Au pas de course, toutes les rues avoisinant le Grand théâtre sont fermées. Le G7? 20h27, je suis enfin à la billetterie. Après quelques questions et vérifications on finit par m’imprimer un billet et j’entre dans une salle presque comble. Ça va commencer et mes attentes ne seront pas déçues.

Le fondateur de Pink Martini, Thomas Lauderdale, est très volubile et sa gestuelle expressive. Tous les membres du groupe font UN avec la musique. Les vibrations sont fortes. Les musiciens sont tous en costards et China Forbes, la chanteuse en robe de soirée.

Pink Martini – Photo : Jacques Boivin

Pourquoi ne pas commencer avec le célèbre Boléro de Maurice Ravel, qui n’a pu être endisqué avant 2006, car la succession ne voulait pas. 20 ans plus tard, Thomas Lauderdale, semble très heureux de voir les droits enfin publics. Nous avons droit à une réédition de l’album Sympathique paru en 2006, qui inclut cette fois-ci le Boléro et quelques surprises.

Dès la deuxième pièce, Amado moi,  le public bat le rythme des mains. La salle est déjà convaincue, la barre est haute, mais personne ne s’en inquiète. Thomas se plait à nous raconter de longues histoires dans un français parfois mêlé d’anglais. Il ne perd pas son temps et nous invite à danser sur la scène autant que l’on veut.

Pink Martini – Photo : Jacques Boivin

Pink Martini, c’est 24 ans d’une aventure qui a commencé en Oregon. Thomas voulait devenir le maire de Portland. Il participait activement à organiser toutes les levées de fonds pour se faire connaître de tous les partis et trouvait la musique choisie lors de ces événements pour ainsi dire ennuyante. Au final, il a fondé son orchestre en 1994 et s’est produit dans ces événements. Pink Martini est né. Un an plus tard, il a invité China Forbes à se joindre au groupe. Leur premier succès est en français, Je ne veux pas travailler. Au départ, ils s’amusaient à animer des mariages et des événements politiques. Et puis c’est devenu sérieux. Cependant, même après toutes ces années, les grands réseaux ne font pas tourner Pink Martini. Dans une entrevue que j’ai lue, China Forbes dit que Pink Martini n’a pas une notoriété folle et que les gens doivent travailler un peu pour les découvrir. Cependant, ils ont des fans fidèles. Cet orchestre voyage à travers le monde et ses influences nous font vibrer, danser et rêver. Des succès du passé revivent à leur façon joyeuse et festive. C’est jazzé, c’est symphonique, c’est vintage et moderne à la fois. Je suis « une fan finie », vous l’avez deviné.

Pink Martini – Photo : Jacques Boivin

Revenons au spectacle. Thomas Lauderdale, actuellement blessé au bras droit, invite un autre pianiste à l’aider. Ce qui nous donne quatre mains au piano! Thomas est le chef d’orchestre et il n’hésite pas pour faire reprendre du début une pièce mal partie, à la grande surprise de tous. Il nous inclut vraiment dans le spectacle, il nous raconte des tonnes de trucs, insiste pour qu’on monte sur la scène. Ils sont là pour nous et ça parait.

Ojala est une nouvelle chanson écrite par Daniel Lemay de Québec. Pink Martini invite Lemay à monter sur scène et nous offrir une prestation à trois voix.

Jimmie Herrod se joint au groupe pour la pièce Exodus. Cette pièce est plus tranquille, mais la voix est sublime.

Thomas est vraiment difficile à comprendre tant il est excité lorsqu’il nous raconte. Il raconte beaucoup. Entre chaque pièce il raconte la naissance d’une pièce, une anecdote et fait aussi des blagues. Il traduit le prénom de China pour « la Chine » par exemple. Comme ils chantent partout à travers le monde et en plusieurs langues, on a mis du temps à comprendre et China, qui parle mieux français rigole un peu. Cette dernière nous présente une nouvelle pièce en arménien et conquiert encore une fois le public.

Thomas Lauderdale prend le temps de nous raconter le synopsis du film Souvenir pour lequel la pièce Joli garçon a été écrite. Ça donne envie d’aller voir.

 

Avant la pause, Il prend un long moment pour présenter chacun des albums qui seront en vente dans le lobby. Son enthousiasme vous fait oublier qu’il est en train de mousser les ventes. Je suis impressionnée par le nombre d’album qu’ils ont produits. China a trois albums solo, alors que Pink Martini en a plus de dix, y compris un album de Noël. Oui, un album de Noël. J’ai eu envie de me l’offrir.

China Forbes demande aux femmes de monter à ses côtés pour chanter I am a Woman, de Helen Reddy. La scène se remplit encore une fois.

Au retour de l’entracte, nous sommes accueillis avec des notes slaves.

Pink Martini – Photo : Jacques Boivin

J’ai une copie du programme de la soirée et je constate qu’il y a aussi place à l’improvisation! Certaines pièces ne figurent pas sur la liste. Aussi, je suis allée danser pour les quelques dernières pièces incontournables, Lily, Zundoko bushi et Hey Eugene. Quel beau choix que Brasil comme chanson de clôture!

Vraiment, c’est tout un baptême pour moi comme rédactrice. Un honneur que de pouvoir faire connaître Pink Martini. J’ai même reçu un exemplaire de leur dernier album, Je dis oui, en cadeau de participation sur scène. Bien sûr, quand j’ai vu la table avec les chaises et les gros feutres à la sortie, j’ai décidé de jouer le jeu et de faire autographier l’album qui marque le début de ma contribution à ecoutedonc.ca.

Pour conclure, à mon mariage ou à ma fête de 50 ans, c’est eux que j’aimerais qu’on m’offre en cadeau.