Hubert Proulx
Hubert Proulx

Le charismatique comédien Hubert Proulx que l’on a pu voir au petit écran notamment dans 19-2, Unité 9 et District 31 nous présente un premier album solo surprenant, convaincant et touchant dont il signe les paroles et la musique.

Lorsque la première pièce a débuté, je me suis sentie happée dans un épisode de True Blood. La couverture de l’album m’est revenue en tête et j’ai imaginé Hubert étendu entre les pierres tombales d’un cimetière. Cette ambiance folk, blues, lourde, pluvieuse, terreuse teinte l’album en entier, en plus de quelques coups de masse inattendus dont Barbelé et Mixed Feelings aux sonorités nettement punk.

Ou peut-être pas si inattendu lorsqu’on sait que depuis plusieurs années, Hubert Proulx prête sa voix au sein du groupe gypsy-punk Roma Carnivale.

Proux alterne entre le français et l’anglais avec une fluidité déstabilisante à la première écoute. Malgré que je sois bilingue, l’exercice demande un petit effort pour permettre au cerveau de balancer d’une langue à l’autre, parfois à l’intérieur d’une même phrase.

Sur quelques pièces, Hubert parle davantage qu’il ne chante. Je m’ennuie alors des moments où il chante car sa voix est puissante et efficace, emplie d’un espèce de passé trouble, de résilience (qui masque la souffrance comme il le dit si bien sur la pièce October Cold Rain) et d’une grande sensibilité. On en voudrait plus.

Même si on peut sentir du désarroi et du pessimisme dans plusieurs des textes, les failles vers l’espoir sont nombreuses. Certaines phrases nous raccrochent au bonheur comme sur Désirer tout l’amour où il chante qu’il n’y a rien de mieux que les enfants pour étouffer le désespoir, ralentir nos élans, pour colorer les zones noires.

Des images telles que cette perle trouvée sur la pièce Vidanges Je suis ta tourista, tu es mon immodium, telle est notre merveilleuse complicité peut rappeler le côté cru de Bernard Adamus. Ce texte est l’exception sur l’album, ayant été écrit par son frère Steeven, handicapé à la suite d’un AVC.

Quand est-ce qu’on écoute cet album? En cuisinant un dimanche après-midi? Peut-être, si c’est un coeur de boeuf au vin rouge. En roadtrip? Maybe on a highway to hell, mais certainement pas en route vers le Village Vacances avec les enfants. Mais peu importe où et quand, je provoquerai assurément les moments de réentendre la poésie lourde, mais jamais triste d’Hubert Proulx.

L’album, dont la réalisation est signée par Brigitte Briga Dajczer et Jera Cravo, est disponible depuis le 9 mai 2018 en version numérique sur Bandcamp.