Samedi, on est arrivés juste à temps pour attraper les dernières chansons de CRi sur la scène extérieure. À ce moment-là, la pluie commençait à peine à tomber. Malheureusement, après, le déluge était tel qu’il a fini par ravager la programmation : Her, Alice Glass, Wolf Parade et The Voidz y ont goûté. Seul Wolf Parade a pu être relocalisé, ce qui n’a pas manqué de déplaire aux nombreux festivaliers amateurs de Julian Casablancas ou de Crystal Castles. Qu’à cela ne tienne, notre équipe a tout de même couvert les spectacles qu’elle a pu, bon gré mal gré !

 

15h00 pop-up Telus chez Blu!

Entre la machine à slush et les bacs de gelato du Blu!, on avait installé un micro et une panoplie de flamants roses : décidément, quelque chose se tramait. C’est finalement Philémon Cimon qui s’est présenté avec sa guitare pour nous jouer de nouvelles chansons. Sous le vernis de la nouveauté, on retrouvait de touchants fragments de mémoires et de territoires. Certaines de ses chansons étaient même directement tirées de son folklore familial, un bagage qui fait aussi écho au nôtre. Avec ses anecdotes, sa poésie, ses histoires et ses chansons à répondre, Philémon Cimon nous a fait vivre un moment lumineux entre deux averses.

Beaucoup de pluie et une couple de pizzas plus tard, vers 18h30, on s’est tous entassés dans le Saint-Graal pour un des seuls spectacles alors en cours. On s’entend pour dire que nous n’étions pas les seuls à avoir eu cette brillante idée!

Marie-Ève Fortier

Bar le Saint-Graal : JORDANN, Mélanie Venditti

Dans une allée du Saint-Graal, bondée comme jamais, j’ai reconnu le sympathique bassiste de Mort Rose, qui évolue aussi avec JORDANN. Arborant un fabuleux t-shirt de Chaudière-Appalaches, l’auteur-compositeur Jordan Hébert nous a enveloppés de sa voix suave pendant que ses musiciens déballaient une pop funk chaleureuse. La prestation de JORDANN a eu l’effet d’un léger baume pour les oreilles des festivaliers en cette journée bousillée par les précipitations.

Gabriel Tremblay

Mélanie Venditti et ses musiciens ont ensuite fait leur test de son, sans doute peu habitués à ce faire devant autant de spectateurs et dans un espace aussi restreint ! Mandela Coupal Dalgleish a installé sa batterie, Guillaume Guilbault ses claviers et synthétiseurs et Mathieu Bérubé, qui s’est immiscé dans le groupe pour l’occasion, grattait sa basse avant le début du spectacle pendant que Venditti testait ses micros. C’était déjà intéressant en soi, mais beaucoup moins que la prestation sentie et effervescente que le groupe a su donner malgré le feedback et les fêtards. Entremêlant douceur et intensité, l’auteure-compositrice-interprète semblait encore plus confiante qu’avant, affichant un enthousiasme contagieux. Elle était toujours solidement soutenue par ses excellents musiciens, qui se sont aussi démarqués dans les pièces plus intenses comme Sous la Loupe ou encore la dernière qui fut jouée. Le tout a su en imposer à un public qui aurait pu être difficile, ce qui nous a tous permis de passer un très beau moment. Une belle pause avant de retourner braver les intempéries.

 

Marie-Ève Fortier

 

Scène extérieure : July Talk, Nick Murphy (fka Chet Faker)

Après quelques errances dues à des changements de programmation, détrempés de la tête au pied, on s’est dirigés vers la scène principale sous le son des premiers chants graves du co-leader de July Talk, Peter Dreimanis. Ce dernier semblait être très reconnaissant devant l’honnête assistance prête à se faire mouiller pour leur rock alternatif. Quant à elle, Leah Fay s’est laissée transporter par la foule tout en chantant et en charmant tout sur son passage. Une performance galvanisée d’intensité qui était, à mon humble avis, nettement supérieure à ce qu’ils nous avaient proposé au FEQ en 2016.

Entre toutes les tentatives de relocalisation, la tête d’affiche de ce samedi demeurait sur la scène extérieure. Le multi-instrumentiste Nick Murphy, que la plupart connaissent sous le pseudonyme « Chet Faker », a eu droit à un plancher presque sec vers les 22h15.

Crédit photo – Julien Gagnon

L’engouement et la fébrilité pour son électro-soul charismatique se sont fait sentir, et avec raison! Ne touchant pas à ses collaborations antérieures avec Flume, il compensa avec plusieurs morceaux de « Built On Glass » comme la populaire Talk is Cheap. Gold, tout aussi réussie, n’a laissé personne indifférent. Affamés de sa musique, jouée apparemment sans séquences ou presque par ses musiciens, on attendait jusqu’à la toute fin les No Diggity et Drop the Game avec impatience. Cependant, Murphy a rapidement quitté la scène et l’absence de rappel nous a laissés un peu sur notre appétit devant cette courte prestation.

 

Gabriel Tremblay

 

Pour des questions de transport et d’achalandage, nous avons dû quitter sans pouvoir assister à Milk and Bone, qui faisait vibrer un Cha Cha Bar plein à craquer au moment de notre départ. On aurait aussi certainement fait un tour à Robert Robert ainsi qu’à la mémorable soirée du DJ suédois Todd Terje et The Olsens. Heureusement pour nous, on partait en sachant qu’il restait encore beaucoup de spectacles à couvrir dimanche et que – soulagement ! – ils annonçaient du beau gros soleil.