Le dimanche 8 avril, j’ai reçu Frédérique-Anne Démarais (parfois Fria Moeras), son copain Jimmy, Marion et ma coloc Rébecca pour déjeuner et jaser. On en a appris sur l’aversion de Marion pour le jus d’orange (qui prend son mimosa sans jus), on a failli sabrer une bouteille de mousseux, Fred-Anne a cassé une douzaine d’oeufs… Bref, on a brunché!

Fria : « Les oeufs sont un peu sucrés, on a mis du sirop dedans. C’est la cabane à suc’…  »

Photo : Marion Desjardins

LS : Pourrais-tu résumer un peu ton parcours depuis un an?

Fria : Il y a un an et demi, j’ai fait un show dans mon sous-sol. Ça faisait deux, trois ans que j’écrivais des tounes, et je me suis dit que j’allais les jouer. Je me suis déguisée en moufette, pis j’ai joué de la musique dans mon sous-sol pour des amis du secondaire et du cégep. Finalement, on a rempli mon sous-sol. Une semaine après, je jouais à Montréal, et j’ai eu des bons commentaires du public. Quelques semaines plus tard, j’ai enregistré dans mon sous-sol avec mon père (La peur des animaux et Le vent souffle malade). Ensuite, l’Anti annonçait qu’ils cherchaient une première partie pour un show. Je leur ai écrit que ça me tentait de le faire, et quelques heures plus tard, j’étais annoncée pour la première partie de Violett Pi.

J’ai continué à faire des petits spectacles comme ça, j’ai ajouté des musiciens, et on a travaillé pour définir mon style de musique. Après ça… bien, je me ramasse à sortir un EP, pis il se trouve que les gens l’attendent un peu. Tu me demandes de résumer ça, mais je comprends pas trop ce qui s’est passé, en fait.

LS : Depuis le début, j’ai remarqué qu’il y a beaucoup de monde qui t’aide dans ce projet. Le Festival OFF qui a trippé sur toi, le Pantoum pour la Fête de la rentrée et l’enregistrement du EP, Catherine Genest pour des interviews, etc.

Fria : Oui, c’est souvent qu’ils ont trouvé mes tounes sur internet et qu’ils se sont dit : « Heille, on pourrait l’aider pour que ça lève. » Moi, je ne suis pas le genre de personne qui va voir le monde pour avoir de l’aide, mais je me ramasse à avoir de l’aide quand même. Pleins de musiciens vont avoir un plan : « O.K., je vais envoyer ma musique là, là, écrire à telle personne », mais moi, je ne fais rien, pis y’a des trucs qui me tombent dessus par hasard et j’en profite quand ça m’intéresse. Je pense que c’est juste du hasard pis de la chance, rendu là.

LS : Par curiosité, est-ce que tu fais de la relation de presse pour ton EP?

Fria : Pour vrai, je devrais en faire, mais ça m’a complètement échappé. Mais y’a quand même des sites qui m’écrivent et qui veulent que je leur envoie mon EP pour des critiques et des entrevues. C’est vraiment des hasards. Comme pour le Voir. Mais il faut pas que je compte sur ça. Cette fois-ci, j’ai pas fait de relation de presse, j’ai été chanceuse, mais la prochaine fois, il faut que je fasse attention. J’ai pas fait de communiqué de presse. J’ai juste envoyé les tounes à mon chum.

LS : Même moi, je l’ai pas encore entendu…

Fria : On va l’écouter tout à l’heure. Les violons, ça sonne, je me sens comme dans Mulan. On a fini les masters la semaine passée. On a fait ça avec Michel Banville en compagnie de moi-même et de mon père, qui a fait les prises de son et le mixage. On a fait ça en deux jours, un peu dernière minute, mais ça sonne. Les deux, on travaille. Moi, je suis aux études en même temps.

Marion : Qui joue avec toi?

Fria : Y’a Simon Provencher qui fait des guitares, Mathieu Michaud à la basse et Jérémie Boudreau-Côté à la batterie. C’est pas les mêmes qu’au OFF. Pi y’a lui (en me pointant du doigt) qui joue du violoncelle sur le EP. Pi y’a fait des arrangements de fou. Le vent souffle malade, ça sonne tellement.

LS : Ouin, je porte plusieurs chapeaux ici…

Fria : Moi, je veux des petits champignons avec le pain baguette.

Marion : Ouin, c’est rare que j’bois de l’alcool aussi tôt.

Photo : Marion Desjardins

LS : Tu travailles sur un documentaire en ce moment. Peux-tu nous en parler un peu?

Marion : Hein, pour vrai? On oublie toujours ton autre chapeau de personne qui étudie en cinéma.

Fria : En fait, cet hiver, j’étais vraiment tout le temps avec mon père. Parce que c’est lui, le sujet de mon documentaire, en plus d’être le gars qui mixait et qui enregistrait mes tracks. Il fait un métier qu’il pratique depuis 35 ans, qui est de l’enneigement artificiel. Il en a fait longtemps dans les centres de ski, mais maintenant, il en fait au centre-ville pour le Carnaval et le Snowboard Jamboree notamment. C’est un métier que personne sait qui existe vraiment.

Marion : Ouais, c’est un peu un mystère. Comme le line-up du Pantoum de vendredi (voir soirée Line-Up Mystère au Pantoum).

Fria : Exactement. Ça fait 35 ans qu’il fait ce métier, et là, c’était son dernier hiver. Donc, je l’ai suivi dans sa job, je fais un peu un mémoire à ça. C’est très cute. On s’est pas lâché cet hiver. Mais pour vrai, c’est une grosse job. Il travaille de jour, de nuit, il peut passer deux journées sans dormir et travailler sans arrêt. Je sais pas comment il fait. Le documentaire va sortir en fin mai.

Marion : Vas-tu le donner au FCVQ pour le faire présenter? (Je pense que Marion est une intervieweuse refoulée.)

Fria : Je sais pas encore.

LS : C’est sûrement eux qui vont t’écrire pour le présenter, connaissant ta chance légendaire.

(Salut, le FCVQ!)

Fria : En fait, pour la sortie, je pensais peut-être faire ça l’hiver prochain. Faire une représentation extérieure sur un écran de neige. Full concept.

(Salut, le Carnaval de Québec!)

Fria : « Les oeufs sont un peu sucrés, on a mis du sirop dedans. C’est la cabane à suc’… »

Photo : Marion Desjardins

LS : Mais là, je comprends pas, en un mois, t’as changé cinq fois de couleur de cheveux?

Fria : Ouin… bien, j’ai eu mauve, rose, orange. Là, mon orange a fade, et je suis rendue blonde. Je sais pas trop ce qu’il se passe capillairement parlant. Je me sens comme un caméléon. C’est mon pouvoir spécial.

Marion : Ce qui m’intéresse aussi c’est… ouin, je suis vraiment en train de voler ton entrevue!

LS : À peine…

Marion : Lors du shooting photo pour ta couverture du EP qu’on a fait ensemble, tu parlais que t’aimerais que ton prochain projet soit western. Veux-tu changer de style à chaque album?

Fria : Non, c’est juste que j’ai pogné un buzz de faire une soundtrack d’un film qui existe pas. C’est peut-être pas mon prochain projet, mais bientôt, j’aimerais ça faire ça. J’ai toujours trippé sur les films westerns, et je pense que ce serait une bonne occasion de mélanger mon trip western avec mon trip musique pour un album. Un album joke, mais bon. Les gens vont se sentir vraiment badass en écoutant ça.

Ça m’est venu en écoutant The Last Assassins.

LS : C’est en effet le genre de truc que Jean Leloup pourrait faire.

Fria : C’est un peu mon spirit animal.

(insérez ici de nombreuses anecdotes de Jean Leloup)

Pour vrai, j’aurais jamais fait de la musique sans Jean Leloup. J’aurais jamais commencé à tripper sur les textes de chansons. Je me serais jamais dit : O.K., je peux être fuckée et faire de la musique pis c’est correct. Parce que je sais que je suis un peu bizarre. Mais Jean Leloup est tellement fucké que tant que je le dépasse pas… ça va.

Marion : Tu pourrais y arriver.

Fria : Oui, ce serait mon genre. Faire un truc comme lui et dire : O.K., je veux un band avec des bottes. Il me semble que ce serait mon genre de trip aussi. Je pourrais avoir une bulle et faire un show avec mon band déguisé en mascottes. J’aime ça aussi porter des affaires fuckées avec bien des glitters pis bien des chats.

Photo: Marion Desjardins

LS : Ça me prend plus de mimosa.

(insérez encore plus d’anecdotes sur Jean Leloup)

LS : Mais là, explique-moi, comment ça t’as des gigs en sax?

Fria : J’ai étudié quand même cinq ans dans un programme musique au secondaire, et j’ai continué de jouer, mais pas tant. J’ai commencé à jouer avec Victime, parce que Poupon (Simon Provencher) m’a invitée à venir jouer sur l’album, pis c’était cool, donc je fais des shows avec eux. Et là, j’ai d’autres gigs en sax qui se rajoutent.

Je réalise que je mange vraiment lentement…

LS : C’est ma faute, j’arrête pas de te poser des questions… Marion aussi en plus!

LS : As-tu des shows cet été?

Fria : Oui.

LS : Peux-tu nous en dire plus?

Fria : Non.

LS : Bon, O.K. Bonne journée.

Photo : Marion Desjardins

On ne s’est pas laissé comme ça, tout de même! On a pris le temps de faire une écoute du EP et on a jasé encore un peu. Passer du temps avec Fredérique-Anne est toujours très très plaisant, et je vous invite à venir voir le lancement de son EP cette semaine, soit le jeudi 12 avril au District Saint-Joseph dans le cadre des Apéros FEQ.

ET C’EST GRATUIT!

Pour écouter son EP, cliquez ici!

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