Depuis maintenant cinq ans, la tradition des Rock and Pabst permet aux cégépiens (ainsi qu’à ceux qui osent s’aventurer dans le cégep de Sainte-Foy) de découvrir nombre d’artistes locaux ou émergents dans le cadre de soirées festives. Cinq ans, c’est longtemps pour une initiative étudiante au sein d’une institution qui a un roulement aux 2-3 ans (en théorie, du moins). Pour le plaisir de mes oreilles, je me suis donc aventurée jeudi dernier au plus récent Rock n’ Juice qui, sous ce nouveau nom, présentait Jérôme 50 et Kinkead.

Kinkead

Une fois le choc passé – oh, ils ont rénové les toilettes ! Qu’est-ce qu’il est devenu ce comité-là ? Hey c’est encore là cette affaire-là ? Les gens sont plus jeunes qu’avant ou… – je me suis installée devant la petite scène du Café Wazo, bien serrée entre deux groupes d’étudiants qui jasaient bières en main. Les frères Kinkead ont alors lancé le bal d’une façon bien peu conventionnelle. Écouter les deux premières tounes assis par terre, pourquoi pas ? Le public du Rock n’ Juice, enthousiaste comme à son habitude, a bien voulu se prêter au jeu.

Kinkead / Crédit: Gabriel Potvin Caissy

Après cette douce entrée en matière toute en reprises, on a basculé vers un répertoire en français (s’il vous plait) signé de la main des deux comparses. Sur scène, Henri et Simon se débrouillaient avec les guitares, la basse et quelques synthétiseurs pour agrémenter ces mots qui évoquaient surtout le voyage, l’évasion. Dans leur musique, le côté chanson-folk de l’acoustique rencontrait l’aspect électro-pop du drum machine et du synthé dans un amalgame léger et accrocheur. Si la pièce Tour du monde semble avoir un bon potentiel radiophonique, on lui a préféré Besoin d’air, qui raconte le soulagement causé par la perte d’un téléphone cellulaire.

Jérôme 50

C’était ensuite au tour de Jérôme 50, qui n’a pas mis de temps à prendre d’assaut le Café Wazo. Initiateur des Rock and Pabst, l’auteur-compositeur-interprète a en effet été reçu comme un maître chez lui par le public ainsi que par de nombreux anciens habitués de ces soirées. On a plongé dans son camp de vacances déjanté sans plus tarder avec si tu aimes le soleil.

Jérôme 50 / Crédit: Gabriel Potvin Caissy

Accompagné de Simon Kearney à la guitare, de Simon Lachance (Raton Lover) à la batterie et du même Henri Kinkead que tantôt à la basse, Jérôme 50 a profité de la soirée pour jouer plusieurs pièces que je n’avais pas encore entendues. Comme Ouh là là, Placebo laissait entrevoir le talent de 50 pour jouer avec sa langue (le français) tout en nous racontant les misères du quotidien et les remèdes miracles qu’on aimerait avoir. Sur Wake and Bake, une pièce d’abord bien bluesy, l’atmosphère évolue et met en valeur les potentialités de sa voix et de sa musique.

Dans l’ensemble, la prestation de Jérôme 50 a été solide et pimentée de surprises, que ce soit par la participation de Philippe Gagné à la flûte sur Hierarchill ou encore grâce à l’éclatante reprise de Fuck the Police de NWA en guise de finale. La chimie entre les musiciens se faisait ressentir, donnant de la force aux idées excentriques et inimitables du chansonnier.

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