Au moins une fois par mois, je reçois un ou une artiste du milieu musical québécois pour bruncher, boire des mimosas et échanger sur leur parcours, leurs projets et en apprendre plus sur leur personnalité. Dernièrement, j’ai eu l’immense plaisir de recevoir Marianne Poirier, auteur-compositrice-interprète derrière le projet L i l a, qui est de plus en plus présente sur la scène musicale locale ces temps-ci.

Pendant notre échange, Marianne nous parle de son premier contact avec la musique.

« J’ai toujours écouté full de musique avec mes parents quand j’étais petite. Moi, c’était Lhasa et Louise Attaque les deux artistes de mon enfance. J’ai toujours écouté ça. »

Sa formation musicale a débuté alors qu’elle était toute petite. Elle a joué du violon pendant huit ans, participé à des comédies musicales au primaire et pris des cours de chant à l’école Troubadour, jusqu’à étudier au CNDF en chant.

« J’y ai appris plein de trucs pour le chant, et je le sais que mon oreille musicale s’est développée beaucoup dans les trois premiers mois que j’étais à cette école. J’ai pas eu une super expérience pour plusieurs raisons, mais je suis contente de ce que j’ai appris. »

C’est en faisant La Voix en 2015 que son désir de sortir ses chansons est venu.

« Avant La Voix, j’avais jamais fait de spectacle avec mon projet solo. C’est après que j’ai développé mon projet et que j’ai commencé à faire des premières parties. »

J’ai appris il y n’a pas longtemps que Marianne avait fait La Voix. Je connaissais seulement son projet avant de la connaître personnellement et de réaliser qu’elle avait participé à la plus grosse vitrine du Québec. C’est bien, parce selon moi, elle n’est clairement pas associée à cette émission. La jeune artiste a pu se détacher très vite de l’étiquette La Voix pour se considérer comme une artiste à part entière qui n’a pas besoin de ce prétexte pour vendre son projet.

« La Voix, c’est un tremplin. Regarde Charlotte Cardin et Matt Holubowski, ils n’ont pas gagné le concours, mais leurs carrières sont incroyables parce qu’ils ont su bien utiliser ce médium pour partir leurs projets. »

l i l a – Photo : Marion Desjardins

Louis-Solem : « Croissant, fromage à la crème, fraises…. c’est délicieux. »

Maintenant qu’on en sait plus sur toi, pourrais-tu me parler un peu de la production de ton EP?

« J’ai été aidée de l’Ampli pour la production du EP. J’ai été sélectionnée par le Volet Pro cette année, donc j’ai pu investir le 4000 $ en bourse dans la production de mon EP. Heureusement que j’ai eu cette bourse-là parce qu’en plus, on a fait venir des cordes au studio, et ça a coûté plus cher que prévu. Et c’est tant mieux parce que j’ai un criss de EP qui tue. »

Penses-tu avoir des cordes en spectacle?

« Ça dépend toujours du budget. Si je les invite, je veux être en mesure de pouvoir bien les payer. Mais, pour mon lancement à l’automne, c’est sûr que oui. Je veux faire un gros truc. Je pensais faire mon lancement ce printemps, mais je veux prendre le temps de préparer l’événement et rejoindre un plus grand public avant le lancement. J’aimerais vraiment faire ça à la Maison de la littérature dans la bibliothèque. Je vais tout le temps là, et la majorité des titres du EP y ont été écrits ou travaillés. Il y a un lien fort entre ma musique et ce lieu. En plus, c’est vraiment beau comme lieu. Je veux qu’il y ait de l’espace pour exposer aussi mes dessins. J’aimerais peut-être aussi avoir de la danse, faire un truc vraiment bien. »

Mais là, si je comprends bien, tu as sorti un EP cet hiver et tu as déjà enregistré l’autre. Pourquoi tu voulais enregistrer deux EP en même temps?

« Ils n’ont pas été enregistrés exactement en même temps. Songs from a Room a été enregistré dans ma chambre cet hiver. J’ai fait mon lancement, le lendemain, j’allais jouer à Montréal, et le lendemain, j’allais en studio pour enregistrer avec Josué Beaucage. On a travaillé un peu sur ce EP alors que Songs from a Room n’était pas encore sorti. »

l i l a – Photo : Marion Desjardins

Pourquoi voulais-tu travailler deux EP en même temps?

« C’est un peu arriver comme ça. J’avais besoin d’être stimulée par quelque chose, donc je me suis lancée dans le projet de créer mon propre EP. Ça me faisait de la marchandise à vendre pour financer mon prochain projet. C’était un peu sur un coup de tête. J’étais au Bureau en gros, j’ai vu une tour de 50 CD et je me suis demandé si je devais l’acheter. Et là, je me suis dit que je pourrais faire un EP et imprimer seulement 50 copies physiques. C’était vraiment par hasard. »

Comment as-tu été en contact avec Josué Beaucage?

« Je savais c’était qui parce que j’ai vu plusieurs spectacles dont il avait fait la musique : spectacles de cirque, pièces de théâtre, et cetera. Je savais ce qu’il faisait. C’est Valérie Clio, ma mentore du Volet Pro, qui m’a présentée à Josué. Elle m’a mise en contact avec Simon Pedneault et lui, parce qu’ils partagent le studio La Strip. Il m’a beaucoup aidée pour les arrangements et l’enregistrement. »

L i l a arrive tout juste de faire une série de spectacles avec Route d’Artistes et elle se prépare pour quelques beaux spectacles cet été un peu partout. Ne manquez surtout pas son apparition au FEQ le 5 juillet à 17 h sur la scène Fibe.