Deux excellents groupes montréalais nous rendaient visite le mercredi 11 avril dernier à L’Anti Bar & Spectacles. Deux groupes ayant chacun sa personnalité et ses sonorités propres. Et pourtant, malgré une foule qui s’est un peu fait désirer (l’indie, un mercredi, c’est encore difficile), le match était parfait.

Louize

Louize – Photo : Marion Desjardins

On connaissait déjà Jonathan Peters et David Lagacé pour leur projet précédent, Fire/Works, qu’on appréciait beaucoup pour son folk-rock atmosphérique qui laissait beaucoup de place à la guitare.

Louize, le nouveau projet de la paire et de leurs acolytes (dont Francis Ledoux et Étienne Dupré – qu’on verra aussi avec Nicolet), se veut une évolution beaucoup plus rock et rythmée, mais derrière les guitares et les harmonies vocales, on n’a aucun mal à reconnaître le génie mélodique de Peters et Lagacé, comme sur My Head is Disco, une pièce qui commence lentement, mais qui nous accroche… rapidement.

Là où Louize se démarque, c’est sur des morceaux comme Out of This, qui pourrait rappeler un croisement entre les deux Beck (le groovy et l’introspectif), Sad Hearts and Horns of Shit, qui malgré ses ambiances planantes, en rajoute une couche du côté de la distorsion, ou la pièce-titre de l’album Imitation Gold, un rock simple, mais efficace, en plusieurs temps (dans mes notes, j’ai écrit « un tipeu prog, la toune »).

Le courant passe visiblement entre les musiciens, notamment entre Peters et Lagacé – qui s’échangent constamment des regards complices tout en torturant leurs six-cordes.

La (bonne) bière aidant, j’étais déjà heureux de ma soirée… après seulement la première partie (c’est pour ça qu’on assiste au show au complet, les amis, pour faire de belles rencontres le fun!).

 

 

Nicolet

Nicolet – Photo : Marion Desjardins

Autre groupe, autre registre, quoique les atmosphères planantes demeurent. Étienne Hamel et ses complices (dont Étienne Dupré, qui se tape un double shift ce soir, son voyage à Québec en aura valu la peine) chantent Hochelaga avec une assurance et un groove certains.

Si Louize y allait à fond la guitare, Nicolet, de son côté, fait la part belle aux synthétiseurs, comme sur La mystification, un heureux mélange de rythmique groovy (ça se faisait pas prier pour danser dans la salle) et de synthés planants (ça dansait les yeux fermés) qui accompagnaient la voix un brin torturée d’Hamel.

Si le groove bleu et atmosphérique règne en roi et maître, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de place pour d’autres sonorités, comme en témoigne l’aussi folk que jazzée Tempérance ou la pop-rock and roll Ratio (qui finissait d’ailleurs le concert en lion). Il y a une petite urgence qui rappelle Arcade Fire dans le temps où Win Butler avait envie de faire autre chose que danser (pensez à Month of May, ici).

Nicolet en a profité pour nous interpréter deux nouvelles chansons, dont l’une, S’il n’est pas à mes côtés ce matin, j’irai quand même au champ, est interprétée de façon particulièrement émotive par Hamel.

 

On est sorti de L’Anti repu. Ça fait du bien, sortir, un mercredi soir, surtout quand la soirée ne finit pas trop tard (merci d’avoir commencé le show vers 20 h). Comme ça, pas d’excuses pour ceux qui travaillent le lendemain!

 

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