Samedi dernier, le Musée national des Beaux-Arts du Québec invitait les noctambules de la ville à sortir ses plus belles couleurs et à venir danser jusqu’aux petites heures du matin dans le cadre de l’événement Monochrome. Au menu, plein d’artistes d’ici et d’ailleurs, de l’amour, de l’humour et de la maudite bonne musique.

Même si nous étions quatre, nous n’avons pas réussi à tout voir, tellement l’offre était alléchante! Voici le compte rendu de notre soirée :

Espace ultraviolet

Donzelle. Photo : Nicolas Padovani

Donzelle

À l’espace ultraviolet, Donzelle s’est d’emblée donné la mission de dégourdir le public. Elle nous prépare : nous devrons danser, dit-elle. On s’approche. Accompagnée par DJ Tignasse aux beats, elle se lance dans un rap articulé aux intonations aigues et prononcées. Des danseuses accompagnent la musique avec leur chorégraphie tantôt sensuelle, tantôt assez comique, mais toujours assumée. Entre sérieux et ironique, le spectacle de Donzelle charme par son énergie et son concept : fond musical digne des grands clubs, changements de costumes, interactions avec le public, textes éclectiques sur fond de féminisme ou de modernité. À surveiller, et d’ailleurs un album-vidéo – oui oui, «10 tracks avec 10 vidéoclips» – est à paraître d’ici un mois et demi. (Marie-Ève Fortier)

 

Hubert Lenoir. Photo : Nicolas Padovani

Hubert Lenoir

Vous le savez, on le sait, tout le monde le sait : Hubert Lenoir est le phénomène de l’heure sur la scène musicale québécoise. On ne sera donc nullement surpris d’apprendre que l’espace ultraviolet était plein à craquer de fans finis et de curieux pour la deuxième représentation en deux semaines de l’auteur de Darlène. Accompagné de son band de course (sauf Shampouing et Vincent Gagnon – remplacé par Gabriel Desjardins – qui étaient partis désherber…), le p’tit Hubert est venu montrer au public ce que vous et nous savions déjà : les tounes de Darlène sont tout simplement géniales et couvrent un pan complet du spectre musical. Que ce soit par la douceur de Noémie, la pop irrésistible de Fille de personne II, la folie funky de Ton hôtel ou les envolées instrumentales de Darlène, Darling et de 113e rue, Lenoir a gagné un par un les rares personnes qui n’étaient pas encore convaincues. Tout de même incroyable de voir qu’à peine quelques semaines après la sortie de l’album, autant de gens connaissaient les paroles des chansons par coeur (niaise pas, Jacques, tu les récitais tout autant que les autres!). Un magnifique exutoire. (Jacques Boivin)

 

Essaie Pas. Photo : Nicolas Padovani

Essaie pas

Essaie pas avait la formule parfaite pour terminer la soirée à l’espace ultraviolet. On ne pouvait être plus dans l’électro, au sens strict du terme : sur une table, une panoplie de machines et de fils. Pendant les premières minutes, le duo s’affaire à installer l’ambiance sonore enveloppante dans laquelle baignera le public tout au long de la performance. C’est un univers à la fois sombre et dansant où les rythmes synthétiques dominent. Techno. Peu à peu, la répétition plonge les spectateurs dans leur monde. Certains ferment les yeux, d’autres dansent comme s’ils étaient seuls dans leur salon (je m’inclus dans cette seconde option). La mélodie, lorsqu’elle émerge, se présente comme une libération. Puis on peut revenir au monde et écouter les imprécations que lance Marie Davidson pendant que Pierre Guerineau continue d’assurer le rythme. On explore avec eux ces territoires musicaux inconnus qu’Essaie Pas cherche à découvrir. (Marie-Ève Fortier)

 

Espace rose (le Cabaret de l’amour)

Gab Paquet – Photo : Marion Desjardins

Gab Paquet

La Gab Nation a pris d’assaut l’espace rose pour une de ces célébrations de l’amour dont seul Gab Paquet a le secret. La foule survoltée a accueilli le paddé moustachu comme une rockstar, à coups de Gaby! Gaby! Gaby! bien sentis. Paquet s’est surtout concentré sur les pièces de Santa Barbara, son plus récent album, mais il n’a pas hésité à sortir des classiques comme Consommations ou Fais l’amour avec moi, sans oublier quelques morceaux choisis de l’excellent Casio, pad et moustache. On a aussi entendu Rose, cette chanson qui parle de crosse et, fait TRÈS rare à Québec, Gab a interprété MA toune, Les voyous. On comprendra que maman Paquet n’était pas dans l’assistance… Un départ en lion pour une soirée qui s’annonçait longue et mouvementée! Pas mal, pour un gars qui était dans le Nord de l’Ontario la veille! (Jacques Boivin)

 

Bad Dylan – Photo : Marion Desjardins

Bad Dylan

Le trio montréalais Bad Dylan a foulé les planches de la salle rose directement après Gab Paquet. Dans leur univers musical, basse, percussion et batterie sont enrubannés d’échantillonnage, d’effets et de synthétiseurs. Avec ce mélange de saveurs musicales, le groupe explore le monde de l’électro en lui donnant souvent une chaleureuse touche latine. Sans compter, bien sûr, la panoplie d’autres influences qui composent leur amalgame original. Or, si la musique dansante et langoureuse de Bad Dylan était jouée avec entrain et énergie, le public disparate n’a malheureusement pas répondu avec autant de chaleur. (Marie-Ève Fortier)

 

Anatole – Photo : Marion Desjardins

Anatole

On ne se le cachera pas, le public commençait à être fatigué après les deux premiers tiers de la soirée. C’était peut-être pour cette raison qu’une bonne partie des spectateurs présents à cette finale étaient un peu dissipés et plus jaseurs que dansants. C’est dommage, parce que sur scène, Anatole et ses sbires ont offert une prestation solide! Si Anatole cherche moins à choquer que lorsqu’il portait son costume rachitique, sur le plan musical, les nouvelles chansons sont sublimes et on n’a qu’une seule envie : que le nouvel album sorte au plus vite! À la fois funky, princier et carrément disco, Anatole a fait danser ceux à qui il restait encore de l’énergie comme s’il n’y avait pas de lendemain. On aurait pris un peu plus de pièces de L.A./Tu es des nôtres, mais Anatole nous l’avait promis en novembre dernier : il s’en allait ailleurs. Un peu de Sexe Romance pour terminer la soirée, y’a rien de mieux. Embarquez dans le train pendant qu’il est encore en gare, sinon vous allez vous en mordre les doigts! (Jacques Boivin)

 

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