Au moment même où le public s’entassait à l’intérieur d’un l’Impérial Bell affichant complet en l’honneur de Philippe Brach samedi dernier, une quarantaine de personnes – gros max – se sont rendus à la pâtisserie Les gourmandises LOUCA, rue Saint-Jean, dans le cadre d’un spectacle intimiste dont la programmation avait été tenue secrète. Contrastant, non? C’est justement le but de Sofar Sounds Québec City, la filiale locale d’un projet londonien ayant pour but de changer les paradigmes de la diffusion musicale. Les mots d’ordre sont : lieux inusités, proximité et artistes locaux.

St-Élias – Crédit photos: Gabriel Potvin Caissy

Confortablement installés (la plupart directement sur le plancher), les spectateurs ont d’abord pu découvrir le lyrisme dissonant de St-Élias. Sur fond de rythmes lents assurés par la batterie et la basse électrique, les deux guitaristes exploraient un rock alternatif métissé de blues. Effets de slide guitar sur Fantôme à ma porte, lignes mélodiques d’une brillance remarquable sur Jase dalot, amours ambigus chantés sur la méditative Douce flamme. Les harmonies, construites sur des accordages alternatifs, offraient souvent des harmonies aux couleurs inusitées. En d’autres mots, ce premier spectacle en formule full-band promet pour la suite.

 

De son côté, 5 for Trio n’a plus besoin d’introduction pour ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la scène jazz de la Vieille-Capitale : dans leurs compositions, le guitariste, le contrebassiste et le batteur se distinguent en entremêlant leurs indéniables compétences jazzistiques à une passion notoire pour la musique progressive. Le résultat est à la fois intense et étonnamment accessible pour quiconque souhaite s’initier à ces deux types de musiques parfois qualifiés d’hermétiques. Samedi dernier, le trio a d’ailleurs montré une fois de plus qu’il savait captiver son auditoire. En 25 minutes, on a pu entendre se développer sous nos oreilles trois histoires instrumentales pleines de rebondissements rythmiques et mélodiques : Le chapitre manquant, La légende du chasse-neige et Inner Revision. On a aimé les redécouvrir dans un endroit favorisant une écoute quasi religieuse : enfin, des soli de contrebasse auxquels on a rendu justice!

 

Maxime Vallières – Crédit photos: Gabriel Potvin Caissy

En terminant, Maxime Vallières nous a présenté ses 5 musiciens (comme si on n’en connaissait pas déjà la moitié!) venus défendre avec lui son maxi tout frais encore, sorti il y a à peine un mois. Au menu, un rock groovy et doux qui alternait les reflets folk et soul. Plusieurs bons ingrédients étaient présents, nommément la voix à la fois juste et introspective du chanteur. Cependant, l’artiste gagnera à se démarquer davantage, car il a choisi un sentier musical où plusieurs sont déjà passés avant lui.

Somme toute, ce cocktail musical a bien terminé une soirée toute en découvertes, que ce soit sur le plan musical, gourmand ou humain… Parce que Sofar Sounds Quebec City, c’est aussi de belles rencontres et l’impression d’une communauté de spectateurs qui se tisse. Peut-être en ferez-vous partie le 20 mai prochain, à l’occasion de la deuxième édition? Dans tous les cas, nous souhaitons beaucoup de succès à ce nouveau joueur de la scène locale qui, espérons-le, offrira plus de visibilité à nos artistes locaux tout en leur assurant une certaine viabilité.

À propos de Sofar Sounds

Mis sur pied en 2009 à Londres, Sofar Sounds offre une structure qui permet d’organiser des concerts intimes dans des lieux privés un peu partout dans le monde. Le tout est photographié et filmé pour permettre de promouvoir les artistes. Les spectacles sont à contribution volontaire, l’évènement étant organisé de façon entièrement bénévole.

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