Lydia Képinski
Premier juin

Quelle belle surprise que ce Premier juin lancé comme une bombe au lendemain du congé pascal! Le premier album complet de Lydia Képinski était bien sûr fort attendu, mais on l’attendait un peu plus tard au cours du printemps! Ce n’est pas qu’on se plaigne, loin de là!

La finaliste au Cabaret Festif! de la relève 2016, coup de coeur d’ecoutedonc.ca à ce même Cabaret, et grande gagnante des Francouvertes 2017, nous avait déjà charmés avec un premier EP aussi court que prometteur. Ceux qui la suivent depuis le début et qui l’ont vue en spectacle à plus d’une reprise (« T’es pas tanné, Jacques? Ça fait huit fois cette année! ») ont pu remarquer un léger changement de cap depuis la sortie de ce maxi homonyme : Lydia a pris une tournure résolument rock qui se sent très clairement sur l’album, tout en gardant les accents pop irrésistibles qui font battre nos coeurs depuis le début.

On reconnaît certaines chansons, comme Les routes indolores, que Lydia joue en spectacle depuis un bout de temps déjà. On reconnaît aussi cette façon de lancer des chansons en douceur, de leur permettre de gagner en intensité jusqu’à ce que les frissons nous gagnent. La pièce-titre est un petit bijou pop, entraînant, accrocheur, où la batterie de Stéphan Lemieux, la voix et la guitare de Lydia, ainsi que « le reste » (les mots de Lydia, pas les miens) de Blaise Borboën-Léonard forment un tout irrésistible.

On remarque rapidement que la grande force de Lydia demeure ses paroles, qui sont clairement les fondations de ses chansons. Capable d’y aller avec simplicité (Premier juin) ou de se lancer dans de grandes envolées lyriques (360 joursLes balançoires), la jeune femme maîtrise encore plus son art – les textes frappent la cible, même sans la musique. Mettons que ça fait un bon bouillon pour les ramen à la Képi!

Musicalement parlant, Lydia était déjà bien entourée avec Stéphan et Blaise (qui réalise également l’album en laissant la personnalité de Lydia déborder de partout tout en mettant juste assez de balises). Cette collection de huit chansons se lance dans plusieurs directions (art-rock, pop, accents sortis tout droit des années 1980, on se surprend même à hocher de la tête comme un fou sur cette finale lourde et déjantée de PieIX, le genre de closer qu’on n’entend presque plus de nos jours), mais elle forme néanmoins un tout assez uniforme qui nous donne le goût de l’écouter d’un bout à l’autre. À plusieurs reprises.

Je sais, je sais, je ne suis pas objectif, mais essayez de ne pas craquer en écoutant Belmont, un des morceaux les plus chargés de l’album. On y reconnaît tout ce qui nous a fait tomber amoureux de la jeune auteure-compositrice-interprète dès le début. Cette voix assumée, aussi douce que puissante, naturelle, avec ses petits défauts qui la rendent plus vraie que nature; ce texte où la nostalgie d’un parc d’attractions fermé depuis des décennies ne sert que de prétexte pour nous raconter une histoire de coeur qui nous le brise, ces images extrêmement fortes parce qu’elles sont d’une simplicité désarmante, cette mélodie simple, mais efficace, ces arrangements magnifiques où tout semble couler de source. Et cette impression, omniprésente, que Lydia est déjà intemporelle tout en étant résolument de son époque.

Et elle ne fait que commencer…

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