avais hâte d’enfin les entendre, moi qui avait été si emballée à la sortie de leur premier opus YT/ST. Était-ce le contexte d’un spectacle en plein air sous une température accablante? La configuration des différents – et nombreux – équipements? Mon emplacement un peu en retrait? Le bruit incessant du public aux alentours, dont l’intérêt pour le spectacle était inversement proportionnel au mercure? Un amalgame de tout ça? Bref, je n’ai malheureusement pas été flabberghastée par ce que j’ai réussi à voir et à entendre. Le son m’a paru faible, et je devais me concentrer pour discerner la mélodie et les voix derrière le son un peu cacophonique, voix qui, pour moi, donnent toute sa saveur au collectif. Je n’ai pas été capable de me mettre dans le mood requis pour l’expérience YT/ST. Quel dommage! Car le talent était réellement au rendez-vous, et le groupe est allé puiser dans son répertoire plus accessible dans le rock/metal, ce qui convenait bien au contexte du festival. À revoir dans des circonstances plus favorables, je l’espère bien! (Tatiana Picard)

 

St. Paul & The Broken Bones – Photo : Jacques Boivin

St. Paul & The Broken Bones

On termine la soirée avec le tant attendu St. Paul and The Broken Bones que la majorité du public (à je dirais 75% masculin) connait très bien. On continue dans la soul musique,  parfois un peu blues avec une entrée en scène théâtrale qui m’a fait penser à Elton John. Paul Janeway est descendu près de son public et a fait quelques mises en scène très senties. Sa voix et son expression corporelle font de lui une personne très authentique. Avec ses 7 musiciens de haut calibre, ils nous en ont mis plein les oreilles avec 3 chansons en rappel. (Katia Desgranges)

 

Jethro Tull – Photo : Stéphane Bourgeois / Festival d’été de Québec

Jethro Tull

Que dire de Jethro Tull? Tout a été dit, sans doute. Le délicieux personnage de 71 ans à la forme légendaire en fait voir de toutes les couleurs à son public avec sa flûte traversière et son ruine-babines depuis maintenant 50 ans. Oui, 50. Le groupe a bénéficié des services de pas moins de 36 musiciens depuis sa formation initiale! Incroyable. Le spectacle d’hier soir, rodé bien évidemment au quart de tour, avait réellement tout pour plaire aux nostalgiques de toutes les époques, et même aux non-initiés. Avant chaque chanson, nous avions notamment droit à un court vidéo qui montrait un ancien membre du groupe présentant la chanson à venir. Saviez-vous que le groupe a compté dans ses rangs nuls autres que les fameux Joe Bonamassa et Toni Iommi?
Le groupe a puisé dans tous les styles qu’il a explorés au fil des âges et nous a offert une sélection appréciable de succès également, tels que Thick as a Brick ou My God, Locomotive Breath, bien sûr. On a passé un christie de beau moment! (Tatiana Picard)

 

Random Recipe – Photo : Jacques Boivin

Random Recipe

Après un Pop Up FEQ complètement caliente un peu plus tôt dans la journée, le trio Montréalais Random Recipe s’offrait en prestation à l’Impérial Bell tard hier soir. Aviez-vous contribué à la campagne de sociofinancement lancée l’an dernier par le groupe? De cet effort collectif est né un très bon album Distractions, complètement dans la lignée funky inclassable à laquelle le groupe nous a habitués. Ce sont principalement ces pièces que Random Recipe nous ont offert hier devant des spectateurs qui ont été gagnés une chanson à la fois, à coup d’excellents beats et d’une énergie plus que contagieuse. On s’était dont bien ennuyé! (Julie Bourassa)