C’est un Impérial Bell complet et débordant d’enthousiasme qui accueillait Philippe Brach et ses excellents musiciens samedi soir dernier. Le magnétique chanteur a mis la foule à sa main dès les premières notes de La peur est avalanche, une pièce qui résume bien les différentes facettes de sa musique. Ce qui frappe chez Brach, c’est d’abord l’étonnante profondeur de sa (relativement) petite discographie.

Philippe Brach – Photo : Jacques Boivin

Tout au long de la soirée, il nous a guidé à travers des pièces parfois explosives; que ce soit tout en puissance avec Héroïne ou d’une façon plus progressive avec Monsieur le psy, parfois méditative (Tu voulais des enfants) ou plus folk. Dans tous les cas, Brach incarne ses chansons plutôt que de simplement les livrer. Des pièces importantes, il en a déjà une barge et il peut donc se permettre de les mélanger pour ficeler un spectacle à géométrie variable qui donne l’impression au spectateur que chaque chanson est la « grosse » chanson du concert.  À mi-parcours, il a interprété une surprenante reprise de Black Swan issue de l’album The Eraser de Thom Yorke me laissant à la fois interloqué et comblé.

C’était aussi assez incroyable de voir la foule chanter Rebound en coeur avec Brach, seul sur scène pour cette occasion, signe que ses nouvelles pièces ont fait le voyage jusqu’aux oreilles de ses auditeurs. Plus tard, Brach est apparu sur le balcon ouest de la salle pour nous gracier d’une version festive de Bonne journée. Tout ça s’est terminé par une version dépouillée de La fin du monde, supportée par l’autoharpe qui malgré sa beauté, ne fait pas oublier le fait que Brach avec un orchestre, ça serait vraiment sur la coche. Au rappel, on nous a offert une version en duo de la magnifique Ressac sur ta peau avant de nous balancer deux classiques supplémentaires avec Crystel et Gaston. Nous avons peu d’artistes dégageant à la fois un tel mélange de confiance et d’énergie. Rarement voit-on un artiste recevoir une telle dose d’amour et d’attention, et ce même dans les dernières rangées de la salle.

Il faut mentionner l’apport non négligeable de son solide groupe (Guillaume Bourque et Simon Angell aux guitares, Pierre-Olivier Gagnon à la basse et David Couture à la batterie) qui offre la possibilité à Brach de performer sans craintes.

Mon doux Saigneur – Photo : Jacques Boivin

En ouverture, Mon Doux Saigneur a assurément attiré l’attention avec les pièces de son premier album. Si la présence sur scène d’Emerik Saint-Cyr Labbé se fait timide, l’exécution de ses pièces rock aux influences southern-rock était excellente. Il s’agit là d’un jeune homme à suivre. Ensuite la formation Barry Paquin Roberge est apparue dans la perspective bien avouée de nous faire danser. Leur funk-rock aux tendances psychédéliques noyé dans la flûte traversière et les claviers « eighties » est efficace et saura plaire à un certain public. Personnellement, j’ai trouvé que les pièces se mélangeaient les unes aux autres sans toutefois avoir de véritable coup de coeur pour des morceaux en particulier. L’ensemble de la proposition restait toutefois une mise en bouche divertissante et accrocheuse.

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