La magie Arthur H a finalement opéré majestueusement vendredi soir dernier à Québec. La crainte en début de concert, qu’un public qui habitait à moitié la plus petite salle du Grand Théâtre puisse gêner la transformation de ce spectacle en fête, s’est dissipée peu à peu au fil du déroulement de la soirée.

D’ailleurs, le chanteur français l’a souligné d’une douce ironie dès le départ en faisant remarquer qu’étant donné que la salle se trouvait au sous-sol du bâtiment, il fallait savoir creuser pour s’y rendre. Que plein de gens voulaient venir en vain, mais que seuls ceux sachant creuser ont donc pu se rendre au spectacle. Belle image qui en dit beaucoup.

Ce fut la seule allusion à la petitesse de la foule, car le feu a fini par prendre dans Octave-Crémazie, et Arthur H et ses deux excellents comparses sur scène l’ont grandement ressenti. Ceux qui y étaient voulaient être là.

Et ils ont été bien servis, car ce spectacle fut à la hauteur de l’artiste : à la fois intime et dense, dansant et émouvant, énergique et inspirant. Beaucoup de chansons de son magnifique dernier disque Amour chien fou ont été interprétées (immense Boxeuse amoureuse) ainsi que des chansons incontournables de son répertoire. La disposition scénique est simple, mais les éclairages ajoutent magnifiquement au décor, et la complicité des trois musiciens est palpable et emplit l’espace tout au long du spectacle sans entracte.

Celui qui vient récemment de perdre son père, le grand Jacques Higelin, a livré un superbe concert, mêlant les mots et les sons à sa sublime façon. Ceux qui savent creuser l’auront dans le cœur et dans la tête longtemps.